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Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.

dimanche 30 mars 2008

Weekend Viticole Part 3 : Groslay

Ces derniers temps, il semblerait, à l’instar des vide-greniers de province, que les salons viticoles se multiplient au risque de se télescoper. La saison me direz-vous. Certes, mais la tâche pour nous autres amateurs ne s’en trouve guère facilitée. Et bien qu’en l’occurrence, le mot tâche s’apparente difficilement à une corvée, nos foies auraient tendance à s’engorger rapidement (cf. les deux épisodes précédents).

Plus prosaïquement, c’est à la tenue des élections qu’on doit le décalage de planification du Salon des Vins de Groslay, le rendant concomitant à celui des Vignerons Indépendants. Qu’à cela ne tienne, c’est le cœur vaillant et fraichement levés (blâmons en cela le changement d’heure) que nous nous aventurons dans la banlieue Nord. Grace à Bidule, notre infaillible GPS, nous arrivons à la Salle des Sports, reconvertie pour l’occasion.

Verre en main, nous rendons d’abord visite à celui à qui nous devons d’avoir reçu une invitation, le très sympathique Vincent Ricard. Nous regoutons avec plaisir certains 2006 que nous avons découverts en juillet dernier à la propriété et faisons connaissance avec une partie des 2007 : les cuvées de gamay sont surprenantes car atypiques et les blancs secs ont beaucoup de puissance, surtout « Les Trois Chênes ».
Cerise sur le gâteau : « L’Effrontée » 2006, un très beau liquoreux qui prouve qu’en dehors du Sud-ouest, on peut faire du beau sauvignon en surmaturité.

Nous continuons dans le sauvignon mais plus en amont, chez Alphonse Mellot. Nous ne goutons que les blancs et seule la cuvée « La Moussière » trouve grâce à nos yeux. Et quand je dis grâce, c’est un euphémisme. « Grande claque dans la figure » serait plus approprié tellement le vin est puissant. Néanmoins, la bouche est bien équilibrée, voire élégante.

Puis, flânant au hasard, nous faisons connaissance avec les propriétaires du Domaine Denis Lattard, sis en Drôme du Nord. Leurs vins sont eux aussi atypiques :
- La Roussanne 2004 est citrus, poire, avec une pointe animale et très longue
- Le Condrieu 2003 est très complexe, figue verte, pêche jaune et miellé.
- Les cuvées de Syrah sont toutes plus puissantes les unes que les autres. 2003 est énorme !
- Enorme « petite douceur » avec la cuvée « Lattardive », du viognier en surmaturité, qui ressemble à du raisin sec de Smyrne.

Retour à plus de légèreté chez Jacky Blot. Nous avons l’occasion de goûter le Montlouis « Rémus » (sec) 2006 que nous avons commandé en primeurs. Pari gagné, c’est vraiment l’un des plus beaux secs de cette rive de la Loire. Les cuvées de moelleux et liquoreux ne sont pas en reste. Plus la sucrosité augmente, plus la sensation de légèreté augmente en parallèle. Le point culminant est atteint avec la cuvée « Romulus » 2006. Son prix malheureusement dissuasif nous laisse un petit pincement au cœur.
Nous avions gouté les tous premiers bourgueils du Domaine de la Butte après son rachat par Jacky Blot en 2002 et le résultat était déjà très prometteur. Après quelques années de travail du sol, les vins ont gagné en précision. La cuvée « Mi-Pente » est bien loin des cabernets-francs végétaux qu’on rencontre parfois. La maturité est là, bien visible dans les tannins que même Gwenola apprécie. Pour un plaisir plus immédiat, car « Mi-Pente » supportera sans problèmes quelques années de repos, nous avons retenu le « Haut de la Butte ».

Avant-dernière visite au Domaine de Trapadis. De jolis Cotes-du –Rhône et un très beau Rasteau VDN, « confiture de mure et cerise » dixit ma Romanée-Conti.

Dernière visite chez Monsieur Régis Bergheaud, apiculteur à Coulouma, qui fait uniquement des miels mono-floraux. Le premier est un miel de lavande délicieusement parfumé pour mettre sur les tartines du matin. Le second que nous goûtons est un miel d’arbousier extrêmement amer qui parait-il fait des merveilles en cuisine. Nous ne manquerons pas de tester prochainement.

Nous terminons cet épuisant weekend au thé, accompagné de gâteaux et petits fours que nous sauvons de l’abandon chez notre boulanger-pâtissier favori.

François

2 commentaires:

Baraou a dit…

Pour sûr que les deux "sauvignoneurs" du Val de Loire sont au top, et qu'ils donnent une leçon aux bordelais question traitement de ce cépage (en 2007 il y aura un vrai challenge). Pour le liquoreux c'est un peu différent, en bordelais la proportion de sauvignon est minoritaire. Quant au VDN du Trapadis... une bombre fruitée avec une belle amertume et sans lourdeur. Toutefois, sur ces trois vignerons, deux étaient réprésentés par de charmantes femmes (je n'y étais pas mais je connais bien)... une influence sur la dégustation de François ?

François a dit…

Que nenni !!!
Je suis toujours très assidu en dégustation... et d'autant plus quand je suis accompagné :)