Bienvenue

Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.

dimanche 15 juin 2008

Déjeuner dominical aux Tonnelles

Vacances de début d'été, épisode 2.

Nous quittons Sanzier sous un ciel plombé. "Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle...". L'atmosphère aussi est lourde, orageuse, et quelques gouttes nous accompagnent en direction de l'Ouest. Les quais de Loire (rive gauche) étant fermés pour cause de manifestation cycliste, nous traversons la campagne par des chemins parfois peu balisés (merci Bidule, alias notre GPS...).

Nous arrivons enfin à Béhuard que j'imagine ne jamais voir sous le soleil... Qu'importe ! Les quelques mètres séparant le parking des Tonnelles sont rapidement franchis et nous sommes immédiatement installés dans la petite salle déjà pleine.


Une fois la commande prise, nous nous plongeons dans le livre de cave fort bien fourni et aux tarifs raisonnables. Nous jetons notre dévolu sur une très belle bouteille :

le Savennières Clos du Papillon 2005 du Domaine du Closel.


C'est un bébé qui mérite la carafe et nous le laissons s'ouvrir en dégustant les deux amuse-bouches du jour :



Huitre pochée refroidie et gelée de persil, Rouget et carotte à la coriandre.


Le Savennières, au départ fermé, commence à s'ouvrir sur un nez d'agrumes (bergamote). Il est riche et ample, avec beaucoup de matière, tout en restant vif et droit. C'est un vin élégant, structuré et long avec une finale légèrement eucalyptus et citron jaune. C'est presqu'un crime de le gouter dès maintenant tant son potentiel de garde est énorme. Cependant, il est très plaisant et n'a pas son pareil pour accompagner les plats qui vont suivre.












Les entrées arrivent : Fricassée d'anguille pour ma chère et tendre, Asperges et coquillages pour moi. Sous cet intitulé lapidaire se cachent des asperges rôties accompagnées de homard, coques, hachis de couteaux et beurre de ciboule. Je me régale. Quant à l'anguille, elle est juste pôelée et arrosée de beurre et persil.













Pour les plats, nous avons fait dans la simplicité : Sandre au beurre blanc et Turbot sauce au citron et amandes fraiches. La cuisson des poissons est parfaite et l'accord turbot/amandes est magique. De plus, le Savennières sublime les saveurs.


Je résiste (oui, j'ai résisté) au plateau de fromages pour garder une place pour le trio de desserts, mon amoureuse se contentant d'un crumble de framboises accompagné d'un verre d'Achillée d'Agnès et René Mosse. C'est un Vin de Table rosé composé de grolleaux gris et noir et gamay en surmaturité (42g de sucre résiduel). Il a été carafé puis remis en bouteille pour le service afin d'éliminer le coté perlant. Il exhale la pèche jaune, le sucre cuit et la figue verte. En bouche, il s'exprime comme un vin moelleux et botrytisé.











Le trio de dessert commence par une compotée abricot/chocolat sur un biscuit sablé. Le mélange de l'abricot compoté et du chocolat coulant est riche et il faut un vin tout aussi riche pour lui tenir tête : le Coteaux du Layon "Les Bruandières" 2005 de Patrick Baudouin. Pourtant, malgré l'ampleur du millésime, le vin reste frais et aérien, avec une bouche très pure. L'accord est parfait, le dessert et le vin se répondant en vagues successives.












Deuxième acte : le fondant et la glace chocolat. Tout est dit dans l'énoncé, c'est le triomphe du cacao, à peine adouci par la crème. Le Layon fait pâle figure... mais je préfère stopper là mes libations, la route étant encore longue jusqu'à notre destination.






Pour finir (tout au moins le croyons-nous...), nous dégustons quelques fraises accompagnée d'un sorbet chocolat blanc à la menthe...




Repus, nous osons cependant gouter le financier (vive le beurre!) et la mini-tartelette pistache caramélisée qui accompagne le café de ma princesse. Bien nous en a pris.

Je n'ose vous dire de vous précipiter en Anjou car l'adresse va disparaitre très bientôt. Mais rassurez-vous ! Elle renaitra à la fin de l'année en plein centre d'Angers. Nous vous tiendrons bien entendu informés de la nouvelle adresse dès que nous la connaitrons.



François

samedi 14 juin 2008

Etape en Pays Sud-Saumurois

Quittant le domaine Cady, nous revenons sur nos pas en nous dirigeant vers Saumur.

Entre Doué-La-Fontaine et Montreuil-Bellay, nous posons nos valises à Sanzier à la Pinsonniere. Là, Pascale et Oliver ont aménagé quatre chambres dans un très grand et très beau corps de ferme du XVIIème.

Nous prenons possession de la chambre Zanzibar où toute la décoration invite au voyage. Le site web ne lui rend pas justice car la pièce est immense et jouxtée d'une salle de bain (douche plus baignoire) aux dimensions toutes aussi impressionnantes.

Pour le diner, pas de chance, la famille est réquisitionnée pour le gala de dance annuel. Nous sommes donc orientés vers le Manoir de la Tête Rouge, au Puy-Notre-Dame.
Nous sommes accueillis par Sophie Reynouard, la maitresse de maison et excellente cuisinière. Guillaume, son mari, est vigneron et nous dégustons à table les vins du domaine en compagnie de six autres convives dont deux couples hébergés eux aussi à la Pinsonnière.

Je ne saurais que vous conseiller ces deux adresses fort accueillantes.

François

Visite au domaine Cady (Coteaux du Layon)

Après notre curieux mais excellent déjeuner à Montlouis, je me laisse bercer par le doux bruit du moteur et me réveille en plein cœur du Layon.

Au domaine Cady, c’est Alexandre, le fiston, qui nous reçoit. Ce « jeune homme » passionné par le vin et la vigne travaille maintenant avec ses parents au domaine.
Avant de nous installer « au caveau », je profite que le chenin soit en pleine floraison pour aller sentir cette délicate fleur (odeur assez marine du type Calone).

Nous démarrons cette dégustation avec le Crémant de Loire (50% chenin, 30% grolleau et 20% chardonnay) : un nez typé chenin avec de la minéralité, des notes de pommes et de levures.
En bouche, il est assez fermentaire avec une minéralité et de l’amertume qui le structure. Bien.
Toujours dans les bulles, le Crémant ½ sec : même gamme aromatique que le précédent avec en plus des notes de sucre cuit et une sucrosité plus marquée. Il reste très agréable et doit être intéressant avec un dessert genre tarte aux pommes. Bien.

Côté vin tranquille et sec, nous commençons par un Anjou Blanc 2006 : un nez de sucre cuit, de zest d’orange et de fraise des bois. En bouche l’attaque est vive, la longueur est sur la minéralité et il se termine en rondeur. Très agréable, surtout en cette saison.
Rosé de Loire (cabernet et grolleau) 2006 : typé pamplemousse et noix de coco (le côté beurré / lacté), il est frais et beurré en bouche. Alexandre nous le conseille sur de la charcuterie. Bien.

Pour faire la liaison avec les Coteaux du Layon, nous goûtons un Cabernet d’Anjou 2007 ½ sec : le nez est austère et peu expressif. Par contre en bouche, il est à la fois rond, vif et minéral. Il a beaucoup de longueur et se révèle intéressant. Bien+

Nous attaquons maintenant les Coteaux du Layon (CdL) par les Varennes 2006 : un nez de datte légèrement cloutée (de girofle). En bouche, il est assez poire cuite, datte, très riche et long pour terminer sur des notes épicées. Très Bien.
CdL Chavagnes 2004. C’est une parcelle peu connue que j’aime particulièrement. La production étant assez faible, il faut se déplacer au domaine pour avoir la chance d’en goûter. De plus, cette parcelle est également appréciée par les étourneaux (sacrés bestiaux) au grand dam des Cady. C’est un Coteaux du Layon à la fois riche et aérien, avec des notes de pâtes de coing. Je trouve le 2004 un peu court. Bien+
CdL Chaumes 2004 : un nez intéressant sur le champignon et le sucre cuit. En bouche, il développe des notes de fraise des bois avec le côté aérien que le botrytis peut apporter.

Après ces quelques mises-en-bouches, nous terminons par les liquoreux.
CdL Volupté 2004 : un nez floral (gardénia) et de miel. En bouche, il est très long avec une finale assez fraîche. Très Bien.
CdL Volupté 2005 : il est typé furanéol (confiture de fraise), ananas séché, confiture de goyaves et d’églantine… un vrai panier de confitures et de fruits secs exotiques. Un dessert à lui tout seul, on en redemande. Excellent.
CdL Eléonore 1995 :un nez d’abricot sec et de nougatine. Il est à la fois liquoreux et vif avec une pointe alcooleuse sur la longueur. Très Bien.

Nous repartons sous le soleil vers notre chambre d’hôte du soir : La Pinsonnière.

Gwenola

Un restaurant qui vaut le détour

Après avoir rendu visite à Vincent Ricard, nous reprenons notre route vers l’Anjou. Comme nous ne somme pas pressés, nous laissons de côté l’autoroute et suivons la Loire.
Sur les coups de midi, nous arrivons à Montlouis-sur-Loire et la faim commençant à nous tenailler, nous explorons méthodiquement les lieux pour chercher notre pitance.

Après voir passé la Cave Insolite de François Chidaine (fermée à l’heure du déjeuner), nous voyons près de la gare une Tour Eiffel dans le jardin d’un restaurant.
Je pense immédiatement à un piège à touristes !
Mais le plus curieux reste à venir, c’est un restaurant thaï faisant sushis à volonté.
N’écoutant que notre courage … et notre faim, nous entrons dans le restaurant.

Et là, nous tombons sur LE restaurant à ne pas louper à Montlouis car c’est un VRAI restaurant thaï et japonais.
Le chef, un français passionné de cuisine japonaise, est parti faire ses gammes au Japon. En plus d’apprendre la cuisine, il est tombé amoureux d’une charmante japonaise qui adore la cuisine thaï.
Ensemble, ils décident de s’installer en France pour faire connaître dans un seul lieu les gastronomies thaï et japonaise.

Mon Astre opte pour un menu japonais avec un maki au radis mariné et un chirachi sushi (bol de riz froid vinaigré avec un assortiment de poissons et fruits de mer crus)
Je préfère goûter à la cuisine thaï et je prends une salade de bœuf cru et un porc au gingembre.

Deux cuisines très bien exécutées et très différentes se côtoient en trouvant une certaine synchronisation.
Pour le midi, je vous conseille de prendre du côté japonais pour pouvoir continuer votre tournée œnologique en toute quiétude, et le soir, si vous n’avez pas trop peur d’une cuisine assez relevée, choisissez du côté thaï.


Gwenola

Thaï
16 rue Pierre Maitre
37270 Montlouis sur Loire

Visite au Domaine de Vincent Ricard (Touraine)

Vacances de début d'été, épisode 1.

Bien que nous soyons en Touraine, ce n’est pas le Chenin, mais le Sauvignon qui est roi à Thésée chez Vincent Ricard.
Nous retrouvons avec plaisir ce jeune vigneron pour déguster quelques vins.











Côté blanc, nous débutons par le Petiot 2007 : très fruité cassis, sec avec une grosse minéralité. Bien.
Les Trois Chênes 2007 : Plus profond et plus complexe que le Petiot, il révèle en plus des notes de framboise blanche et de pamplemousse. En bouche il est long, un peu rond, bien structuré avec un beau fruité et de la minéralité. Très Bien.











Côté rouge, Vincent nous présente le Clos Vauriou 2007 (80% de Gamay, 20% de Cot, 4 jours de macération en cuve béton) : il a un nez assez proche du pineau d’Aunis avec ses notes poivrées et de mousse de chêne. En bouche, l’attaque est massive, il est vif, minéral avec des notes beurrées. Je le verrai bien avec une dorade au barbecue. Bien.
Puis vient le Vilain P’tit Rouge 2006 (80% de Cot, 20% de cabernet sauvignon, 12 mois d’élevage) : Rond et élégant il donne des notes de baie de cassis, de myrtille, de fraise et de framboise. Les tanins sont souples et soyeux avec une belle longueur. Bien +.
















Nous entamons les douceurs avec la Cuvée Armand 2006 (30-35g de sucre résiduel) : au nez, il a la même typicité que le Trois Chênes, avec plus de rondeur mais une finale toute aussi minérale. Bien +
Et enfin nous terminons avec l’Effrontée 2006 (180g de sucre résiduel) : nous changeons totalement de gamme aromatique et partons vers les îles lointaines (papaye et poivre du Sichuan) et les vergers du Sud (pêche). Une petite gourmandise qui se boit toute seule. Très bien.

Pour terminer cette dégustation et nous remettre la bouche d'aplomb, Vincent nous ouvre une bouteille de pétillant blanc 2007. Malgré un premier nez de buis un peu déroutant, il se révèle très agréable en bouche et très digeste. Il ne faut pas y chercher un grand vin, mais le vin de l'amitié à partager sous les tonnelles. Bien.
Et le « ? » me direz-vous ? Cette magnifique cuvée n’ayant pas encore terminé son élevage, sa dégustation est reportée !




Gwenola

jeudi 12 juin 2008

Miyoshi

En marge du quartier japonais de Paris, entre la rue de la Paix et l'avenue de l'Opéra, la rue Danielle Casanova héberge un établissement nippon fort recommandable. Non, il ne s'agit pas du livreur de sushis du 15, mais de Miyoshi, sis au N° 11.

L'endroit est minuscule, à peine 25 couverts, mais l'accueil est très chaleureux. De plus, il est principalement fréquenté par les expatriés et les touristes japonais, un signe qui ne trompe pas.

Au menu, de la cuisine de ménage japonaise, comme là-bas, déclinée en trois formules (à partir de 18,50€) et une carte.

On commence par une ou plusieurs entrées, suivies par un plat chaud. Hier, nous avons eu droit à du tofu froid aux trois saveurs (gingembre, bonite et ciboulette), du thon laqué et du saumon grillé.

Ensuite tous les autres plats du menu arrivent, libre à chacun de piocher selon son envie :


Sashimi (thon, thon mi-cuit et mariné, chinchard), assortiment mariné (concombre, surimi, méduse, algue, crevette), soupe miso, riz, légumes salés.

L'ensemble est simple, de bon gout, sans recherche excessive et nous nous délectons de ces petites portions qui nous laissent l'estomac léger mais repu.

En résumé, une excellente adresse pour appréhender la cuisine traditionnelle japonaise (dite washoku).
François

Vins et Bijoux




Une étrange invitation a franchi la porte de notre boite aux lettres :

"Jean-Christophe, joaillier créateur et le Chateau Puypezat Rosette vous convient à une dégustation des millésimes de l'année et à la découverte de la dernière collection".







Nous connaissons bien Jean-Christophe pour avoir fait appel à ses services par le passé et la perspective de le revoir ainsi celle de découvrir un vignoble inconnu nous ont entrainés vers la rue des Capucines.








Les créations de JC sont magnifiques (allez voir la bague Satellite sur son site) . Quant aux vins du domaine, ils sont intéressants.


Nous avons dégusté trois bergeracs, un rosé et deux rouges, et deux rosettes, tous du millésime 2007 :


Bergerac rosé cuvée "Espiegle" : une belle couleur cerise, un nez fruité et une bouche bien équilibrée.

Bergerac rouge cuvée "Classic" : 50% merlot, 50% cabernet-franc. Bien équilibrée entre l'aromatique du merlot et la structure du cabernet.

Bergerac rouge cuvée "Insolence" : très bordelais dans le style, il mérite un peu de repos pour adoucir ses tanins.

Rosette cuvée "Séduction" : sauvignon, sémillon, muscadelle. Une bouche fruitée, légère, avec peu de sucrosité. Une petite douceur apéritive.

Rosette cuvée "Classic" : plus d'ampleur, 38g de sucre résiduel, assez proche dans le style avec un monbazillac.



François