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Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.

jeudi 4 novembre 2010

Le Nouveau Monde au 228


Nouveau thème pour notre apéritif œnologique mensuel : les vins du Nouveau Monde.

Nicolas Rebut ayant quitté le Meurice, c'est Estelle Touzet, la nouvelle Chef Sommelier, qui nous accueille. Et pour nous mettre à l'aise, elle nous fait gouter tous les vins à l'aveugle ! Nous nous prêtons volontiers au jeu mais... Attention, dérapages géographiques et ampélographiques à l'horizon.

Nous commençons par un vin blanc, à la robe claire et aux reflets vert d'eau. Le premier nez est fin, agrumes et minéral, qui nous évoque un sauvignon. Le second nez est nettement sur la pierre à fusil (et c'est là où j'aurais dû me méfier...). L'attaque est franche puis la bouche devient souple, très aromatique (exotique/agrumes) avec une petite sucrosité. Le vin est plaisant mais un peu court en bouche. A priori, c'est sudiste en hémisphère, Australie ou Nouvelle-Zélande. Bingo... ou pas. C'est bien kiwi mais pas sauvignon. Il s'agit d'un Riesling 2008 du Domaine Momo Wines.

La bouchée d'accompagnement est un tartare de bar sur un navet au kombu avec julienne de nori et gelée de yuzu. Au nez, l'iode est là. En bouche, le navet, poché dans un dashi au kombu, donne du croquant face au moelleux du poisson et de la gelée. Les saveurs d'agrumes du vin s'accordent très bien avec la fine gelée au yuzu. Un accord nippon, ni mauvais, bien au contraire !

Le second vin est aussi un blanc, à la robe plus foncée. Le nez est beurré et boisé, élégant. On devine une fleur blanche (héliotrope, chèvrefeuille) au nectar sucré pour peu qu'on la croquerait. L'attaque est franche, la bouche vive mais pas nerveuse car équilibrée par une matière très onctueuse. Les arômes sont plaisants. Mais d'où cet extra-terrestre pourrait-il venir ? D'Afrique du Sud et plus précisément de Walker Bay. Il s'agit d'un Chardonnay 2008 de Hamilton Russel.

Seconde bouchée : blanc de barbue à la purée d'anchois, coques, poireaux et oignons frits. Qui aime bien châtie bien... pour la première fois, nous sommes déçus par une bouchée. Le problème, malgré l'accord de saveur intéressant, réside à notre avis dans l'épaisseur du tronçon de barbue. Celui-ci, étant d'un fort beau gabarit pour une bouchée, nécessite une cuisson poussée, un peu trop poussée... Dommage, d'autant qu'ayant fait abstraction du poisson, l'accord ne fonctionne plus qu'avec les coques. En revanche, c'est une réussite avec le Riesling.



Passons au rouge, à la robe profonde aux reflets violacés. Un premier nez expressif de quetsches, cassis et framboises. L'attaque est franche, avec une bouche riche, des tannins fins et une finale aromatique sur l'alcool mais sans chaleur. Une belle longueur. Ça fait bordelais mais ce n'est pas bordelais... Dans ce style, cela ne m'évoque que les vins sud-américains. Bingo ! C'est un Malbec argentin, la Réserve 2008 de Torino Don David.



C'est l'automne. Qui dit automne dit gibier. Chevreuil, pomme Royal Gala rôtie, royale de foie gras et chips de châtaigne. Aïe, aïe aïe... quelle bouchée ! Quelle puissance de saveurs ! La mâche du chevreuil, la pomme fondante, le foie gras en avalanche et la châtaigne croquante.... C'est tout simplement sublime et aussitôt la question se pose : quid de l'accord ? Il est gourmand, le vin ne jouant pas la surenchère avec la bouchée mais formant un tapis rouge pour la mettre en valeur. Très bien vu.

La douceur pour finir. Une robe ambrée et un nez de coing/mirabelle/muscat très sauternais dans mon approche proustienne de l'exercice. La bouche est riche mais avec une belle vivacité. Belle longueur sur des arômes de coing et de raisin de Corinthe. Un très beau vin qu'on siroterait volontiers si la bouchée de Camille Lesecq n'arrivait pas sur ces entrefaites : cœur de poire rôti au caramel de réglisse, chiboust vanillée et arlettes croustillantes. Bon, vous me connaissez mais promis, je ne vais pas en rajouter. C'est bon, très bon, extrèmem... d'accord, d'accord. Analytique, objectif, dépassionné. En règle générale j'aime tout... sauf le réglisse. Mais quand Camille dose son caramel pour qu'il ne s'en exhale qu'une pointe de réglisse, comme la goutte de piment qui réveille une huitre, c'est d'une justesse affolante. La poire est fondante, la chiboust à tomber de légèreté, les arlettes incroyables (comment fait-il ?). J'arrête là.


L'accord ? Comment vous dire... ? Imaginez deux gentlemen sur un court de tennis en terre battue qui se renverraient gentiment la balle. Ou une valse lente à la Hofburg.
Le vin ? Oui, j'oubliais... instant jubilatoire pour Estelle qui nous dévoile le Sauvignon Blanc Noble Late Harvest 2005 de Klein Constancia. Jubilatoire car j'étais dans le muscat et pas à KC à cause de la forme de la bouteille. J'aurais dû me fier à ma premier impression du premier nez...



Passage obligé au Dali. Ma comtesse fait un (gentil) scandale car le Pot au feu de volaille fermière, bouillon et légumes sans moelle est justement servi sans moelle. C'est le choix de Yannick Alléno, respectons-le.

Pour ma part, je déguste le Cervelas de homard, sauce homardine.

Mais ce soir, nous d'avons d'estomac que pour Le Saint Honoré parisien de Camille. Nous confirmons, il est top. La crème ultra-légère, le feuilleté tout aussi léger et la fine couche intermédiaire entre frangipane et pâte d'amande (qu'est-ce donc ?) se combinent en une pure gourmandise. Mais, hélas pour vous fidèles lecteurs, les goinfres que nous sommes en ont oublié la photo...

A mon tour de faire un caprice. Je voulais gouter (et je l'ai eu) le Petit gâteau au chocolat noir et bananes rôties. J'ai dis que je n'en rajouterais pas alors no comment.

François

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