Bienvenue

Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.

vendredi 21 avril 2017

Helen's, again...


Avec le printemps revient le temps des coups de tête...
Ma Comtesse, certainement exaltée par le retour de températures aux saveurs estivales, me demande de la rejoindre dans le quartier de l'Opéra (Garnier) pour prendre un verre. Choix évident, le Bar Hemingway du Ritz. Las, il est 18h30 et le bar est plus que complet... Qu'à cela ne tienne, juste en face, le Ritz Bar nous tend les bras.


Ambiance djeunz, accueil décontracté mais palace et de très bon conseil, notamment au sujet des cocktails maison mis en avant. Des recettes originales et fort plaisantes.

Après ces rafraîchissements, il faut aller nous restaurer. Pas de folies, l'Espadon nous reverra une autre fois. Grosse envie de poisson et de crustacés (fraîcheur toujours), c'est donc après un "Allo Marie" et un appel à Cousin Ub' que nous débarquons chez Helen's.



La carte est si vaste que nous trouvons sans effort de nouveaux plats à découvrir. En revanche, le choix du vin est toujours cornélien, surtout dans la belle carte numérique (sur tablette).
Après mûre réflexion, c'est l'Alsace Frédéric Emile 2009 de la Maison Trimbach qui l'emporte. Un beau nez qui vire au pétrole et une bouche vive. A carafer !

Makis concombre carotte


Accras

Deux amuse-bouches goûteux pour laisser le temps au vin de s'ouvrir et les choses sérieuses commencent.


Tartare de bar au gingembre et kui chaï



Un tartare plein de fraîcheur et très bien équilibré en gingembre et ciboulette thaïe. A déguster sur les petits toasts chauds pour un peu plus de croquant.


Encornets à la plancha, ail et piment d'Espelette

Impossible de passer à côté des encornets. Tout simplement sautés et justement assaisonnés, ils sont tout simplement divins.


Moules de roche d'Espagne à la vapeur

Petite surprise de la maison, ces moules d'un fort beau gabarit sont juste ouvertes à la vapeur, donc à peine cuites, voire encore crues. Un bon shot d'iode, accompagné comme il se doit de la signature maison, l'aïoli de compet'. C'est totalement addictif.


Turbotin rôti à la sauge et pancetta

Un magnifique poisson cuit entier pour deux et préparé au guéridon avec une dextérité remarquable.


Remarquez la joue de belle taille. Outre la sauge et la pancetta, il est accompagné de...


Écrasée de pommes de terre
Épinards et pignons de pin

Une petite touche sucrée ?


Le chariot de desserts est un véritable supplice de tantale. Impossible de résister. Ma Comtesse est, comme toujours, la plus raisonnable.


Soupe d'agrumes
Mangue et fraises fraîches


Baba auX rhumS
Millefeuille

Le pluriel pour le baba s'explique par la présence de deux rhums Plantation, Barbarde et Dominique. Tant qu'à choisir, autant ne pas choisir. A chaque moitié son rhum. Et n'oublions pas la crème chantilly...

N'oublions pas non plus le...


Gâteau au chocolat






Marie, toujours prévenante, nous fait découvrir un excellent vin de dessert, le Passito di Pantelleria Bukkaram 2012 de Marco de Bartoli. Un vin issu de Zibibbo passerillé, élevé en méthode oxydative. Plutôt surprenant mais excellent avec le gâteau au chocolat.



Une fois encore, Helen's nous a régalé. A notre avis, c'est certainement la meilleure table de produits de la mer de la capitale. Et le doggy bag d'aïoli est la cerise sur le gâteau...


François

vendredi 14 avril 2017

Jean-Michel Deiss au Relais Rive Gauche


Soirée doublement exceptionnelle : depuis quelque temps, nous avions envie de goûter la cuisine de Maxime Laurenson qui officie au Loiseau Rive Gauche, ex-Tante Marguerite. La venue de Jean-Michel Deiss pour une soirée œnologique d'exception fut l'étincelle qui nous décida à découvrir les lieux.

Derrière l'Assemblée nationale, dans une Rue de Bourgogne désertée pour cause de vacances scolaires, Loiseau Rive Gauche trône paisiblement. A l'intérieur, l'ambiance feutrée et le décor aux tons chauds invitent à l'apaisement.

Ce soir donc, un menu spécialement préparé en accord avec les vins présentés par le vigneron.
Est-il besoin de présenter Jean-Michel Deiss, le chantre du complantage et des terroirs alsaciens ? Depuis bien longtemps, la qualité de ses vins est reconnue par tous les amateurs.


Ballade en Auvergne :
Tartine de Saint-Nectaire,
Oeuf au lard, carvi, Saint-Nectaire


La dégustation commence par une ballade entre Alsace et Auvergne : une tartine de Saint-Nectaire allégée par de jeunes pousses et un œuf façon cocotte au carvi et au même Saint-Nectaire de compétition. Face à la richesse auvergnate, le fruit de l'Alsace blanc 2015. Le nez est minéral et la bouche, légèrement perlante, est un panier de fruit d'où émergent le Muscat et le Gewurztraminer. La vivacité du terroir siliceux ressort bien de ce complantage de 13 cépages. Bel accord avec le Saint-Nectaire. Bien+


Huître "Perle Blanche"
Poire, céleri, reine des prés


Une huître d'un beau calibre (n°1) à qui la préparation donne de la fermeté. Le jus poire et reine des prés oscille entre douceur et verdeur pour un gout final peu iodé surprenant. L'Alsace Engelgarten 2014 a un nez qui légèrement vers l'empyreumatique (pétrole). La bouche, en revanche, part un petit peu dans tous les sens. Une pointe de sucre (maturité) et une grosse amertume. Au contact du plat, le vin prend un gros coup de peps. Bien/Bien+



Fera du lac
Jeunes carottes parfumées à la berce

Un plat exceptionnel ! Un poisson à la cuisson millimétrée, à la chair fine et délicate, parfumée à l'huile de fane de carotte et accompagnée de carotte rôtie et de purée de carotte aux épices. Douceur, onctuosité et saveurs authentiques. Bravo !
L'Alsace Rotenberg 2012 a un nez de Riesling et de guimauve/fraise tagada/framboise. La bouche est riche, mûre. Un beau vin pour un beau plat et l'accord est magique. Les deux protagonistes prennent de l'ampleur et de la longueur au contact l'un de l'autre. Très Bien/Excellent


Caneton fumé au foin d'Auvergne

Un parfum de fumé plein de promesses envahit la salle quand arrive le caneton entier sur son lit de foin brûlé. L'impatience nous gagne...


Il revient accompagné d'asperges blanches, d'une saucisse de cuisse, d'une purée d'herbes, de cerise amarena et d'huile de verveine.


Pommes dauphine au jus de canard
Tartelettes d'abats

Là encore un très beau plat goûteux et gourmand. Le plat est composé sur l'équilibre entre fumé, douceur, fraîcheur et acidité. Un chahut en bouche fort séduisant. Les accompagnements, pommes dauphine au cœur coulant et tartelettes, remettent une couche de gourmandise.
Accord de circonstance avec l'Alsace Burlenberg 2014, la colline brûlée. Mélange de pinots, il a un nez sauvage, presque nature. En bouche, l'attaque est vive, l'acidité et les tannins sont bien présents. Y'a du vin ! Il réveille le palais entre deux bouchées de canard. Excellent


Citron
Glace livèche


Île flottante citron livèche


Chocolat tanaisie


Pâte de fruits pomme/verveine




Les desserts et post-desserts se passent de commentaires... Le pâtissier aime l'acidité.
Un peu de sucre va venir équilibrer tout cela avec l'Alsace Huebuhl 2010. Le nez est carbonifère, fin et exotique (coco, papaye). La bouche est légèrement perlante, équilibrée entre sucre et acidité, avec une finale de silex. Excellent




Réunissez deux talents et vous obtenez un dîner exceptionnel. Mais n'était-ce pas ce que je vous promettais au début de ce compte-rendu ? Maxime Laurenson a réussi avec brio l'exercice délicat d'accorder sa cuisine avec les grands vins de Jean-Michel Deiss. Grand bien nous a pris d'assister à cette rencontre. Rendez-vous à la prochaine soirée œnologique du Loiseau Rive Gauche...


François

samedi 1 avril 2017

Nodaïwa : le royaume de l'anguille


L'anguille, poisson fuyant vivant mais très attachant dans l'assiette. Préparée à la manière japonaise, elle s'avère être un met de choix.
Chez Nodaïwa, c'est l'ingrédient de base de tous les menus.



Amuse-bouche : algues marinées

Accueil à la japonaise. Beauté des matières, sobriété. Nonobstant le volume sonore dû à l'assistance nombreuse, partagée entre touristes et expatriés, on se croirait dans une maison de thé qui appellerait au calme et à la méditation zen.
Pour les boissons, nous faisons "local" avec deux sakés parmi la large sélection au verre.


Salade d'anguille, Unadon (anguille grillée sur riz blanc), Suimono (consommé chaud)

Ma Comtesse a choisi le menu Sakura. Pour ma part, c'est le menu Ran, avec Unadon, aubergine frite au miso, émincé d'anguille cuit et soupe miso.

Comme souvent dans les vrais restaurants japonais, le ramage (le gout) se rapporte au plumage (le visuel). autrement dit, c'est très très bon. Les portions sont suffisantes pour ressortir sans la faim au ventre et l'addition, certes élevée pour un déjeuner, n'est cependant pas ruineuse.

Si vous ne connaissez pas l'unagi, Nodaïwa est le lieu idéal pour une excellente découverte.


François

samedi 4 mars 2017

La Villa Florentine : beau cadeau !


Ma Comtesse et moi-même avons la chance d'avoir quelques amis tout aussi passionnés que nous de gastronomie et de vins. A l'occasion de la célébration de nos 10 ans de mariage, ces mêmes amis nous ont fait le très grand plaisir de nous offrir un dîner à La Villa Florentine, un lieu d'exception lyonnais tant pour le séjour que pour la table. Le cadeau d'anniversaire pour Ma Comtesse, la chambre pour la nuit, était tout trouvé.

Nous voici donc attaquant les pentes de Fourvière. De la rue, rien ne laisse présumer qu'un Relais & Châteaux se cache là. Mais une fois à l'intérieur...


Seuls les blasés resteront de glace devant la majesté des lieux. Accueil chaleureux avec un jus de fruits de Milliat pour se reposer du voyage, puis installation dans la chambre...


Je sais, anniversaire de mariage oblige...


Admirez la vue sur la Capitale des Gaules...

La météo ne s'y prête guère mais nous nous faisons violence pour rendre visite à la piscine chauffée et au jacuzzi. Mais le must, c'est d'aller, une fois sortis de l'eau, se faire sécher sur les transats en marbre chauffants... Comme dirait le regretté Marcel Gotlib, "rhââ lovely". Une fois réchauffés, retour à la chambre.

Après quelques ablutions et mise de tenues de gala, nous faisons une halte au bar :



Une fois à table, nous sommes accueillis par Gaëtan Bouvier, le Meilleur Sommelier de France 2016. Ma Comtesse, toujours joueuse, fait le choix d'un accord mets-vins à l'aveugle en verres noirs. Papilles et récepteurs olfactifs en alerte, nous sommes parés.


Cannelloni de tourteau et légumes croquants,
bugne bruccio et citron


Escargots et pomme fondante,
bouillon pomme de terre et ail des our
s




Avec ces amuses-bouche, la dégustation commence avec un vin effervescent, sec, poivre blanc et fleur d'acacia. Evidemment, tout nous vient à l'esprit sauf l'IGP Isère Altesse 2014 de Nicolas Gonin. Jolie entrée en matière.


Ceviche de langoustines et agrumes,
faisselle aux épices

Une entrée sérieuse, pleine de fraîcheur et à l'assaisonnement millimétré. Pour elle, nous partons sur un vin que nous devinons blanc et que nous imaginons proche d'un Condrieu avec ses notes de bois de gaiac, anis et abricot. Pas mal pour la région mais zéro pour les cépages puisqu'il s'agit du Saint-Peray de François Villard, Roussanne/Marsanne donc.


Dos de bar de ligne,
cannelloni de légumes racines et chataîgnes,
jus de viande rôti

Un terre/mer plutôt réussi, la sauce bien corsée donnant un beau relief au poisson parfaitement cuit. Pas besoin des verres noirs pour deviner que le vin qui l'accompagne est un rouge à base de Pinot Noir, très clairement bourguignon (nez de fragola) et de surcroît bien typé Côte de Nuits. Bonne pioche mais je n'aurais pas pensé à un Marsannay, aux tannins virils.


Suprême de pigeon fumé aux sarments de vigne,
étuvée de salsifis et ketchup de mûres

Attention, très beau plat en vue. Le pigeon est cuit rosé et le fumage est très subtilement dosé afin que l'accord entre viande et mûres soit juste parfait. De plus, j'adore les salsifis, hélas trop peu souvent présents sur les cartes des restaurants. Le vin en accord a un nez puissant, végétal et animal. En bouche, pas de doute, c'est une Syrah (violette). Côte Rôtie ? Saint-joseph ? Crozes ? Eh non, c'est Cornas, le seul auquel nous n'avons pas pensé.
Pour corser le tout, Gaëtan nous apporte un verre supplémentaire, toujours à déguster à l'aveugle. Un nez de Jerez/Madère, aux notes de rancio et pruneaux. Une Malvoisie peut-être ? Toujours est-il que l'accord avec le pigeon fait ressortir le côté fumé. C'est très beau. Mais une fois encore, nous nous faisons piéger avec un Malbec élevé en méthode oxydative.


Interlude


Fraîcheur de litchi et menthe glaciale,
noix de coco crémeuse

Comme son nom l'indique, ce dessert (rien que pour moi, allergies de Ma Comtesse oblige) est une ode à la fraîcheur et à la douceur. Une descente de trip gastronomique délicate pour mieux supporter le fait que le dîner est presque terminé.


Soufflé chocolat/verveine




Un soufflé chocolat surmonté d'un disque de chocolat creusé pour accueillir une quenelle de glace verveine. Une tuerie tout simplement...
Un nez de rose pour un vin sec avec une pointe de gaz et de gros amers. Un Moscato ? Que nenni ! Nous sommes totalement bluffés par cet Alsace Pinot Gris Grand Cru Hengst Cuvée du Vicus Romain 2015 d'Aiméstentz.


Joyeux Anniversaire !!

Après ces agapes, une bonne nuit de sommeil n'est pas de refus. Et après le réconfort, le petit déjeuner...



A tous points de vue, la Villa Florentine et Les Terrasses de Lyon, son restaurant, sont assez incontournables pour qui voudrait passer un moment de luxe, calme et volupté. La qualité des prestations tant hôtelières que culinaires sont remarquables. Merci pour ce bon moment.


François