Bienvenue

Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.

mercredi 17 septembre 2008

L'Astrance

C’est un jeu qui, deux fois l’an, titille respectivement nos méninges. Mais où vais-je bien pouvoir l’emmener pour son anniversaire ? Mais où peut-il/elle bien m’emmener pour mon anniversaire ?
Après quelques vaines tentatives pour deviner l’endroit (un « lagon » pour seul indice qui s’avère être l’Yonne vue depuis les fenêtres de la Cote Saint-Jacques puis la baie du Mont Saint-Michel l’année suivante), après le traître répondeur sur lequel le Grand Véfour laisse une demande de confirmation, prudence et méfiance sont à présent de la partie.
C’est donc sans aucune indication autre que « c’est en région parisienne » que nous voilà partis en direction du lieu de la célébration.

Les grandes tables parisiennes ne sont pas légion et même si nous ne leurs avons pas encore toutes fait honneur, j’avais quelques idées de destination en tête, en l’occurrence les trois « A » : l’« Astrance », l’« Ambroisie » et « Apicius ».
Passé le Pont de Suresnes, ma Comtesse de Lalande m’indique la direction de la Porte de Passy. Adieu Place des Vosges et Rue d’Artois, ma première intuition était la bonne.

Sous ce nom de fleur de montagne, dans une petite rue difficile d’accès, se cache un restaurant de poche (25 couverts) à la décoration épurée.
L’accueil est fort aimable, voire taquin (« c’était ce soir ? », « oui, c’est la journée de Monsieur »). Nous sommes installés au fond de la salle, près de la réserve des verres qui va considérablement diminuer au fil de la soirée.
En effet, et c’est la particularité du lieu, le menu est surprise et l’alternative est menu surprise ET vins surprises. Que croyez-vous que nous choisîmes ?
Ce sont donc pas moins de huit verres (en comptant l’eau) qui nous seront servis. Rassurez-vous, le détail suit.

Petite entrée en matière qui n’a l’air de rien, un petit sablé accompagné de raisin frais, raisin sec presque confit et noix fraiche. Une seule bouchée mais quelle bouchée… le sablé se désagrège en bouche en exhalant des notes grillées, accompagnées par la fraicheur des fruits et la touche sucrée du raisin sec.

La première entrée se présente en strates : yaourt, tomate, mousse de vinaigre de banyuls. Comme il se doit, l’accord des saveurs nécessite le mélange. Tout y est, douceur, acidité acidulée et touche sucrée. C’est frais et presque trop peu.

Le premier vin surprise est un blanc à la robe évoluée et son nez de caoutchouc nous fait immédiatement penser à un riesling. En bouche, il présente une belle acidité et quelques sucres résiduels. D’instinct, nous le situons de l’autre coté du Rhin. Bingo. C’est bien un riesling allemand, le Leiwener Laurentiuslay Auslese de Stefan Köwerich, millésime… 1985 ! Malgré son âge, il a gardé beaucoup de jeunesse.
















Nous poursuivons avec le même vin par un millefeuille de foie gras et champignons de Paris, poudre de cèpe et citron confit. Joli montage mais qui, comme tout millefeuille qui se respecte, se casse la figure au découpage J. Qu’importe ! L’association est belle. Le champignon, tranché plus fin que fin, est surprenant de saveur et garde néanmoins du croquant, en contrepoint du moelleux du foie. La touche citronnée rappelle paradoxalement la simplicité d’une salade de champignons.














Troisième entrée, premier plat ? Voici venir la salade de homard aux légumes de saison. Du homard bien sûr, carottes orange et jaune, betterave ancienne, poivron, quelques fleurs et une petite quenelle de beurre de cacahouètes aux épices. C’est cette dernière qui fait toute la différence pour sublimer la fraicheur du homard et des légumes en apportant non pas du gras (comme on aurait pu le craindre) mais un exhausteur de saveurs.

Second vin. Le nez me surprend, court-bouillon de poisson. Avec une telle base de départ, je me plante dans les grandes largeurs en le situant éventuellement en Languedoc puis en vallée du Rhône. Gwenola sauve l’honneur en pensant au chardonnay. Il s’agit d’un Hautes-Cotes de Nuits « Terres Blondes » 2006 du Domaine de la Douaix. Malgré notre déconvenue, force est de reconnaître que l’accord est bien pensé.

















Arrive la sole (de belle taille !) sur un lit de choux, accompagné de citron confit pour elle et d’un chutney de papaye pour moi. Puis un bol contenant un dashi (bouillon japonais) aux moules et coques. La cuisson de la sole est parfaite, le choux est très doux et les moules crues apportent un petit supplément iodé bienvenu.

Autre plat, autre vin. Toujours un blanc. Mystère… Le nez évoque un moelleux et sa minéralité nous fait penser à un chenin, voire à un jurançon. Bonnes déductions nous dira le sommelier mais c’est d’un troisième larron dont il s’agit. Encore un riesling, le grand cru Wineck-Schlossberg 2004 de Clément Klur.
















Encore un plat atypique : le saumon confit dans la graisse de canard, jeune poireau, écrasé d’oignon, oignon rouge et sauce au tamarin et raisin de Moscatel. Le saumon est outrageusement moelleux sans aucune sensation de gras. Le croquant du « riz » d’oignon vient en contrepoint et apporte de la fraicheur en bouche. Quant à la sauce, elle est tout simplement divine.

Autre verre, autre blanc. Alors là… je ne sais pas ce qui nous est arrivé. Gwenola et moi passons totalement à coté de ce vin et grande est notre surprise quand nous découvrons la bouteille : le Condrieu « Les Terrasses du Palat » 2006 de François Villard. Nous avons pensé à tout sauf à du viognier. De plus, c’est de loin l’accord le moins concluant de la soirée.















Retour sur terre avec le carré d’agneau de Lozère accompagné d’aubergine laquée au miso, d’une mousse d’aubergine fumée et de « curry noir », grande spécialité de Pascal Barbot. C’est une pate mystérieuse au gout puissant qui exhale le café, le réglisse et l’olive. L’accord est surprenant voire too much. En revanche, l’aubergine laquée est un régal ainsi que l’agneau dont, bien qu’étant invité, je laisse très volontiers les cotes à Gwenola.

Point n’est question de blanc avec l’agneau et c’est un verre de vin rouge qui nous est donné à découvrir. Ma Comtesse lance (évidemment) « C’est du Pauillac ». Je suis plus circonspect. Bien que très plaisante, la bouche n’a pas cette élégante trame médocaine. Au contraire, je lui trouve un coté sudiste qui m’évoque le Languedoc. Il vient bien du Sud mais, en paraphrasant le Professeur Tournesol, d’« un peu plus au Sud ». C’est un Brunello di Montalcino 2001 de Conti Costanti (en magnum). Un très beau vin.














Le plat suivant est une petite œuvre d’art dans sa simplicité. Une fleur de courgette à peine confite, farcie de morceaux de poire juste pochés, accompagnée de gorgonzola (de compète !) crémeux. C’est un très bel accord sucré/salé.

Et avec ça me direz-vous ? Un vin blanc racé, au nez de muscat et de jus de raisin frais. Muscat, muscadelle… Un assemblage bordelais, voire un vin du Sud-Ouest… Eh non. Encore un alsacien. La cuvée « Huebuhl » 2001 de Marcel Deiss.


Un dessert arrive… puis deux, puis trois… quatre ! La table est bien remplie et les assiettes sont si belles qu’on n’ose à peine y toucher. De droite à gauche, un sorbet piment et citronnelle, un vacherin au thé vert et sorbet passion, une génoise ? et enfin une gelée citron ?
Le sorbet piment/citronnelle est une petite merveille, piquante et parfumée à souhait. Le vacherin est digne d’un designer et très délicat. Bref, tout cela se déguste avec délectation et sans aucune sensation de lourdeur.

Ayant, comme toujours, sympathisé avec le sommelier, nous nous voyons offrir par ce dernier un verre d’un autre vin de dessert destiné à une table voisine. Beaucoup de richesse mais bien équilibrée par de la vivacité. Il s’agit d’un Tokay 6 Puttonyos 1999 du Château de Sarospatak.

Nous pensions en avoir terminé mais une dernière petite douceur nous retient encore un peu. Servi dans la coquille, un lait de poule au jasmin, accompagné de petites madeleines au miel et d’un plateau de fruits de saison : raisin, physalis et pomme. Je me délecte du parfum du lait de poule, le buvant presque à regrets (presque !).

Malgré une situation qui évoque plus le «Pour vivre heureux, vivons cachés » que la brasserie des grands boulevards, l’Astrance a tous les atouts pour être et rester une adresse parisienne des plus courues. Un chef talentueux, un personnel de salle sympathique et prévenant et un rapport qualité/prix (au dire de ma Comtesse) sans pareil pour un triple macaroné. Je ne peux que vous recommander chaleureusement cette adresse.

Dommage que les anniversaires ne reviennent plus souvent… (soupir).


François

Narcissique mais excellent !


Ceux qui me connaissent savent combien ma modestie m'interdit de faire preuve de narcissisme mais là...

A l'occasion de mon anniversaire (je vous ai prévenus), j'ai reçu d'une amie très chère une e-carte qui m'a mis en joie et je ne résiste pas au plaisir de vous la faire partager.





C'est tout moi, non ?

François

lundi 15 septembre 2008

Reprise en douceur mais pimentée !

Et voila, l'été se termine alors qu'on se demande s'il avait vraiment commencé, à moins qu'il ne commence maintenant...

Notre programme pour le dernier trimestre de l'année commence à s'étoffer : des dégustations diverses entre passionnés, apéritives au Meurice, le Salon des Vignerons Indépendants, les réunions du "Club des Cinquante" au GV et les traditionnelles vendanges en Auvergne.

En prélude à tous ces évènements, nous prenons prétexte des Foires Aux Vins (ou FAV, c'est de saison...) pour renouer contact avec nos amis cavistes des Caves de Marly. Comme toujours, nous y sommes bien accueillis et les minutes défilent comme si de rien était à discuter de vin et autres plaisirs de la table. L'ouverture de l'espace restauration est prévue pour le début 2009 et nous ne sommes apparemment pas les seuls à être impatients.

Après quelques emplettes, dont nous vous reparlerons, nous laissons Bidule (notre GPS) nous guider vers le restaurant le plus proche. A surprise, surprise et demie. Il nous recommande un établissement de Marly Le Roi, certes fort engageant, mais qui s'avère trop cher pour nos envies du moment. Fort heureusement, nous nous trouvons dans la Grande Rue de Marly qui regorge de restaurants de toutes sortes. Après un rapide va-et-vient, nous nous laissons tenter par La Plantation, restaurant créole.

La déco est "typique", ainsi que l'ambiance sonore. Il ne manque plus que le ti punch, lacune très vite réparée.
Au menu, des spécialités évidemment créoles, la plupart habituelles (accras, samoussas, féroce d'avocat, poulet boucané, curry), d'autres moins (chiquetaille de poulet, fricassée de lambis).

Nous partageons une assiette créole, assortiment d'entrées. Les accras sont tout chauds, le boudin bien épicé et pimenté jusque ce qu'il faut et la chiquetaille de poulet est une merveille. Un peu de piment pour faire passer le tout et l'assiette est vide en un rien de temps.
La chair du lambi est comparable à celle d'un bulot en un peu plus gouteux et elle est servie dans une sauce légèrement pimentée dont le feu est apaisé par le riz et la patate douce.
Quant à ma Romanée-Conti, elle se régale d'un excellent rougail de saucisse.

Une petite (c'est un euphémisme) banane flambée pour faire passer et nous repartons visiter la vieille ville de Marly, à pieds bien sûr...

François


La Plantation
22, Grande Rue
Marly Le Roi (78160)
01 39 16 56 50

vendredi 5 septembre 2008

Quelques vins de la péninsule Ibérique

Un peu de culture ...
L' Espagne possède le plus grand vignoble du monde (près de 1 100 000 hectares). Les rendemants étant peu élevés, l'Espagne n'est classé que troisième pour la production de vin.
Les vins sont classés comme suit :
- « vino de mesa » équivalent au vin de table.
- « vino de la tierra » est un vin de Pays
.
- « denominacion de origen » est une AOC
.
- « denominacion de origen calificada » est une AOC de qualité supérieure.
- « vino joven » est un cru mis en bouteille après clarification.
- « vino de crianza » est un cru dans sa troisième année qui a passé au moins six mois dans des fûts en chêne.
- « reserva » est un cru qui a veilli pendant trois années entières, dont au moins 1 an dans des fûts en chêne
- « gran reserva » est un cru qui a vieilli cinq années entières, dont au moins 2 ans dans des fûts en chêne.


Nous débutons la soirée par Les Blancs & Les bulles

CAVA – Albet i Noya 21 – Cataluña (Effervescent) - Cépages: Parellada, Chardonnay
Un nez de citrus, cédrat et de pamplemousse, avec une note de fleur d’acacia. En bouche, il développe des notes de pêche blanche. La finale est un peu amère et crayeuse. Bien -

OSSIAN 2006- Rueda - Cépages: Verdejo
Un nez proche du Chardonnay avec une dominante de Bergamote et un peu de sucre cuit. Toujours typé chardonnay en bouche, à l’aveugle je le situe sur Chassagne avec un peu plus de gras. Très Bien

Antonio Abalo Mendez “Albariño” 2006 – Rias Baïxas - Cépages: Albariño
Au nez, il « sauvignonne » avec quelques notes de rose et de citron vert. Sancerre ? En bouche, il est vif et un peu court. Bien.


Nous poursuivons par une belle série de Rouges

Deux « Finca Allende “Allende” 2002 et 2003 – Rioja - Cépages: Tempranillo
Tout d’abord le 2002 : Un nez pas très net avec des notes de boisé fumé et de dissolvant. En bouche, l’attaque est assez austère, puis vient des notes de fruits noirs (mûre). Il n’est pas bien en place. Bien
Le nez du 2003 est beaucoup plus agréable, il est typé fruits noirs avec une pointe d’arômes de cornichon frais. En bouche, il est complexe, développe un beau fruité et est très long pour finir sur une petite sensation de sucre. Très Bien.

Marques de Grinon “ (+) Summa Varietalis” 2001- Domino de Valdepusa - Cépages: Syrah, Cabernet Sauvignon, Petit Verdot
Vin très gourmand en fruits noirs avec un peu de pruneaux. En bouche, il est gouleyant, flatteur avec beaucoup de fruits et un début de notes tertiaires (venaison). Bien +

Rioja Vega “Reserva” 2001 – Rioja - Cépages: Tempranillo, Mazuelo, Graciano
Un nez assez vif de fruits noirs, de groseille et de mousse de chêne. En bouche, il a des notes de fruits noirs, assez complexe avec une pointe d’amertume. Très long, il se termine sur une note beurrée / banane. Très Bien

JC Conde “Neo” 2002 – Ribera Del Duero - Cépages: Tempranillo
La mousse de chêne domine les fruits noirs avec un peu de sucre cuit. Les tanins sont asséchant et il est très court. Moyen

Petit détour par le Portugal avec : Aveleda Follies “Touriga Nacional” 2003 - Bairrada - Cépages: Touriga Nacional
Un nez de syrah avec un peu d’arômes tertiaires de venaison. En bouche, l’attaque est fruité, il développe de beaux tanins, mais il est un peu court. Bien

Alion 2003 Ribera Del Duero - Cépages: Tempranillo
Un nez de fruits rouges et noirs assez complexe. En bouche, il est charnu, complexe, puissant, avec des arômes dominés par la fraise des bois. Très Bien.

Duo de Clos Mogador 2002 et 2004 – Priorat - Cépages: Grenache, Cabernet Sauvignon, Carignan, Syrah
Le 2002 : Un nez de pruneaux et de café. En bouche, il a des parfums de garigue (romarin), de pruneaux et de grillé / chocolaté. Il est trop grillé à mon gout. Bien
Malheureusement le 2004 a un problème de bouteille avec un nez que je qualifie de « rassemblement de pigeons par temps humide » (visite guidé sur demande dans certains coins de Paris !)

Comparaison de deux Villacreses « Crianza » 1998 et 1995 – Ribera Del duero - Cépages: Tempranillo, Cabernet Sauvignon, Merlot
On débute par le 1998 : Un nez assez curieux de rétentat (lait ayant subit une ultrafiltration) et d’eau de vie de fruits. En bouche, il est fruité avec des tanins souples, mais il manque de peps. Bien -
Le nez du 95 est également assez curieux avec un caractère de lapin dans son clapier. En bouche, il est fruité, floral (Ylang-ylang) et un peu astringent. Bien -

Marques Del Romeral « Gran Reserva » 1986 – Rioja - Cépages: Tempranillo, Mazuelo, Graciano
Le nez est animal (étable) avec un peu de fruité. En bouche, on sent que c’est un vin évolué, mais il a trop d’acidité pour moi. Bien-

Bach « Extrisimo » 1989 – Penedes - Cépages: Xarel lo, Macabeo
Un nez de crème au beurre et de « propre ». En bouche, j’ai toujours cette impression de crème au beurre avec de la vanille. La finale est un peu asséchante. Bien

Finale au Portugal

Porto Romariz « Vintage » 1985 - Douro
Le nez n’est pas très net avec des notes d’alcool à brûler et de crise à l’eau de vie. En bouche, c’est nettement mieux avec des arômes de pruneaux, de chocolat et de café. Assez beau mariage avec des profiteroles au chocolat.

Gwenola

mercredi 27 août 2008

Première approche des vins australiens

Grâce au forum « LPV », j’ai fait la connaissance d’un amoureux des vins australiens. Il a tenu à monter une soirée sur ce thème et nous a ouvert de bien beaux flacons. Un grand merci à notre hôte du soir : Julian.

Pour nous mettre en bouche, nous démarrons par des bulles :
Chandon GREEN POINT Non Vintage Brut Sparkling Méthode traditionnelle - Domaine Chandon. (Chardonnay/ Pinot noir).
Au nez il est miellé, floral et pamplemousse. En bouche des notes de limette et de gingembre confit en fait un vin agréable.

Premier pirate de la soirée :
Château Saint-Robert (Graves), Cuvée Poncet-Deville, 1991.
Au nez il y a de la poire et des notes oxydatives qui tendent vers le cireux. En bouche, il est structuré et opulent ce qui rappelle la Roussanne ( ?!?). La finale est heureusement assez fraîche. C’est un vin qu’il faut boire à table.


Trio de Rieslings :
D’Arenberg, the Dry arm, Riesling 2005 McLaren Vale - South Australia
Au nez je perçois des notes de poisson fumé, de citron et de pétrole. Vif, il est typé jus de citron en bouche pour terminer sur une finale caoutchouteuse. Je ne suis pas très emballée.
Riesling Schlossberg, Paul Blanck 2003 - France.
Au nez il est plus proche du viognier que du Riesling (fruits blancs et jaunes, notes florales). En bouche, il manque un peu de fraîcheur (effet millésime) par rapport aux des autres vins.
Jacob’s Creeck, Steingarten Riesling, 2005 (Barossa/ SouthAustralia). Même typicité que le premier Riesling avec plus de finesse. Il a une belle longueur, mais il manque de complexité aromatique (jus de citron et un peu de pétrole).

Duo grenache :
d'Arenberg The Custodian Grenache 1998 McLaren Vale South Australia
Un nez de pimouss framboise. Un arôme bodybuildé de framboise (limite frambinone), de fraise, de violette avec une finale mentholé. C’est trop riche pour moi, limite caricatural.
Domaine du Trapadis Vin de Pays de la Principauté d’OrangeVallée du Rhône, France
Côté français, c’est pas mieux, car il fait liqueur de cassis. La bouche est assez austère avec une finale asséchante.

En transition :
Coteaux de Tlemcen 2003 (Carignan, Cinsault, Grenache, Mourvèdre).
Outre le côté bonbon anglais, me voilà parti dans une étable pendant l’heure de la traite (notes animales et produits laitiers frais). En bouche, la note animale est moins présente, mais ce n’est pas mon « truc ».

Duo Cabernet-Sauvignon :
Wirra Wirra Dead Ringer (The Angelus) Cabernet Sauvignon, 2004 McLaren Vale South Australia
“The best cabernet sauvignon at the International Wine Challenge in London” qu’il disait et qui a tenu ses promesses. Un nez de fruits rouges et noirs avec la mûre et la figue qui dominent. Même typicité en bouche avec de beaux tanins et un côté très flatteur. Très Bien
Penfolds Bin 707 Cabernet Sauvignon (1999) Barossa Coonawarra South Australia
Pas de doute, il est de la même famille que le précédent mais en plus confituré. En bouche, les tanins sont un peu durs, mais il est très équilibré et les Keftés de « Madame Jean-Pierre » lui gomment un peu de son boisé. Très Bien

Première Syrah
Charle melton shiraz 2003 (Barossa/ SouthAustralia)
Un nez complexe de fruits noirs, de réglisse, d’épices et de cuir. En bouche, il est cacaoté avec une belle finesse tannique. Sur la longueur, la courbe aromatique n’est encore en place.

Trio 2004:
Mitolo GAM 2004 (Barossa/ SouthAustralia)
Un nez qui rappelle certains vins du Languedoc : tapenade, cuir et fruits noirs. En bouche je perçois des notes de ronce et de l’astringence que je ne trouve pas très agréable.
Domaine Terre Inconnue Sylvie 2004
Il a un nez qui me parle avec ses notes de fruits noirs, de rose, de framboise et de poivre frais. Malheureusement la bouche est courte et la finale asséchante.
Greenock creek Alice Shiraz 2004 (Barossa/ SouthAustralia)
Le Pimouss framboise : le retour ! Avec une note d’anchoïade en fond. En bouche, il est fruité et présente des notes d’olive et un fond chevalin.

Deux d’Arenberg McLaren Vale South Australia
D’Arenberg dead arm 1998
Il a de beaux arômes de cuir, de réglisse, de cèdre de Virginie et de fruits noirs (cerise). En bouche il est assez frais avec un bel équilibre acide / tanins. J’ai bien aimé bien qu’il soit un peu court.
D’Arenberg dead arm 2000
Il me rappelle certaines Côtes Rôties évoluées avec des notes de gibier à poils et de petits fruits. En bouche, il développe des notes de confiture de raisins noirs, d’olive, de cuir et de venaison. Bien.

Trio syrah à très faible rendement:
Jasper Hill: Georgia's Paddock Shiraz 2001 (Heathcote, Victoria)
Au premier nez je perçois que des notes de café. Puis il développe des notes chocolatés et de confitures. Malgré de puissants arômes, il est assez fin en bouche. Bien.
Hobbs Gregor Ltd Edition Shiraz 2003 (Barossa/ SouthAustralia)(Amarone-style)
Un nez de raisin passerillés avec de la griotte, du réglisse et de la violette. En bouche c’est du raisin de Corinthe sans le sucre. Etonnant, déroutant, très équilibré et très bon
Branson hill House Block Rare Shiraz 2004 (Barossa/ SouthAustralia)
Un nez complexe avec des notes lactées, grillées et fruitées. En bouche, il est encore assez tannique et boisé, mais il promet énormément.

Le futur australien ??
Mollydooker Carnival of Love 2006
Le Monsieur Plus australien ! Ce n’est plus du fruit, mais de l’eau de vie de fruits. Hyper-archi-concentré. Bref, « too much » pour moi … mais l’étiquette est belle !



Mollydooker Carnival of Love 2006 et sa "jumelle"


En conclusion, cette première rencontre avec les vins australiens fut très enrichissante. La puissance de certains vins m’a pas mal dérouté. Cela m’a ramené quelques années en arrière alors qu’en tant qu’aromaticienne, j’ai travaillé pour un produit commercialisé dans un pays anglo-saxon. Les concentrations en arômes et en sucre sont toujours plus élevées dans les pays anglo-saxons qu’en France et j’ai eu la même impression de recherche de richesse dans les vins. J’ai trouvé que cette recherche de richesse était même parfois poussée à la caricature.





Gwenola

samedi 23 août 2008

Corentin Dardoup, un nouveau héros ?


L’été est ma saison préférée pour lire un bon polard. Il y a bien quelques héros que je suis régulièrement comme Benjamin Cooker (Le sang de la vigne), Frère Cadfaël (Ellis Peters), Amelia Peabody (Elisabeth Peters) … Mais j’aime bien découvrir d’autres auteurs. Comment faire les découvrir de nouveaux ? Première méthode aller à ma Fxxx préférée et regarder les quatrièmes de couverture. Seconde méthode, se promener dans une grande manifestation, au hasard Brest 2008, et discuter avec un éditeur-écrivain qui y tient un stand.

Les Editions du Barbu.
Christian Blanchard écrivain de romans noirs a eu la bonne idée de créer Les Editions du Barbu
, pour éditer ses livres, mais aussi pour publier d’autres auteurs bretons (mais pas seulement !).
Sous la petite tente, un livre portant une bande « 1er Prix Goéland Masqué 2008 » attire mon attention. Ce livre, c’est Black Poher d’Yvon Coquil.
Après avoir longuement conversé avec Christian Blanchard, je décide d’acheter ce roman, histoire de ramener un petit bout de Bretagne à Paris.

Corentin Dardoup, un nouveau héros ?
C’est le branle bas de combat à Bourgneuf ! Ce charmant village du Poher (région du centre Bretagne dont la « capitale » est Carhaix), recherche le descendant d’un héros de la guerre d’Indépendance Américaine.
Pendant que le Maire révise son anglais; que l’historien fouille les archives et que Corentin Dardoup, le garde Champêtre, fait régner l’ordre, un meurtre au sabre japonais est commis.
Corentin Dardoup ne peut s’empêcher de mettre son nez dans l’enquête et verra ressurgir son passé et ses vieux démons.


Un bout de Bretagne dans le métro parisien.
Je lis essentiellement dans les transports en communs. Ne vous inquiétez pas Monsieur Coquil, les passagers étaient plus intrigués par mes éclats de rire que par la quatrième de couverture ;-).
J’ai adoré ce livre. Tout d'abord, l’intrigue qui m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page.

Ensuite j'ai aimé les personnages.
Il y a d'abord Corentin Dardoup, mon nouveau héros, avec son esprit vif, ses manières peu orthodoxes, la douceur et l’humaniste qui se cachent derrière une face de brute.
Les villageois et des paysans (pardon, exploitants agricoles) qui sont plus vrais que natures. Leurs mesquineries et leurs plaisanteries douteuses m’ont fait beaucoup rire.
J’attends avec impatience une nouvelle aventure de Corentin ou un nouveau roman de cet auteur que je vous recommande.


Gwenola

mercredi 20 août 2008

Mercredi Vins Rosés

Août, c’est le temps des vacances, du soleil, de la sieste sous les palmiers, des barbecues et des petits rosés à partager entre amis.
C’est donc sous un soleil (presque) magnifique que nous avons profité du jardin et du barbecue de notre « squat » aoutien pour déguster quelques rosés choisis avec grand soin.












Le feu commence à crépiter et, en attendant la formation des braises, nous dégustons un Champagne rosé BSA de José Michel avec quelques cubes de féta et de tomates séchées.
Ce rosé d’assemblage est composé à parts égales de Pinot Meunier et de Pinot Noir. Au nez il est assez vineux, mais comme il est très froid, je ne sens pas grand-chose. En bouche il est typé pinot noir avec des notes de groseille, mais le Meunier lui apporte structure, longueur et une touche d’amertume. Le dosage est discret et il a une très belle finale avec un toucher de bouche velouté.

Les braises sont prêtes, tronçons de courgettes vertes et jaunes, tranches d’aubergines violettes et travers de porc mariné cuisent en douceur.


C’est le moment de déguster l’entrée composée de tomates « cœur de bœuf » du jardin, Mozzarella di Bufala Campana DOP, un trait d’huile d’olive et un verre de Bourgogne rosé « pinot noir » 2007 de Frédéric Magnien.




Un nez de groseille, droit et vif. En bouche, il a beaucoup de fraîcheur avec des notes de pamplemousse et de cédrat. C’est un vin très structuré avec beaucoup de minéralité et une petite sensation tannique. Très beau rosé.





Avec le travers et les légumes, nous comparons un Côtes de Provence Vieilles Vignes 2007 de Saint André de Figuière (mourvèdre, grenache et cinsault) avec un rosé chilien : Santa Carolina D.O valle des Rappel 2007 (Cabernet Sauvignon).


A l’aveugle, je prends le Côtes de Provence pour un assemblage Gewurztraminer / Muscat. En effet, des notes de rose de Damas et de litchi dominent. En bouche il est vif, tendu avec une petite structure tannique et une pointe d’amertume. Côté arômes, la rose fraîche est toujours présente mais atténuée par des notes « citrus ».






Le rosé chilien, quant à lui, me fait penser à un bon Clairet bordelais. Des arômes de groseille et de fraise verte (fraise avec des notes herbacées) et de framboise blanche se côtoient. Aromatique à l’attaque, il développe un velouté et des notes beurrées sur la longueur pour terminer sur la fraîcheur de la groseille.




Pour composer avec les fromages (petit munster, coulommiers et camembert de chèvre), nous ouvrons une bouteille de Vin de Table Clau de Nell « Aux Paulettes » 2003 du domaine de Nelly et Claude Pichard (49). Il s’agit d’un cabernet franc surmaturé vinifié en rosé.


Au nez on pense à la confiture de groseille et à la figue séchée.
L’attaque en bouche est typée figue et fraise sèches, la longueur est droite, limite tendue pour finir sur la fraise « Mara des Bois ». Le sucre et l’acidité s’équilibre parfaitement. C’est un vin superbe.
Il a également très bien accompagné le plateau de fruits de saison (melon, pêches et groseilles).





Une bonne petite soirée comme j’aime qui s’est terminée fort tard dans la nuit.


Gwenola