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Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.
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mardi 27 janvier 2009

Erik Orsenna et Paul Pontallier au George V


Erik Orsenna (le célèbre académicien) et Paul Pontallier (Directeur, œnologue et vinificateur à Château Margaux) étaient tous deux invités au diner « les mots et le vin ».
Par un heureux hasard, j’étais assise à côté de Monsieur Pontallier que j’ai saoulé de questions pendant toute la soirée.


« Il était une fois Château Margaux »…
Dès le XIIème siècle, « la Mothe de Margaux » est connue, mais ne possède pas encore de vigne, mais cet oubli est vite réparé car les Anglais sont friands de vin de Bordeaux.
Dès le XVIIème siècle Château Margaux occupe 265 hectares (comme aujourd’hui).
Au XVIIIème siècle, le château emploie un visionnaire, le régisseur Berlon.
Il est le premier à vinifier séparément les raisins rouges et les raisins blancs; il exige que les raisins ne soient pas vendangés aux premières heures, «parce que les raisins sont couverts de rosée, et que s’ils sont cueillis le matin, leur couleur sera diluée et pâlie par l’excès d’humidité». Et Berlon comprend également l’importance des sols, il connaît déjà les meilleures parcelles.
La vinification moderne et l’influence du terroir se dessine…
Le terroir, est au cœur du discours de Paul Pontallier. Chez Margaux, la notion de terroir est très importante et seuls les meilleurs vins des meilleures parcelles entreront dans le grand vin. Contrairement au reste du Médoc, et donc grâce à ses terroirs, les cabernet-sauvignons de Margaux apportent finesse et velouté, alors que le Merlot donne du corps au vin.

Accords mets et vins autour de Château Margaux.
En attendant le diner et pendant l’arrivée des différents convives, nous dégustons un… Champagne, plus précisément le BSA de chez Diebolt-Valois qui nous semble un peu plus dosé que d’habitude. Nems de langoustine, gougères, croquants à la tomate et toasts au foie gras accompagnent l’apéritif.



Les choses sérieuses débutent avec Pavillon Blanc 2006. Composé exclusivement de Sauvignon blanc, le château produit environ 20000 bouteilles de ce divin nectar par an.
La fleur de pêcher et le mangoustan explosent au nez. Ce « bébé » est encore assez boisé, mais il a un équilibre et une structure acide / amer de haute volée. Seul, il est superbe. Avec les noix de Saint Jacques normandes en tartare d’algue, bouillon de poule au foie gras et gingembre, il explose.
Tel un caméléon, il prend la couleur du plat. Face à l’algue il récupère de la fraîcheur et de la minéralité avec une pointe iodée. Par contre, face à l’envahissant et aromatique bouillon, Pavillon Blanc prend du corps et ne se laisse pas envahir.

Le second vin servi se trouve être également le second vin du château : Pavillon Rouge 2004 (55-60% de Cabernet Sauvignon, 35% de Merlot, Petit Verdot et Cabernet Franc complètent l’encépagement).
Deux heures de carafage et une double décantation ont été nécessaires pour qu’il nous révèle des arômes gourmands de groseille, de prune noire et de rose. Malgré son jeune âge, les tanins sont fins et veloutés. Mais quel est le secret de ces tanins ? Paul (nous devenons presque intimes à force de le saouler de questions) me le révèle : « Lorsque les tanins sont tanniques, c’est un défaut. Le vrai mérite des tanins c’est de donner du corps sans être perçus. ». Philosophie à laquelle j’adhère immédiatement.
Pour ce vin, Eric Beaumard a voulu nous étonner avec un plat de légumes : Truffe noire du Tricastin, mousseline de topinambours, copeaux de canard séché et artichaut.
Malgré la finesse du vin, le plat manque de « patate ». Le vin et le plat se regardent plus qu’ils ne s’accompagnent… c’est ce que l’on pourrait appeler un accord « intellectuel ».

Il est maintenant temps de goûter LE grand vin : Château Margaux 1999.
Paul m’avoue qu’il a un petit faible pour ce millésime. Comme je le comprends… D’une grande complexité aromatique que la mûre domine, il commence à avoir des notes de tabac blond, de cuir (mélange équestre entre l’animal et le cuir du harnachement) et d’immortelle. Les 80% de Cabernet Sauvignon lui donnent de la finesse alors que les 20% de Merlot le structurent et lui apportent de la longueur.
Vin rouge et cabillaud : quel idée géniale, surtout lorsque ledit cabillaud est nacré et servi avec une sauce genevoise, du chou fondant au carvi et une nougatine de cèpe.
Ce plat me met dans un état proche de l’orgasme culinaire.
Erik Orsenna saluera la magnifiquement juste cuisson du cabillaud et résumera l’accord par ces mots : « Le vin laisse passer le cabillaud et continue au fil de l’eau tel un bateau ».














Un grand vin, c’est bien, mais deux, c’est mieux ! : Château Margaux 1989.
Ce vin est tellement complexe qu’il est quasi-impossible à décrire : Mûre ? Truffe ? Rose ? Cuir ? Et même beaucoup plus. Il fait encore très jeune, ce qui laisse présager un vieillissement très lent.
En bouche les tanins sont tellement fins qu’il en devient charnel. A noter, la pointe mentholée en fin de bouche qui rafraîchit le palais.
Accord quasi-classique avec une épaule d’agneau du Limousin fondante aux aromates (cuite 23 heures à basse température), asperges vertes, gnocchis de potirons et caillé de brebis.
Après les accords caméléon, intellectuel et étonnant, nous terminons la partie salée de ce diner par un accord classique.


Le vin, c'est 85% d'eau…
Avant de passer au sucré, Erik Orsenna intervient pour nous parler de … l’eau ! Après deux ans de voyages, de compilations d’interviews, de chiffres et de documents scientifiques, Erik Orsenna nous dresse un bilan de la ressource « eau » sur notre bonne vieille Terre. Le livre s’appelle « l’avenir de l’eau ». Erik Orsenna est aussi passionnant à écouter qu’à lire. Mais ne soyez pas trop inquiet, chers lecteurs, le vin n’est point oublier dans le livre … ne voulant pas tuer le suspens, je vous laisse le découvrir par vous-même.



Nous terminons par la touche sucrée, un Vienetta praliné et café, tout en légèreté et en finesse qui sera accompagné, pour ma part, d’un thé Darjeeling.

Gwenola

samedi 23 août 2008

Corentin Dardoup, un nouveau héros ?


L’été est ma saison préférée pour lire un bon polard. Il y a bien quelques héros que je suis régulièrement comme Benjamin Cooker (Le sang de la vigne), Frère Cadfaël (Ellis Peters), Amelia Peabody (Elisabeth Peters) … Mais j’aime bien découvrir d’autres auteurs. Comment faire les découvrir de nouveaux ? Première méthode aller à ma Fxxx préférée et regarder les quatrièmes de couverture. Seconde méthode, se promener dans une grande manifestation, au hasard Brest 2008, et discuter avec un éditeur-écrivain qui y tient un stand.

Les Editions du Barbu.
Christian Blanchard écrivain de romans noirs a eu la bonne idée de créer Les Editions du Barbu
, pour éditer ses livres, mais aussi pour publier d’autres auteurs bretons (mais pas seulement !).
Sous la petite tente, un livre portant une bande « 1er Prix Goéland Masqué 2008 » attire mon attention. Ce livre, c’est Black Poher d’Yvon Coquil.
Après avoir longuement conversé avec Christian Blanchard, je décide d’acheter ce roman, histoire de ramener un petit bout de Bretagne à Paris.

Corentin Dardoup, un nouveau héros ?
C’est le branle bas de combat à Bourgneuf ! Ce charmant village du Poher (région du centre Bretagne dont la « capitale » est Carhaix), recherche le descendant d’un héros de la guerre d’Indépendance Américaine.
Pendant que le Maire révise son anglais; que l’historien fouille les archives et que Corentin Dardoup, le garde Champêtre, fait régner l’ordre, un meurtre au sabre japonais est commis.
Corentin Dardoup ne peut s’empêcher de mettre son nez dans l’enquête et verra ressurgir son passé et ses vieux démons.


Un bout de Bretagne dans le métro parisien.
Je lis essentiellement dans les transports en communs. Ne vous inquiétez pas Monsieur Coquil, les passagers étaient plus intrigués par mes éclats de rire que par la quatrième de couverture ;-).
J’ai adoré ce livre. Tout d'abord, l’intrigue qui m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page.

Ensuite j'ai aimé les personnages.
Il y a d'abord Corentin Dardoup, mon nouveau héros, avec son esprit vif, ses manières peu orthodoxes, la douceur et l’humaniste qui se cachent derrière une face de brute.
Les villageois et des paysans (pardon, exploitants agricoles) qui sont plus vrais que natures. Leurs mesquineries et leurs plaisanteries douteuses m’ont fait beaucoup rire.
J’attends avec impatience une nouvelle aventure de Corentin ou un nouveau roman de cet auteur que je vous recommande.


Gwenola

vendredi 25 juillet 2008

Idée de lecture

Pour m’occuper l’esprit et m’évader dans les transports parisiens, je lis principalement des romans.
J’ai découvert il y a quelques temps la série « Le Sang de la Vigne » chez Fayard. De bons polars qui se passent dans les vignes et au cœur des chais.
17 romans déjà parus et un projet d'adaptation pour la télévision. Ils portent des noms évocateurs pour l’amatrice de vin que je suis, comme « Mission à Haut-Brion », « Noces d'Or à Yquem » ….


Les romans
Inspirés de faits réels, ces romans mettent en scène le célèbre œnologue Benjamin Cooker (toute ressemblance avec des personnages existants …) et son assistant Virgile Lanssien qui vivent et travaillent principalement sur Bordeaux. Outre son travail d’œnologue, notre bordelais fait trembler les Châteaux et les domaines viticoles avec la publication de son guide.
Benjamin Cooker ayant un peu l’âme d’un inspecteur de police, se retrouve souvent mêlé à des énigmes et aide la police à les résoudre …

Les auteurs sont Jean-Pierre Alaux et Noël Balen.
Jean-Pierre Alaux est écrivain, journaliste de radio et télévision, et conseiller éditorial de la revue “Vins & Cigares”.
Noël Balen, romancier et essayiste, partage son activité entre littérature, critique musicale et animation de conférences sur les musiques noires américaines. Il est membre de l’Académie du Jazz et dirige une collection de disques, Cristal Records/Harmonia Mundi. Il collabore également à “Vins & Cigares".



Mon avis
Les aventures de nos deux œnologues sont bien écrites et les références au vin sont très bien documentées.
A déguster sans modération pour les amateurs de vins et/ou de polars.
Je viens de terminer « Cauchemar dans les Côtes de Nuits ». Comme son titre l’indique, Benjamin et Virgile ont quitté Bordeaux et se retrouvent en Bourgogne où des messages en latin fleurissent à Vougeot et dans ses environs. Mais nos deux bordelais ne sont pas uniquement là pour donner un sens à ces messages mais également pour déguster les vins de la région pour étoffer leur guide. C’est ainsi que nous découvrons que les vins de notre ami Alain Jeanniard ont été appréciés.
Alors Alain, cela fait quoi de se retrouver dans un roman ?

Gwenola

jeudi 24 avril 2008

Isabelle Baratin et Yves Simon au GV

Isabelle Baratin est une femme belle, élégante, et sous ses faux-airs aristocratiques se cache une viticultrice passionnée par son terroir, son métier, ses vignes …
Son micro-vignoble de 3,8 ha est une enclave dans l’appellation Condrieu.

Château-Grillet, puisqu’il s’agit de lui, est au Viognier ce que la Romanée-Conti est au Pinot Noir : une superbe expression de terroir.

Bien qu’en manque de chef en ce moment, Eric Beaumard peut compter sur sa brigade et nous a orchestré un superbe diner pour accompagner les vins de Madame Baratin.
Carpaccio de langoustines au cédrat et Château-Grillet 2005
Grosses asperges blanches, sauce maltaise et Château-Grillet 2006 (pas encore commercialisé)
Foie de canard poêlé au pain d'épices et Château-Grillet 2003
Suprême de volaille de Bresse à la chutney de morilles et Château-Grillet 2004
Blanc-manger aux amandes douces, saveurs abricot que nous avons accompagné de Zhen Wang (thé blanc au jasmin de la Maison des 3 Thés)
2003 et 2006 sont ceux qui ont été les plus appréciés, tous deux sont élégants et flatteurs avec leurs arômes de mangue, de limette et de thé.
2005 demande plus de temps. Au fil de la soirée il est passé des notes boisées au grain de café pour laisser place à une belle palette d’agrumes (citron vert et kumquat).
Que dire du 2004? Nettement moins flatteur, il est calibré pour la garde : équilibré, tendu et ample en bouche.

Yves Simon, l’invité littéraire, est là pour parler de son dernier livre « Epreuve d’artiste », sorte de biographie façon dictionnaire intime.
Avant le diner, au moment du cocktail, Olivier Barrot nous le présente. Avec son étiquette « intello de gauche », son écriture un peu « alambiquée » et des idées qui me semblaient assez arrêtés d’après ce que j’avais pu lire de lui, je ne savais pas trop comment aborder l’homme.
Etonné que nous l’ayons déjà lu, il me demande si j’ai aimé. Ne me démontant point, je lui réponds « j’ai aimé centaines définitions plus que d’autres, je trouve par exemple celle du « Bonheur » assez alambiquée, pas contre je me suis délectée de celle d’« Obsolète » ».
La conversation est entamée, et je découvre quelqu’un qui est à l’écoute de son public et qui aime échanger. Happé par Olivier Barrot qui veut le présenter aux autres convives, sa charmante compagne me prend en aparté pour me féliciter d’avoir du caractère et de ne pas être hypocrite.
Plus tard dans la soirée, nous reprenons notre conversation pendant les traditionnelles séances de questions / réponses , la poursuivons lorsque je lui demande de dédicacer mon exemplaire et finalement me fait la bise pour me dire au revoir.

Ce matin, un peu vaseuse à cause des vapeurs de Château-Grillet, je reprends la lecture d’"Epreuve d’Artiste" dans le train. La lecture est plus facile, plus compréhensive, plus proche de moi.
Rencontrer l’homme a changé ma façon d’aborder son œuvre.

Gwenola

dimanche 13 avril 2008

Un dimanche très luxe, calme et volupté

Ce dimanche, après notre traditionnel petit tour à notre marché, nous nous faisons « tout beau » pour aller à un brunch littéraire à la Chinoiserie.
La Chinoiserie n’est autre que l’espace salon de l’hôtel Hyatt Madeleine. Dans ce lieu tendance lounge cosy, Daniel Picouly (écrivain, animateur TV …) accueille un dimanche par mois un écrivain qui nous présente son dernier livre.

Midi tapant, nous arrivons dans le majestueux hall de l’hôtel Hyatt Madeleine et prenons place près de la cheminée.
Après avoir été servie d’une coupe de Laurent-Perrier, qui sera par ailleurs régulièrement remise à niveau, je commence par un petit croissant avec de la confiture d’abricot.
Mais où sont donc les buffets ? Pas de panique, les buffets chauds et froids se trouvent dans un petit salon contigu à la Chinoiserie.
Pour les envies salées, huître, salades, viandes froides, saumon fumé, œufs brouillés, risotto … sont à discrétion.
Les douceurs sont signées Ladurée avec le célèbre Ispahan (macaron à la rose et aux framboises), un gâteau au chocolat, sans oublier un bel assortiment de macarons et une magnifique corbeille de fruits exotiques.

Vers 13h30, bien calés dans nos fauteuils, Daniel Picouly nous présente le dernier né de Didier Van Cauwelaert « La nuit dernière au XVe siècle ».
Ce roman se passe aujourd’hui, Jean-Luc Talbot, est un contrôleur des impôts tout ce qu’il y a de plus rationnel. Lors d’un contrôle fiscal chez un châtelain qui possède un laboratoire en biotechnologie, il se trouve mêlé à une histoire de fantômes. A en croire ses « contrôlés » il aurait été, dans une vie antérieure, l’amant d’une jeune femme du XVe siècle.

On sent une grande complicité entre les deux hommes. Les questions de Daniel Picouly sont drôles, pertinentes, parfois décalées. C’est un grand plaisir d’écouter Didier Van Cauwelaert parler de phénomènes irrationnels avec une grande rationalité.
Après une petite heure de débat, place aux questions du public.
Viennent ensuite les dédicaces, qui s’éternisent car notre écrivain aime échanger avec ses lecteurs.

Après ce luxueux moment culturel et gastronomique, nous repartons dans les rues désertes de la capitale.

Gwenola

mercredi 19 mars 2008

Edito N°3 : Trafics d'influences

Gwenola et moi avons terminé la lecture du dernier ouvrage de Jonathan Nossiter, « Le Gout et le Pouvoir ». Pour les quelques terriens qui se seraient expatriés sur Alpha du Centaure ces dernières années, Nossiter est l’auteur du controversé « Mondovino ».
En résumé, ce livre présente la genèse du film et la rencontre de certains de ses protagonistes. Tout au moins se présente-t-il comme tel car l’auteur en profite pour exposer ses opinions sur le monde du vin en général et sur certains acteurs, directs (vignerons, cavistes) ou indirects (restaurateurs), de ce domaine. Et c’est là que le bât blesse… car à vouloir mélanger les genres, le résultat devient parfois indigeste.
Développons.
Jonathan Nossiter aurait pu utiliser son matériau pour écrire trois ouvrages :
- « Dialogues avec les Vignerons »,
- « Les Adresses de JN »,
- et « Le Diktat des Gourous du Vin ».

« Dialogues avec les Vignerons » :
Pour la plupart, il s’agit de rencontres dans le cadre du tournage de « Mondovino » ou de dégustations en compagnie de vignerons et amis. JN expose sa quête d’un langage de description du vin accessible au profane, c’est-à-dire hors du jargon des « experts ». Malgré tout, c’est une quête un peu vide de sens car s’il se veut non- ou anti-élitiste, JN ne tarit pas d’éloges sur les stars inaccessibles, surtout au commun des mortels.

« Les Adresses de JN » :
Pour nous, gourmands impénitents, ce recueil a tout pour nous enchanter et nous avons eu l’occasion d’évoquer dans TlBCouF (notre blog) notre passage à La Cagouille suite à la lecture de « Le Gout et le Pouvoir ». Mais il ne s’agit pas seulement d’un catalogue d’adresses, bonnes ou mauvaises. JN s’en sert pour mettre en perspective certains aspects des relations entre restaurateurs, cavistes et monde du vin : cherté des vins au restaurant, accords mets/vins et leur mise en valeur, choix proposé par les cavistes, etc. Passons sur le coup de griffe contre l’Atelier de Joël Robuchon, aussi inexplicable que les jugements du guide du pneu... En revanche, les dialogues avec le responsable des achats de vins de Ducasse sont intéressants et malheureusement déplorables. En substance, le consommateur ne se rend pas au restaurant pour boire du vin et il est inutile de lui proposer de découvrir d’autres bouteilles que les sempiternels bordeaux. Nous ne pouvons évidemment pas adhérer à ce propos. Ceux qui nous connaissent savent que pour nous les mets et les vins sont indissociables et que les sommeliers ont certainement plus de plaisir à dialoguer avec les clients qu’à servir d’ouvre-bouteilles.

« Le Diktat des Gourous du Vin » :
Je ne connais pas JN, tout au moins pas comme on connaît un ami, son passé, son vécu. Aussi, je ne peux expliquer l’origine de sa diatribe contre :
- les experts-dégustateurs qui font la loi du marché (Parker, Bettane, la Revue du Vin de France),
- les winemakers planétaires qui veulent imposer un gout unique et standardisé du vin à la planète (à commencer par Michel Rolland, plus quelques autres),
- les hommes politiques néo-libéraux coupables d’encourager la mondialisation (Bush, Sarkosy, etc.).
A mettre ainsi tout le monde dans le même panier, on se demanderait presque s’il n’existerait pas un complot international visant à dicter à l’humanité ce qu’elle doit penser, faire et manger.
C’est malheureusement une vision extrêmement manichéenne, qui nous rappelle que JN, bien que citoyen du monde, est d’origine étatsunienne. S’il n’a pas tout à fait tort sur le fond en ce qui concerne le pouvoir des experts et l’uniformisation des gouts, la forme est tout à fait maladroite. Ceci expliquant certainement les levées de boucliers suite à la parution du livre.

JN a une belle plume mais au final, son propos ne nous convainc pas et nous laisse un sentiment mitigé. Sans rigueur et mesure, même un grand chef peut faire un plat indigeste.

François

mercredi 6 février 2008

Qu'est-ce qu'un amateur (de vin) ?

Une très belle définition, donnée par Jean-Paul Kauffmann, à laquelle j'adhère totalement :

"Il faut en revenir au sens premier de ce mot. L’amateur est celui qui aime, tout simplement. Il y a beaucoup de manières d’aimer. De goûter, à mon avis, il n’y en a qu’une. C’est de se conformer à son propre plaisir, à sa propre intuition sans se laisser influencer par autrui, par la doxa comme l’on dit aujourd’hui, c’est-à-dire l’opinion admise, le politiquement correct. « L’amateur se choisit les situations » affirmait Nietzsche. L’amateur est à l’opposé du spécialiste, l’homme qui sait, tranche et se prononce à la place des autres. Nous périssons de cette culture de l’expert qui prétend tout évaluer en oubliant la délectation. L’amateur, à la différence de prescripteurs comme les critiques de vin ou les sommeliers, ne saurait être un homme de pouvoir. Quand je m’occupais de L’Amateur de Bordeaux, l’aspect technique me cassait les pieds, j’ai fini par m’y intéresser à mon corps défendant grâce à des pédagogues remarquables comme Emile Peynaud ou Denis Dubourdieu mais c’est le vin dans le verre et son contexte culturel qui m’ont toujours importé. Que de cuviers ai-je pu visiter de mauvaise grâce mais en faisant bonne figure ! Ils se ressemblent tous : les pompes, l’inox, ça manque totalement de poésie. En plus ces lieux sont humides, dominés par des courants d’air et on s’y gèle en hiver. C’est la part enfantine des propriétaires : ils veulent toujours qu’on admire leur dernier joujou technologique. Personnellement je préfère la vigne, le contact avec le sol mais il est significatif que ce sont les installations qu’on nous fait souvent visiter en priorité.
Tout cela pour dire que l’amateur ne se prend pas au sérieux. En revanche, il prend au sérieux ses sensations et ses émotions. Je défends passionnément l’idée de gratuité qui n’est rien d’autre que la forme suprême du dilettantisme : une manière de détachement, une absence de professionnalisme – chacun son métier : le viticulteur et l’œnologue sont engagés dans les applications pratiques de la science. Pas trop tout de même car ils ont souvent la main lourde. Mais à l’amateur, il n’est demandé que l’aptitude à sentir, à discerner les beautés et les défauts d’un vin, à formuler un jugement personnel – ce qui n’est pas mince. "

Texte intégral ici : http://www.berthomeau.com/article-15960710.html
François

jeudi 24 janvier 2008

Philippe Besson

A la soirée « Les Mots et le Vin », il n’y avait pas que Yquem qui était à l’honneur, mais également Philippe Besson pour son livre « Un Homme Accidentel »

De gauche à droite: Eric Beaumard, Pierre Lurton (Yquem et Cheval Blanc), Olivier Barrot et Philippe Besson

Comme nous sommes prévenus à l’avance de l’invité littéraire, je lis à chaque fois le livre présenté afin de pouvoir discuter avec l’auteur en connaissance de cause.

Le livre, de quoi parle-t-il ?
C’est avant tout une très belle histoire d’amour entre deux hommes. L’un est flic, marié et sa femme est enceinte de leur premier enfant ; l’autre est une star de cinéma, genre jeune premier.
L’écriture est hésitante jusqu’à la fameuse page 125 où l’auteur décide de dire les choses crument. Une fois que ce qui devait se passer s'’est passé, l’écriture se fait légère et fluide.
J’ai beaucoup aimé ce livre, mon mari moins, c’est normal car selon l’auteur, les hommes « hétéro » n’aiment pas.

Quelques jours avant de le rencontrer, je tombe par hasard sur l’émission de Thierry Ardisson et je vois Philippe Besson qui s’en sort à merveille lors de l’interview. Thierry Ardisson, fidèle à son personnage, ne parle que de la page 125.
Mais au-delà de cette page, ce que j’ai trouvé intéressant, c’est ce changement d’écriture, le passage d’un état fiévreux à un état calme et serein.

La rencontre.
Avant le diner, pendant le cocktail, Olivier Barrot me présente M. Besson. Nous avons eu le temps de discuter un peu, discussion passionnante, de livres bien sûr, mais aussi de cinéma, art … discussion malheureusement trop courte.





Philippe Besson et moi !

Gwenola

jeudi 25 octobre 2007

Littérature « chick Litt » pour le vin


Dans la série les femmes sont des blondes sans cervelle à la pointe de la mode en Lagerfeld (c’est un styliste) et Manolo Blahnik (ce sont des chaussures), j’appelle le bouquin « Tout ce que les femmes ont toujours voulu savoir sur le vin sans jamais oser le demander »

C’est… comment dirai-je … A.F.F.L.I.G.E.A.N.T !

J’ai appris, pêle-mêle :
- qu’il existait 3 types de Bordeaux dont le bas de gamme et le haut de gamme (pauvre ignorante que je suis),
- qu’il faut oser pousser la porte d’un caviste pour poser des questions (m... alors !)
- que pour un premier rendez-vous amoureux et uniquement si j’ai gagné au loto (j’insiste), je dois servir au Monsieur un … Saint Amour (pour accompagner quoi ? Mystère !?!)
- que lorsque mes amis viennent à la maison, un cubi fera l’affaire (qui veut venir ? Personne ? pauvre de moi !)
- pour accompagner des huitres, un muscadet est très bien, mais pour les personnes qui aiment plus de douceur, un coteau du Layon fera l’affaire (des amateurs ?)
- et que surtout pour impressionner jolie-maman je dois lui servir impérativement un champagne rosé (ben oui, elle est aussi crétine que moi).

Je pense donc que les femmes (espèce dont je fais partie) peuvent prendre les livres généralistes sur le vin pour en apprendre un peu plus sur le sujet.


Gwenola

Si je peux apporter mon grain de sel masculin... Ayant moi aussi subi la lecture de cet ouvrage, je pense qu'il s'adresse principalement aux urbaines lectrices de "Elle". J'ose seulement espérer qu'elles le liront au second degré, à l'image des écrits d'Alix Girod de l'Ain...
Je ne peux que leur conseiller d'aller ensuite consulter d'autres ouvrages de référence bien mieux documentés comme ceux de Pierre Casamayor, Philippe Faure-Brac, Eric Beaumard, Hugh Johnson, Emile Peynaud...

François

vendredi 17 novembre 2006

Rencontre avec Bernard Pivot

En même temps que nous goutions les Pommards Rugiens du Boillot, nous avons bu les paroles de Bernard Pivot qui était l'invité littéraire de la soirée pour son livre "Le dictionnaire amoureux de vin".

Il écrit comme il parle. Ce livre est une gourmandise dont je me suis délectée.
L'auteur nous parle de ses rencontres vinicoles et littéraires avec humour et humilité.
Un beau livre à parcourir comme un dictionnaire ou à lire comme un roman.
Gwenola