Bienvenue
Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.
Une fois nos sandwiches de luxe avalés, nous filons attraper le vaporetto (ligne 2) pour l'île voisine de San Giorgio Maggiore. La nuit tombe vite en cette saison et nous devons nous hâter pour profiter du coucher de soleil sur la lagune.
Dix minutes plus tard, nous débarquons face à la basilique du même nom, chef d'oeuvre de Palladio. Dans le choeur, nous admirons deux toiles du Tintoret (éclairage payant...).

Mais nous préférons garder notre monnaie pour prendre l'ascenseur qui conduit au sommet du campanile. Ce dernier à l'avantage d'être moins fréquenté que celui de la Piazza San Marco. De splendides vues sur la lagune nous y attendent.
Coté Sud-Ouest. A droite, la Giudecca. Au fond à droite, Sacca Sessola. A gauche, Santa Maria della Grazzia, puis San Clemente, Santo Spirito et Poveglia. Au fond, le Lido s'étire.
Coté Sud-Est, San Servolo, San Lazzaro degli Armeni et la partie Nord du Lido.
Coté Ouest. A gauche, la Giudecca. Au centre, le Sestiere Dorsoduro. A droite, le Sestiere San Marco. Ils sont séparés par le Grand Canal.
Panorama coté nord, d'Ouest en Est. Coté Dorsoduro, la Punta della Dogana. L'entrée du Grand Canal. Coté San Marco, la Piazzetta San Marco, le campanile et le Palazzo Ducale.
Le Palais des Doges marque la frontière avec le Sestiere Castello. Au fond, on aperçoit les îles de San Michele et Murano.
Le Sestiere Castello s'étend jusqu'à l'extrémité Est de Venise. On y trouve l'Arsenal et les Giardini Pubblici (les jardins publics). Au fond les îles de La Certosa et Le Vignole.
Avec le coucher de soleil, c'est le moment de tirer parti de toutes les possibilités de l'appareil numérique. Admirez la Giudecca sous les rayons du couchant...
Nous redescendons au niveau de l'eau pour attendre le vaporetto qui va nous conduire à Dorsoduro en passant par la Giudecca. Cette dernière offre quelques particularités comme la Casa di Maria ou Casa dei Trei Oci, en référence aux trois fenêtres à la forme particulière.
Nous débarquons donc à l'arrêt Zattere dans le Sestiere Dorsoduro. Notre périple au pseudo-hasard reprend en direction de notre hôtel.
La nuit tombe et les lumières s'allument le long des canaux.
Nous gagnons le Campo San Barnaba, puis le Campo Santa Margherita, le Campo San Pantalon et le Campo San Toma avant d'arriver à notre hôtel pour une pause bien méritée.
Nous ressortons un peu plus tard pour diner au restaurant Muro (Rio Tera dei Frari 2604 B/C, San Polo). Plutôt branché, bande de djeunz du vendredi incluse, on peut y manger des pizzas mais nous avons préféré une fois encore les spécialités locales dont un risotto de fruits de mer. Pas mal mais on peut trouver mieux dans les parages.
A suivre…
François
Au petit matin, après avoir enduré la sirène d’alerte de l’aqua alta, la marée haute qui inonde les rues, la ville se réveille au son des bateaux qui circulent dans les canaux pour décharger leur marchandise.
Un bon petit déjeuner et nous partons en direction du Palais des Doges. Nous traversons le Grand Canal par le traghetto San Toma-San Angelo et nous nous enfonçons (presque) au hasard dans les ruelles.
Un bon plan, ça peut aider…


Un coup d’œil à la Locandia Fiorita sur le Campello Nuovo o dei Morti et nous arrivons sur le Campo San Stephano avec son église du même nom.


C’est une large place bordée de jolis palazzi. Elle nous conduit directement au Ponte dell’Accademia d’où la vue sur le Grand Canal est superbe.
Coté lagune, nous admirons le Palazzo Loredan, siège de l’Istituto Veneto di Scienze, Lettere ed Arti,...
...et la Punta della Dogana, la pointe du Sestiere (quartier) Dorsoduro avec la Basilica Santa Maria della Salute. Au premier plan à droite, le Palazzo Venier dei Leoni qui abrite la Collection Peggy Guggenheim.
Nous rebroussons chemin en direction de San Marco pour arriver au Teatro la Fenice.
En approchant de San Marco, les boutiques et les touristes se font moins rares. Un peu de lèche-vitrine en passant et nous arrivons au point le plus célèbre de la Sérénissima.
Les traces de l’aqua alta sont encore visibles mais seules les mouettes s’en soucient.


Pour traverser, chacun a sa technique, passerelle ou sur le dos.
S’il est une chose que je déteste à Venise, ce sont les pigeons et les crétins qui s’ingénient/s’extasient à les nourrir. Mais la bêtise humaine n’a pas de limite…


Nous commençons la visite du Palais des Doges par la cour intérieure dont l’Escalier des Géants, surmonté des statues de Mars et Neptune d’Antonio Rizzo, est la pièce la plus remarquable.
Malheureusement, c’est tout ce que nous pouvons vous montrer car les prises de vues sont interdites à l’intérieur. Nous ne pouvons donc que vous recommander d’aller visiter le Palais car c’est un chef d’œuvre d’architecture et de décoration. Partout, le Tintoret, Véronèse et le Titien ont laissé leur empreinte.
L’avantage de faire la visite à midi est d’éviter l’afflux de touristes. L’inconvénient, c’est qu’il est 14 heures quand nous rejoignons la sortie. Où allons-nous déjeuner ?
Ma Comtesse, cédant à un de ses fréquents caprices, s’arrête devant le Palazzo Dandolo qui abrite l’hôtel Danieli. « Un club au bar ? » demande-t-elle ingénuement. Je cède.


Au calme, nous partageons un panino d’Aurore Danieli (à la truffe blanche) et un Club sandwich accompagnés de Prosecco et de Brunello di Montalcino.
On n’est pas mal à Venise, non ?
A suivre…
François
« Venise n’est pas en Italie, Venise c’est chez n’importe qui, ...» chantait Serge Reggiani. Et pourtant… Où peut-on trouver une cité lacustre offrant des décors romantiques et propices à la contemplation amoureuse ? Grâce ou à cause d’un volcan islandais au nom imprononçable par des langues latines, nous avons converti un séjour à Madère au printemps en week-end prolongé dans la Cité des Doges en automne. Je vous entends penser « Et la pluie ? Et l’aqua alta ? ». Ce sont les risques de la saison mais par chance, nous avons évité l’une et l’autre.
Arrivés à l’aéroport Marco Polo, nous nous dirigeons vers l’embarcadère où nous attend notre bateau taxi. Le temps n’est pas au beau fixe et la vue sur les îles que nous croisons est un peu limitée.


Bientôt nous abordons la cité par le Nord et le Canalle de la Misericordia qui nous emmène jusqu’au Grand Canal au niveau de la Ca’ Pesaro.


Nous passons le long du marché du Rialto puis sous le célèbre pont (graffitis inclus).
Nous croisons les gondoles en convoi...


...avant d’arriver à notre hôtel, le Pallazo Barbarigo, en face du traghetto San Angelo.
Puis la balade commence…
Nous nous dirigeons vers le Rialto en passant par le Campo San Polo, puis nous obliquons pour emprunter le Rio Terra delle Carampane jusqu’à l’Antiche Carampane. Malgré l’heure tardive, une table nous attend. Autour de nous, les conversations en italien vont bon train. A part nous, pas de touristes. Malgré cela nous sommes accueillis chaleureusement avec un cornet de délicieuses crevettes grises frites.

Comme à notre habitude, nous buvons local : Lugana "I Frati" 2009 de Ca dei Frati (cépage turbiana). Un nez de fleurs de pommier, sauvignon mur qui prend une complexité fruitée/florale à l’aération. Une attaque franche, une bouche puissante et aromatique sur une trame acide. Belle amertume fine en finale. Une persistance aromatique sur la pomme et la fleur de pommier. Petit message à l'attention de nos "détracteurs", nous buvons aussi de l'eau ! :)

Couteaux de la lagune pour ma Comtesse…

…Salade de crevettes et trévise pour moi. Les couteaux sont croustillants et moelleux à la fois. Quant à l’assaisonnement de la salade, les huiles d’olive et de noisette et le vinaigre balsamique sont tout bonnement fabuleux.

La suite est tout autant délicieuse. Subrepticement, et sur les conseils d’une connaissance venetophile, nous demandons s’il est possible d’avoir les pâtes à la truffe blanche, absentes ce jour-là de la carte. Subito si. Une assiette magnifique arrive, baignant la salle dans l’arôme du champignon. Les tagliatelles sont comme il se doit al dente et la truffe embaume en bouche.
Quant à moi, je ne résiste pas à un de mes péchés mignons : le crabe mou. Nous sommes en pleine saison de la mue et les petites bêtes sont tout simplement frites en compagnie de courgette, d’aubergine, et d’un peu de polenta. Ca croustille sous la dent, la chair du crabe est fondante, c’est divin.
Pour le dessert, impossible de résister aux vieux clichés : Tiramisu pour deux, à la crème mousseuse et au parfum de café irrésistible. Pour l’accompagner, nous commandons un verre de Fragolino Bianco di Veneto. Un nez de fraisier en fleur. La bouche est entre sec et demi-sec, avec de la rondeur et une belle longueur sur les arômes de mûrier et de fraisier. J’adore !
Petite promenade digestive autour du Rialto. Nous prenons de repères dans les échoppes du quartier pour notre journée shopping. Qu’allons-nous rapporter ? Des masques, des pâtes, des bijoux en verre de Murano ? Le choix ne manque pas, du plus touristico-kitsch au plus luxueux.
Un dernier regard au cadran à 24 heures de San Giacomo di Rialto et nous retournons à l’hôtel.
Nous ressortons dîner, à proximité de l’hôtel, à l’Osteria al Ponte « La Patatina ». Dans une ambiance animée, locaux et touristes de mêlent gentiment pour déguster des spécialités vénitiennes typiques comme les Sarde in saor, des sardines marinées au vinaigre, vin blanc, oignons, pignons et raisins secs, les Spaghetti alle vongole et les Papardelle scampi e porcini (cèpes). Une adresse sans prétention où les longues tablées permettent les échanges entre convives.
A suivre…
François
Nouveau thème pour notre apéritif œnologique mensuel : les vins du Nouveau Monde.
Nicolas Rebut ayant quitté le Meurice, c'est Estelle Touzet, la nouvelle Chef Sommelier, qui nous accueille. Et pour nous mettre à l'aise, elle nous fait gouter tous les vins à l'aveugle ! Nous nous prêtons volontiers au jeu mais... Attention, dérapages géographiques et ampélographiques à l'horizon.
Nous commençons par un vin blanc, à la robe claire et aux reflets vert d'eau. Le premier nez est fin, agrumes et minéral, qui nous évoque un sauvignon. Le second nez est nettement sur la pierre à fusil (et c'est là où j'aurais dû me méfier...). L'attaque est franche puis la bouche devient souple, très aromatique (exotique/agrumes) avec une petite sucrosité. Le vin est plaisant mais un peu court en bouche. A priori, c'est sudiste en hémisphère, Australie ou Nouvelle-Zélande. Bingo... ou pas. C'est bien kiwi mais pas sauvignon. Il s'agit d'un Riesling 2008 du Domaine Momo Wines.
La bouchée d'accompagnement est un tartare de bar sur un navet au kombu avec julienne de nori et gelée de yuzu. Au nez, l'iode est là. En bouche, le navet, poché dans un dashi au kombu, donne du croquant face au moelleux du poisson et de la gelée. Les saveurs d'agrumes du vin s'accordent très bien avec la fine gelée au yuzu. Un accord nippon, ni mauvais, bien au contraire !
Le second vin est aussi un blanc, à la robe plus foncée. Le nez est beurré et boisé, élégant. On devine une fleur blanche (héliotrope, chèvrefeuille) au nectar sucré pour peu qu'on la croquerait. L'attaque est franche, la bouche vive mais pas nerveuse car équilibrée par une matière très onctueuse. Les arômes sont plaisants. Mais d'où cet extra-terrestre pourrait-il venir ? D'Afrique du Sud et plus précisément de Walker Bay. Il s'agit d'un Chardonnay 2008 de Hamilton Russel.
Seconde bouchée : blanc de barbue à la purée d'anchois, coques, poireaux et oignons frits. Qui aime bien châtie bien... pour la première fois, nous sommes déçus par une bouchée. Le problème, malgré l'accord de saveur intéressant, réside à notre avis dans l'épaisseur du tronçon de barbue. Celui-ci, étant d'un fort beau gabarit pour une bouchée, nécessite une cuisson poussée, un peu trop poussée... Dommage, d'autant qu'ayant fait abstraction du poisson, l'accord ne fonctionne plus qu'avec les coques. En revanche, c'est une réussite avec le Riesling.

Passons au rouge, à la robe profonde aux reflets violacés. Un premier nez expressif de quetsches, cassis et framboises. L'attaque est franche, avec une bouche riche, des tannins fins et une finale aromatique sur l'alcool mais sans chaleur. Une belle longueur. Ça fait bordelais mais ce n'est pas bordelais... Dans ce style, cela ne m'évoque que les vins sud-américains. Bingo ! C'est un Malbec argentin, la Réserve 2008 de Torino Don David.
C'est l'automne. Qui dit automne dit gibier. Chevreuil, pomme Royal Gala rôtie, royale de foie gras et chips de châtaigne. Aïe, aïe aïe... quelle bouchée ! Quelle puissance de saveurs ! La mâche du chevreuil, la pomme fondante, le foie gras en avalanche et la châtaigne croquante.... C'est tout simplement sublime et aussitôt la question se pose : quid de l'accord ? Il est gourmand, le vin ne jouant pas la surenchère avec la bouchée mais formant un tapis rouge pour la mettre en valeur. Très bien vu.
La douceur pour finir. Une robe ambrée et un nez de coing/mirabelle/muscat très sauternais dans mon approche proustienne de l'exercice. La bouche est riche mais avec une belle vivacité. Belle longueur sur des arômes de coing et de raisin de Corinthe. Un très beau vin qu'on siroterait volontiers si la bouchée de Camille Lesecq n'arrivait pas sur ces entrefaites : cœur de poire rôti au caramel de réglisse, chiboust vanillée et arlettes croustillantes. Bon, vous me connaissez mais promis, je ne vais pas en rajouter. C'est bon, très bon, extrèmem... d'accord, d'accord. Analytique, objectif, dépassionné. En règle générale j'aime tout... sauf le réglisse. Mais quand Camille dose son caramel pour qu'il ne s'en exhale qu'une pointe de réglisse, comme la goutte de piment qui réveille une huitre, c'est d'une justesse affolante. La poire est fondante, la chiboust à tomber de légèreté, les arlettes incroyables (comment fait-il ?). J'arrête là.

L'accord ? Comment vous dire... ? Imaginez deux gentlemen sur un court de tennis en terre battue qui se renverraient gentiment la balle. Ou une valse lente à la Hofburg.
Le vin ? Oui, j'oubliais... instant jubilatoire pour Estelle qui nous dévoile le Sauvignon Blanc Noble Late Harvest 2005 de Klein Constancia. Jubilatoire car j'étais dans le muscat et pas à KC à cause de la forme de la bouteille. J'aurais dû me fier à ma premier impression du premier nez...
Passage obligé au Dali. Ma comtesse fait un (gentil) scandale car le Pot au feu de volaille fermière, bouillon et légumes sans moelle est justement servi sans moelle. C'est le choix de Yannick Alléno, respectons-le.
Pour ma part, je déguste le Cervelas de homard, sauce homardine.
Mais ce soir, nous d'avons d'estomac que pour Le Saint Honoré parisien de Camille. Nous confirmons, il est top. La crème ultra-légère, le feuilleté tout aussi léger et la fine couche intermédiaire entre frangipane et pâte d'amande (qu'est-ce donc ?) se combinent en une pure gourmandise. Mais, hélas pour vous fidèles lecteurs, les goinfres que nous sommes en ont oublié la photo...
A mon tour de faire un caprice. Je voulais gouter (et je l'ai eu) le Petit gâteau au chocolat noir et bananes rôties. J'ai dis que je n'en rajouterais pas alors no comment.
François