Bienvenue

Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.

mardi 27 juin 2017

Grand Tour du Jura (6/32) : Baume-les-Messieurs


La météo étant annoncée comme incertaine, nous profitons du beau temps de la matinée pour aller admirer la beauté de la Reculée de Baume-les-Messieurs.

La large entaille dans le plateau de Lons-Le-Saunier que l'on découvre depuis Château-Chalon est constituée de deux branches principales : au Nord, la Reculée de Ladoye-sur-Seille, au Sud, la Reculée de Baume-les-Messieurs.




Mais d'abord, nous quittons Arbois pour découvrir la ville depuis le belvédère du Fer à Cheval, point le plus austral de la Reculée des Planches.




Baume-les-Messieurs est sis à la jonction de trois reculées, résultant de l'érosion due au réseau hydrographique. C'est au sommet de la plus longue, au dessus du Cirque de Baume, que nous découvrons la majesté de ce site naturel.




Au loin, en contrebas, Baume-les-Messieurs nous attend. Mais nous le verrons d'un peu plus près un peu plus tard.




Nous longeons la crête côté Est...




... pour atteindre le belvédère de Grange-sur-Baume qui domine Baume et l'abbaye.





Enfin, nous amorçons la descente pour une promenade dans le village.











Puis nous nous dirigeons vers le fond du Cirque pour découvrir les Cascades des Tufs. Hélas, sécheresse oblige, le débit des cascades est loin d'être spectaculaire...



Heureusement, la pluie annoncée devrait être suffisante pour renforcer le débit du Hérisson dont nous découvrirons les cascades très bientôt... (à suivre)


François

lundi 26 juin 2017

Grand Tour du Jura (5/32) : Aux Docks Brasserie (Arbois)


Pour notre première soirée à Arbois, nous nous en remettons aux bons conseils de Bénédicte Tissot. Celle-ci nous aiguille vers la Brasserie Aux Docks. Une belle brasserie, moderne, chaleureuse et bien achalandée.

L'objectif est de faire light, dans une région où la bonne chère (fromages, charcuteries, vins...) est de mise. Mais dans quelle région française la bonne chère n'est-elle pas de mise ?? Un objectif donc plutôt difficile à atteindre ...

Nous nous contenterons donc d'un plat...


Suprême de Volaille Fermière, Morilles et Vin Jaune, pâtes à la farine de Gaudes

Jura oblige, autant entrer directement dans le vif du sujet. La volaille est parfaitement cuite, moelleuse, un jus court et goûteux et des morilles. Rien à dire, c'est du bon. Quant aux pâtes, elles font irrésistiblement penser aux spätzles de la région voisine avec cependant une différence de taille puisqu'elles sont faites à base de farine de maïs torréfié qui leur donne un gout bien particulier.


Demi Pigeon "Mièral", poêlée de chou et pleurotes et croûtons de Farce

Ma Comtesse est quant à elle fidèle à ses classiques. L'échalote confite est superbe ainsi que les toasts d'abats.

Comme d'habitude, nous buvons local :


...ou devrais-je plutôt dire, JE bois local. Car l'Etoile Cuvée Spéciale 2011 du Domaine de Montbourgeau est un peu trop typé pour Ma Comtesse qui ne se prive pas de laisser échapper son exclamation favorite : "C'est pas bon". En revanche, l'accord local avec la volaille est parfait, à mon gout.


Pas de dessert, objectif atteint. Mais rassurez-vous, fidèles lecteurs, nous ne nous laisserons pas abattre...
Quant Aux Docks, le contrat est rempli. C'est sans conteste une valeur sûre du centre ville d'Arbois dans sa catégorie.



François

Grand Tour du Jura (4/32) :Dégustation chez André et Mireille Tissot (Arbois)


Un mariage de vigneron(ne), c'est très intéressant dès lors qu'il s'agit de rencontrer des vignerons. Derrière cette lapalissade se cache un rendez-vous impromptu pris avec Stéphane Tissot pour goûter les nombreuses cuvées de cet incontournable du vignoble jurassien.

Malheureusement, la pluie menace et les viticulteurs sont tous à la vigne pour quelques traitements préventifs, y compris Stéphane. Néanmoins, il a pris soin de nous laisser en de bonnes mains pour la visite du domaine et pour la dégustation dans le caveau arboisien.


C'est donc Bénédicte Tissot qui présente les vins du domaine à nous et à un trio de charmantes américaines qui ont spécialement fait le déplacement pour découvrir les vins du Jura.


Nous commençons par le Crémant du Jura :
Zéro dosage, 40% Chardonnay, 40% Pinot Noir, 5% Poulsard et 5% Trousseau.
La robe est or blanc. Un nez très expressif de fleurs blanches et fruits blancs (pêche de vigne). La bouche est riche avec une acidité saline. Beau fruit. Aucun besoin de dosage. Belle longueur. Très Bien

Crémant du Jura BBF :
Blanc de blanc (100% Chardonnay). Zéro dosage. Base 2011 et 2012. Elevage d'un an de barrique et 4 ans de vieillissement sur lattes.
Un nez de pomme, complexe. Belle acidité saline en bouche malgré la malo faite. Très droit. Bien/TB

Arbois Les Graviers 2015 :
Chardonnay sur terroir calcaire. 20% de bois neuf et un an d'élevage.
Le nez m'évoque le lambic de Cantillon. Très limpide avec une belle aromatique : pierre à fusil/fumée. Un Chardonnay à la bourguignonne. TB/Excellent

Côtes du Jura Barberon 2015 :
Pinot Noir sur terroir argileux. Même élevage que pour les Graviers.
Le nez est poivré. La bouche est ample et d'une grande longueur. Une aromatique entre fruit blanc et gras de jambon sec. TB/Excellent


Arbois DD 2016 :
1/3 Pinot Noir, 1/3 Trousseau, 1/3 Poulsard. 3 mois de macération sous bois en foudre centenaire. Sans soufre, ni collage, ni filtration.
Une robe grenat brillante. Un nez de framboise écrasée/groseille. Une bouche très fruitée, aux tannins fins mais présents. TB


Arbois Poulsard Amphore 2016 :
3 mois de macération puis 3 mois d'élevage en amphore de 420l non enterrée.
Un nez légèrement fermentaire. La bouche est ample, gazeuse (moins que perlante), fraîche. Peu de tannins mais fins. Poivrée, fraise des bois. TB

Arbois Trousseau Amphore 2016 :
Un nez de fruits à l'eau de vie. Plus tannique que le Poulsard mais avec une belle buvabilité. TB/Excellent

Arbois Sous La Tour 2015 :
Pinot Noir élevé sous bois, 15% de fut neuf.
Un nez de Pinot friand. La bouche est ample, les tannins présents. Aromatique sucrée/poudrée. B/TB en devenir


Arbois Sélection 1993 :
2 ans d'élevage sous voile. 75% Chardonnay, 25% Savagnin.
Un nez typique et fin de jaune. La bouche est élégante, noix/curry, branche de céleri. Excellent

Arbois Savagnin 2014 :
27 mois sous voile.
Un nez fin de noix fraîche. La bouche est fraîche, noix fraîche, praline. Très longue ! Finesse et caractère. Excellent


Arbois Vin Jaune En Spois 2010 :
Fermentation en cuve, élevage en fut.
Un nez fin de cire. La bouche est fine, élégante, longue. Aromatique fraîche : cire, noix, comté. Excellent

Château-Chalon 2010 :
Un nez puissant et complexe. La bouche est complexe, racée, longue... Excellent

Arbois Vin de Paille 2012 :
Majorité de cépages blancs.
Une pure gourmandise, figue, angélique, très longue. Excellent


Pour terminer, une totale curiosité, bien dans la manière de Stéphane : Arbois Vin Jaune W :
Assemblage de vins jaunes 2008 et 2009 vieillis 8 et 7 ans en fûts de whisky de Michel Couvreur. Mise en bouteille en janvier 2017.
A l'aveugle, on croirait un Scotch tant le nez et la bouche sont marqués par la tourbe. Cependant, les 30° (environ) manquants rendent la bouche très digeste et appellent la gorgée suivante. Hors-norme



A l'issue de cette dégustation, on ne peut mettre en doute les talents de vinificateur de Stéphane Tissot qui, malgré/grâce à son côté touche-à-tout, produits des vins d'une grande finesse et lisibilité. Merci beaucoup à Bénédicte et Stéphane pour cette belle expérience.



François

Grand Tour du Jura (3/32) : La Caborne (Arinthod)


Et nous voilà partis à l'assaut de la Petite Montagne jurassienne par la face Sud, en passant par les gorges de l'Ain.




Premier arrêt à Saint-Hymetière.

L'église Sainte-Marie est une des rares églises romanes de la région encore intacte. Elle fut édifiée au XIème siècle, sur l'emplacement d'une chapelle qui accueillit les reste d'Hymeretius à sa mort, à l'endroit même où il créa son ermitage au Vème-VIème siècle.





A quelques kilomètres de là, nous faisons halte à Arinthod pour nous restaurer.

Au pied de sa superbe église, les arcades accueillent les commerces dont La Caborne. Le lieu ne paye pas de mine mais les plats se révèlent délicieux.


Pizza montagnarde

Crème fraîche, champignons, jambon de montagne. Rien que des ingrédients locaux et frais. La pâte gratinée au Comté est une tuerie.


Salade Valouse

Salade, tomates, pommes de terre sautées, grenouilles et écrevisses en persillade, tapenade sur toast. Là encore, c'est réussi.


Une bonne surprise sur la route du vignoble jurassien.



François

samedi 24 juin 2017

Grand Tour du Jura (2/32) : La Table de Chaintré


Nous continuons notre détour bourguignon vers le Sud avant de nous engager dans le massif jurassien.

Ce soir, en compagnie de nos amis de Quintaine, nous nous rendons à La Table de Chaintré.

Une petite salle, une vingtaine de couverts pas plus, une majorité de produits locaux et des préparations aussi sophistiquées que leurs intitulés, tout cela concourt à donner une impression de cuisine haute couture. Pour autant, les saveurs sont nettes, précises et fort gourmandes. Jugez plutôt :


Quelques Mises en bouche


Le dos d'omble chevalier (souche Léman) façon "Bellevue" et les laitues celtuces de chez Annie Bertin, une crème fouettée aux girolles françaises et échalotes confites au xérès, quelques noisettes et pousses d'herbettes


Les asperges blanches de monsieur Duthel en fin coulis, les pointes pochées "à la minute" sur une royale de foie gras de canard, un "chutney" de cerises fraîches de pays et "chapelure" de magret fumé


Le homard bleu Normand pêché par Romain Davodet cuisiné en carapace en beurre noisette, courgette fleur et ventrèche de "Noir de Parme", une réduction de fumet parfumé aux pistils de safran


La cave du lieu est plutôt bien pourvue en magnums. C'est pourquoi nous nous faisons plaisir avec le Cornas 2006 de Thierry Allemand, une belle syrah encore sur le fruit, bien structurée pour beaucoup de plaisir.

Pour le plat principal, deux choix possibles :
La pièce de cochon "le noir de Bigorre", une poelée de pommes de terre nouvelles, premiers haricots verts du coin et jeunes blettes, un jus court au naturel
ou
La poularde de Bresse du domaine de la Pérouse cuite entière, une cocotte de choux nouveaux et févettes de chez Annie Bertin, un jus "grassouillet" de cuisson.

L'un comme l'autre sont plein de gourmandise.

Les gourmandises et mignardises :





Nous espérons, fidèles lecteurs, que vous nous pardonnerez les notes succinctes et les photos manquantes, emportés que nous étions par la gourmandise et l'atmosphère d'amical partage. Notez cependant que la Table de Chaintré est bien à la hauteur du macaron pneumatique accordé et tout à fait justifié.


François

Grand Tour du Jura (1/32) : Le Bistrot du Bord de l'Eau (Levernois)


A quelque chose malheur est bon, dit-on. La concomitance d'une chambre d'hôte déjà louée et d'échos hautement favorables de la part de nos amis de la Ligue du Crémant du Rhône et de la mienne a décidé Ma Comtesse à consentir à explorer cette région honnie par elle car productrice d'éthanal ("C'est pas bon !"), j'ai nommé le Jura.

Je me suis donc fait un devoir de lui concocter un parcours, ci-devant dénommé Grand Tour du Jura (toute ressemblance avec une célèbre course de ski de fond est totalement fortuite), à même de lui faire apprécier les beautés de cette belle région. Je me suis également procuré de précieux conseils et adresses auprès du pontissalien GSJ (Grand Spécialiste Jurassien), Monsieur Olif lui-même.

Nous voici donc partis pour deux semaines d'intenses découvertes dans les replis du massif jurassien.

Mais d'abord, une petite étape sur la route. Il fait très chaud en cette fin juin et le Bistrot du Bord de l'Eau à Levernois est le lieu idéal pour nous rafraîchir un peu.

Weekend oblige, la terrasse ombragée au bord de l'eau est comble. Mais le service impeccable de cette belle maison (L'Hostellerie de Levernois) n'en est pas moins efficace pour autant.


Risotto d'Asperges et Petits Pois, Parmesan et Roquette

Un classique de la maison que ce risotto, décliné avec grenouilles et escargots au restaurant gastronomique. Il ondule (quoi de plus normal pour un risotto all'onda) entre richesse du crémeux et fraîcheur de la verdure pour un résultat très gourmand. On en ferait volontiers un plat à lui tout seul.


Pressé de Saumon fumé et Chèvre Frais, sauce Vierge

Une entrée parfaite pour les grandes chaleurs.


Le Biscuit de Sandre aux Écrevisses, Céleri cuit à l'étuvée, sauce Américaine

Spécialement préparé pour deux personnes, le biscuit arrive dans son plat de cuisson. Ensuite, c'est la guerre le moment de procéder à un dressage minutieux (photo oblige).


Le biscuit a une texture moelleuse, entre flan et quenelle, gratiné au fromage sur le dessus et parsemé de sésame noir. La finesse du poisson est sublimée par cette préparation audacieuse. La brunoise de céleri conserve le croquant nécessaire pour équilibrer les textures. Quand à la sauce américaine, cuillère obligatoire pour ne pas en laisser une goutte et ne pas se bourrer de pain... Les écrevisses en sont le partenaire parfait.


Bourgogne oblige (tous les prétextes sont bons), notre choix de vin se porte sur le Chablis 1er Cru Vaucopins 2013 de Long-Depaquit, propriété de la maison Albert Bichot. Un nez et une bouche bien mûrs avec un équilibre entre amplitude et minéralité. Une demi-bouteille seulement, la route est encore longue...



Une fois de plus, L'Hostellerie de Levernois nous régale et prouve sa maîtrise des deux univers, gastronomique et bistrotier (de luxe) qui cohabitent en ce lieu. Une adresse fortement recommandable !


François