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Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.

samedi 5 septembre 2026

Vérone, Acte II, Scène 4 : Le meilleur bar à vins


Je me dois, fidèles lecteurs, de vous faire une confidence. Le festival d'opéra n'est pas la seule raison qui nous a poussés à retourner à Vérone.
En effet, lors de notre précédente visite, nous avions découvert, sur les conseils avisés d'une sommelière talentueuse, l' Antica Bottega Del Vino. Pour dire les choses simplement, il s'agit du meilleur bar à vins de Vérone, d'Italie, voire d'Europe !
Une carte des vins impressionnante, de très nombreux vins aux verres, des sommeliers au top et une cuisine qui n'est pas en reste, tout est en place pour passer un moment inoubliable pour tous les amateurs de vins. Et si vous en doutiez, le décor ne laisse planer aucun doute.



Mais nous ne sommes pas là pour faire un inventaire de bouteilles vides. Nous avons deux objectifs que vous allez découvrir sous peu...
Tartare di Pescato del giorno


Ma Comtesse fait dans la fraicheur avec ce tartare de daurade très simplement assaisonné. Et pour l'accompagner, elle réclame, non pas un verre, mais deux verres :
Des bulles : l'Etna DOC Metodo Classico Brut de Palmento Costanzo, un 100% Nerello Mascalese, très sec.
Du vin blanc : l'Alto Adige Terlano DOC "Vorberg Riserva" 2023 de la Kellerei/Cantina Terlan, Un Pinot Blanc au nez de fruits jaunes et à la bouche tout en rondeur bien soutenue par une acidité saline.
Calamaretti spillo fritti con Lime e Jalapeño


Je me fais plaisir avec des mini-calamars frits, juste assaisonné de citron vert et jalapeños. Du croustillant, de l'acidité et du piquant, c'est un pure délice.

Pour les accompagner, je réclame moi aussi deux verres, un blanc et un rosé. Mais, sur les conseils de Simone Isoli, le sommelier en chef, je me retrouve avec un vin blanc et un vin "rouge léger".
Le blanc est l'IGP Venezia Giulia Ribolla Gialla "A Tessa" 2025 de I Clivi. Le nez est citronné, la bouche minérale et équilibrée sur l'acidité. Accord parfait avec les calamaretti.






Le second vin est le DOC Cersuolo d'Abruzzo 2025 d'Emidio Pepe. Une base de cépage Montepulciano vinifié en blanc, qui donne un rosé foncé avec une bouche fraiche qui n'écrase aucunement la friture. Excellent choix.
Risotto con vino Amarone


Première raison de notre venue, le fameux Risotto à l'Amarone de la Bottega. Nous l'avions laissé de côté lors de notre première visite mais nous l'avions vu sur la table voisine... Plus aucun regret, il est délicieux. La cuisson du riz est parfaite et le gout du vin bien présent, le tout lié par une bonne (mais juste) dose de parmigiano.
Pour l'accompagner, je réclame deux verres d'Amarone, mais, une fois encore, Simone me recadre en disant que, selon lui, il faut autre chose q'une Amarone pour le risotto... Cependant, pour me faire plaisir, il choisit le DOCG Amarone della Valpolicella Classico 2019 de l'Azienda Agricola Brigaldara, le plus "frais" (comprenez sur l'acidité) des Amarone au verre. Un mariage qui oscille entre amour et raison.





Le choix idéal de Simone est le DOC Südtirol/Alto Adige Flora 2024 de la Kellerei/Cantia Girlan, un Chardonnay d'Italie du nord, tout en fraicheur et rondeur pour se refaire le palais après le risotto. J'approuve l'accord.
Trippe alla Parmigiana o in Brodo






Ma Comtesse, grande amatrice de produits tripiers devant l’Éternel, est ravie de trouver ces tripes à la parmesane et bouillon.
Pour elle, le DOCG Brunello di Montalcino "Poggio Alle Mura" 2020 de Castello Banfi.

Mais, nous profitons de ces plats adéquats pour la seconde raison de notre venue : le Châteauneuf du Pape blanc Vieilles Vignes 2006 du Château de Beaucastel. Trois raisons au choix de ce vin : premièrement, c'est l'un de mes vins blancs préférés; deuxièmement, c'est un 2006, l'année de notre mariage; troisièmement, la bouteille est tarifée bien en deçà de sa valeur en France !
Une robe or rose. Un nez expressif d'abricot confit. La bouche est très aromatique, élégante, confiture de vieux garçon sur les fruits secs gonflés avec une touche de marasquin. Un peu de sucre résiduel et une belle acidité. Peu importe l'accord, nous nous faisons très plaisir.

Pour finir nos verres de vins, une petite assiette de fromages. Petite, mais nous faisons l'impasse sur les desserts.


Il me semble, fidèles lecteurs, que vous devez avoir compris le message sous-jacent de ce compte-rendu : foncez !!! L'Antica Bottega del Vino est un incontournable pour tout amateur de vin et de bonne chère.
Mic drop.

François

vendredi 4 septembre 2026

Vérone, Acte II, Scène 3 : Aïda.


Ce soir, c'est soirée de gala et la raison principale de notre voyage à Vérone. Pendant l'été, le festival d'opéra dans les arènes bat son plein et ce soir nous allons assister à une représentation d'Aïda de Giuseppe Verdi.
Aïda est le premier opéra à avoir été joué dans les arènes de Vérone en 1913. Cette année, c'est la (super)production de Franco Zeffirelli qui est présentée avec Maria José Siri qui, ô surprise, endosse le rôle-titre pour la 200ème fois.
Comme nous sommes bien organisés, nous profitons du dîner pré-opéra du Saor, le restaurant vénitien du Byblos Art Hotel.
Carpaccio de bœuf

Calamaretti en verdure

Pressé de légumes

Filet de bœuf

Sorbet citron

Tiramisu

Nous dînons tôt afin de prendre la navette qui nous conduira jusqu'aux arènes et nous transportera à l'hôtel à l'issue de la représentation. Tout est prévu, tout va bien.
Nous arrivons donc aux arènes qui se remplissent rapidement. Le décor est déjà en place sur la scène (le fond de l'arène).

Aïda, c'est Roméo et Juliette en Égypte, un amour impossible entre Radamès, le chef des armées égyptiennes, et Aïda, esclave d'Amnéris (fille de Pharaon) et fille du roi d’Éthiopie, ennemi des Égyptiens. Si j'ajoute qu'Amnéris est (aussi) amoureuse de Radamès, le triangle amoureux est en place. Clairement, ça finit mal mais le spectacle est magnifique.
Les lumières s'éteignent, la scène s'illumine, les tableaux s'enchainent...





Les deux amants meurent enlacés, emmurés vivants dans la crypte du temple de Ptah. Trois heures (sans l'entracte) se sont écoulées et nous n'avons pas vu le temps passer...


François

Vérone, Acte II, Scène 2 : A Vérone...


Après une bonne nuit de sommeil réparateur, nous sommes au taquet pour prendre la première navette de 10h qui va nous conduire au Museo del Castelvecchio, en lisière du centre historique de Vérone. Au programme, balade, culture et cuisine locale.
Sur le chemin de l'office du tourisme, Piazza Bra, nous longeons les arènes et nous tombons face à face avec des statues monumentales pharaoniques.

Pas de panique ! Il ne s'agit que des décors d'Aida que nous allons voir ce soir ainsi que ceux de La Traviata (bouteille de champagne, façade du Moulin Rouge...). Les grutiers vont avoir une journée chargée...
Après nous être renseignés, nous suivons l'itinéraire des églises de Vérone jusqu'à la Chiesa di San Fermo, dédiée à deux martyrs chrétiens du début du 4ème siècle, Fermo et Rustico.

Des particularités, cette église n'en manque pas et nous passons d'une découverte à l'autre, décuplant notre émerveillement. Tout d'abord, l'édifice n'est pas constitué d'une église mais de deux églises. La partie inférieure, quasi enterrée, est le vestige (toujours en activité) d'une église romane, bâtie au 5ème siècle. On y trouve encore de magnifiques fresques religieuses.

Au 11ème et 12ème siècle, les moines bénédictins qui occupent les lieux construisent une seconde église, elle aussi romane, au dessus de la première afin d'accueillir plus de fidèles pour les célébrations.
Au 13ème siècle, les franciscains "délogent" les bénédictins et entreprennent une reconstruction de l'édifice supérieur à la mode gothique. Mais le plus surprenant se trouve à l'intérieur :

Un plafond en bois en forme de carène de bateau inversée.
L'intérieur est à l'opposé de l'austère église inférieure, plutôt baroque et richement décoré. De grandes chapelles sont disposées de part et d'autre du large couloir central.

De magnifiques crucifixions surmontent les portails extérieurs.


La visite s'achève, il est temps de nous restaurer. Nos pas nous mènent jusqu'à la Trattoria Trota da Luciano, où nous allons faire le plein de plats emblématiques de la botte...
Spaghetti alle vongole

Mon excuse, c'est le plat du jour.
Bigoli alle sardelle

Les bigoli sont des pâtes longues et épaisses à base de farine de sarrasin ou de blé complet et d’œuf de cane. Elles sont accompagnées d'une sauce aux sardines et oignons.
Vitello tonnato



Certes, nous aurions pu choisir des plats moins consensuels, plus locaux, mais comment résister ? Certes, Vérone n'est pas avare de restos à touristes mais nous avons pris soin de les éviter. Pour nous imiter, fidèles lecteurs, éloignez-vous du balcon de Juliette et dirigez-vous vers la périphérie du centre historique.

François

jeudi 3 septembre 2026

Vérone, Acte II, Scène 1 : 13 ans après...


Il y a 13 ans, ma Comtesse et moi effectuions notre première visite à Vérone pour fêter nos 10 années de vie commune. Du temps a passé et nous retournons sur nos traces pour, cette fois, fêter nos 20 années de mariage.
Le programme est presque le même, mais quel programme ! Jugez-en, fidèles lecteurs...

Tout d'abord, nous posons nos valises au Byblos Art Hotel à Corrubbio, dans la proche banlieue de Vérone. Rien n'a changé à part quelques œuvres d'art supplémentaires, un spa et une piscine tout neufs et un duo de barmen au top. Tout le personnel est aux petits soins et nous nous laissons faire avec délice.
Pour ce premier soir, après une journée de voyage éprouvante (merci la SNCF...), nous n'allons pas chercher bien loin. 13 années auparavant, nous avions trouvé une trattoria (Rosa) à proximité. Aujourd'hui c'est le Bistrot Domè, tenu par le duo Mattia Bianchi, ancien chef du restaurant étoilé Armistà du Byblos, et Luca Pinter, chef sommelier, et une équipe souriante et très accueillante.





Afin de fêter le début de la célébration de notre anniversaire, nous ouvrons une bouteille de Trento DOC Extra Brut 2021 de Pisoni, un effervescent 100% Pinot Blanc, extra-brut, parfait pour un apéro festif. Eh oui, en déplacement, nous faisons local.

La carte est fort sympathique mais nous nous laissons tenter par les plats du jour :
Tagliatelles à la truffe d'été

Ma Comtesse fait très fort d'entrée. Un délice bien beurré et très bien truffé. La fin de saison permet de profiter de truffes à maturité, très parfumées. Je me répète, ça commence fort...
Il mare sulla brace




Seppioline alla brace, salsa di pomodorini et piselli : Seiche grillée, sauce aux tomates cerises et petits pois. Mon amour gustatif pour les céphalopodes est comblé (et ce n'est pas fini...).

La surprise, c'est la suggestion du sommelier. Nous partions sur un blanc, il nous propose un rouge léger, le Alto Adige DOC Vernatsch-Schiava 2024 d'Alois Ladeger. 11°, peu tannique, il se montre à l'aise avec nos entrées. Voyons avec les plats...
La Ricciola

Trancio di ricciola oceanica, scarola e salsa beurre blanc al Soave : Steak de sériole de l'océan, scarole et sauce beurre blanc au Soave. Soyons clairs, fidèles lecteurs. Notre avis sur la sériole est très tranché : crue, c'est divin, cuite, c'est pas fou-fou... Et là, surprise !! Le poisson est moelleux, savoureux et le beurre blanc est une tuerie. Explication du chef : il s'agit de sériole de méditerranée, plus grasse que celle de l'atlantique.
Poulpe grillé

Céphalopodes, acte 2. Cuisson parfaite et un accompagnement sympathique de tomates cerises, œufs de truite et verdure. Je suis aux anges...
Cremoso allo yogurt e fragole fresche

Yaourt crémeux et fraises fraîches. D'après ma Comtesse, un cheesecake revisité.
Glaces pêche et vanille






Les glaces du bistrot sont fournies par le père du chef, impossible de passer à côté.

De même, impossible de terminer un repas dans la Valpolicella sans un verre de Recioto, le 2018 de Secondo Marco.

Et, raisin sur le gâteau, nous terminons avec du fragola bianca, un raisin de table au gout de fraise.

13 ans après, nous suivons nos traces du passé et certaines choses ont changé pour meilleur, à l'image du Bistrot Domè. Une cuisine (italienne) simple mais exécutée à la perfection, avec un souci du détail dans le sourcing et une carte des vins très intéressante. Si j'étais un inspecteur pneumatique, je dégainerais un macaron sans hésiter. Si vos pas vous mênent dans la Valpolicella, n'hésitez pas à faire le détour. Buon appetito, naturalmente !

François

dimanche 23 août 2026

Tête d'Ail


Enfin ! Ma Comtesse et moi sommes réunis et en route vers notre nid douillet. Mais la route est longue entre Brest et Paris et il nous faut faire une halte. Une bretelle manquée et nous voilà arrivés au centre-ville de Rennes. A la bonne heure, partons à l'aventure !
Faisant encore une fois confiance à notre bonne étoile (Michelin), nous arpentons les abords des Halles Centrales. Et très vite, le hasard nous guide jusqu'à Tête d'Ail.
Une carte courte, des produits locaux, des vins natures et biodynamique, une adresse bien dans l'air du temps. Au premier coup d’œil à la carte, nous sommes conquis.
Tartare de canard, foie gras, tofu, bouillon de canard

L'ensemble est surprenant, un peu éloigné de ce qu'imaginait ma Comtesse, mais intéressant au final. Le bouillon est bien corsé, un beau jeu de textures.
Salade de coquillages

Un mélange de fenouil croquant, moules et bulots, bien iodé.
Langue de boeuf, sauce chimichurri

La sauce est bien relevée mais malheureusement un peu trop grasse au gout de ma Comtesse.
Thon mi-cuit, légumes confits, socca

Le thon est bien moelleux, les légumes bien compotés et les capres, les olives et les tomates confites condimentent joyeusement la plat. Gourmand et plaisant.


Une fois de plus, fidèles lecteurs, c'est une bonne pioche. Une tête d'épingle rouge sur notre carte pour Tête d'Ail. Reste à rendre visite à Gousse, la maison-soeur...

François