Bienvenue

Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.

jeudi 7 mars 2013

Dorchester Angels : Drôles de Sommelières


Il était une fois trois superbes jeunes femmes qui rêvaient de faire dégustation commune. Mais on les avait cantonnées dans leurs établissements respectifs. Alors la Dorchester Collection les a réunies. Et depuis nous ne le regrettons pas car ce sont vraiment de drôles de sommelières.


A l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, Vanessa Cinti (45 Park Lane, Londres), Estelle Touzet (Le Meurice, Paris) et Alessandra Veronesi (Hotel Principe di Savoia, Milan) se sont réunies pour organiser à six mains non pas un apéritif œnologique, comparable aux Nocturnes du 228, mais trois, à Londres, Paris et Milan. Ce marathon de trois jours (consécutifs) permet de proposer aux dégustateurs les mêmes vins mais des bouchées différentes, préparées par le chef de chaque établissement.

A rencontre d'exception, lieu d'exception. Alors que nous nous attendons à être reçus dans un salon, nous sommes conduits jusqu'à un ascenseur qui nous dépose au 7ème étage, dans la Suite Belle Etoile du Meurice.

Si vous pensiez avoir un jour contemplé Paris d'en haut, depuis la Tour Eiffel, la Tour Montparnasse, le Sacré-Coeur ou les hauteurs du Mont Valérien, vous n'avez rien vu...



En effet, cette suite, située au faîte de l’hôtel, domine les toits environnants, offrant depuis sa large terrasse une vue extraordinaire (y'a pas d'autres mots) : sous nos yeux le Louvre et les Tuileries s'étalent jusqu'à la Concorde. La Tour Eiffel en majesté scintille (il est 19h). Le Musée d'Orsay et le Grand Palais commencent à s'illuminer. Derrière nous, le Sacré-Coeur. Un pas de côté et c'est la colonne Vendôme qui s'affiche devant l'Opéra Garnier. Nous n'avons jamais rien vu de pareil et c'est émerveillés que nous prenons le verre de l'amitié en compagnie des trois vedettes su jour.

Nous prenons donc l'apéritif avec le Reuilly La Raie 2011 de Claude et Nathalie Lafond. Un nez de sauvignon presqu'exotique. La bouche est sapide et aromatique (buis et exotique). Bien

Les choses sérieuses commencent avec les vins sélectionnés par Estelle.

Le premier vin est moyennement effervescent, avec un nez vif et sec de pomme granny/grillé. La bouche a des arômes de cidre et une légère note oxydative. Minéralité et acidité mordante. Le caractère Blanc de Blancs est bien là puisqu’il s’agit du BdB Les Vignes de Montgueux de Jacques Lassaigne. Bien

L’accord avec la bouchée Oursin/Crevette grillée/Shiso/Gelée citron-yuzu est quasiment évident et très équilibré : l’acidité du vin est tempérée tandis que l’aromatique du champagne prend le pas sur les notes iodées. Le mélange shiso-oursin fonctionne très bien, renforcé par le champagne.

La robe du second vin est dorée. Un nez « ciré », résiné, encore un peu floral qui prend du fruit à l’aération (framboise). La bouche oscille entre acidité et moelleux, ce qui me laisse à penser à un léger déséquilibre. La finale hydrocarbure me met sur la voie du Riesling. Ce millésime 2004 de la Cuvée Frédéric Emile du Domaine Trimbach donne l’impression qu’il est « entre deux », à la sortie de la jeunesse et pas encore à maturité, comme un ado qui aurait grandi trop vite. Bien -, à regoûter donc.

Une belle bouchée connue pour accompagner ce vin : le Tourteau percuté, huile d’olive comme un beurre blanc et chips d’algue. Divine comme toujours, son côté beurre blanc est renforcé par le vin. L’alliance algue + riesling, qui fait ressortir le côté hydrocarbure, est d’une très grande longueur en bouche.

Place aux vins (rouges) italiens, présentés par Alessandra.

Un nez profond et complexe, qui fait penser à un classique bordelais (?), fruit rouge (airelle) et truffe. La bouche est riche mais acide, un bel équilibre. Finale très aromatique : airelles, tabac, truffe/charbon de bois. C’est très beau et très surprenant car nous n’imaginions pas un vin de ce niveau dans l’appellation : Barbera d’Asti Pomorosso 2000 du domaine Coppo. Bien/Très Bien

Une Noisette d’agneau de lait aux herbes, boudin d’agneau au poivron, apparaît. La viande est fondante. L’association avec le vin donne des notes de tabac blond très plaisantes. Un accord gourmand.

Vin suivant. Un nez frais, fruits rouges (fraise, framboise), floral (immortelle, gardénia) et poudre de riz qui m’évoque un parfum de vieille dame (Sublime de Caron). La bouche est riche et fraîche avec une acidité aromatique (fraise, fraise des bois). Superbe équilibre en bouche avec une finale phénoménale et une longueur interminable. On ne sent absolument pas les 16,5° de cet Amarone della Valpolicella 2000 de Giuseppe Quintarelli. Excellent !

Une autre Noisette mais de chevreuil, plus puissante mais tout aussi fondante que l’agneau. L’accord est magique, les saveurs se prolongeant à l’infini…

Bien qu’étant physiquement à Londres, Vanessa Cinti officie au CUT, restaurant américain du 45 Park Lane. C’est donc tout naturellement qu’elle a sélectionné des vins rouges américains pour notre dégustation.

Le premier vin a un nez qui faisande, part vers l’étable, avec une touche de mûre. Une bouche fraîche et complexe, avec de l’acidité, du gras, des tannins fondus et de l’amertume en finale (bois de réglisse). Un pinot noir dont 25% est élevé dans des fûts neufs français. Un Pinot Noir 2010 sauvage, d’Antica Terra. Bien +

Sur le Foie Gras au vin de Chambertin, datte confite au citron, l’accord est parfait.

Le dernier vin a un nez profond : fumée/tabac, immortelle, guimauve, craie, fruits noirs (mûre, figue)… Une attaque puissante. La bouche est riche avec des tannins présents et une finale sucrée/shamallow. Belle longueur mais un peu d’astringence. C’est un assemblage de Cabernet Sauvignon (en majorité) et de Cabernet Franc 2007 de Viader Vineyard & Winery. Bien +

Le dessert, sobrement intitulé « Mon Chéri », est superbe. Chocolat et cerises forment un accord qui fonctionne toujours très bien. Chaque élément du dessert trouve son complément dans le vin : les tannins et le chocolat (qui fait cependant disparaître le fruit du vin), l’amertume et l’alcool des cerises. Accord extrêmement gourmand…

Pour finir sur une note de douceur, un « simple » Sorbet citron. Admirez le design, on croirait un vrai ! Sous une coque de chocolat « blanc », de la bergamote, de la menthe, du basilic et du citron. Délicieux et rafraîchissant.


Nous terminons la soirée sur la terrasse, sous les étoiles et les feux de la Ville-Lumière…

François

PS : un grand merci à Estelle pour avoir organisé cette soirée exceptionnelle. Merci également à Alessandra et Vanessa pour leur accueil, leur gentillesse et leurs vins.

mardi 5 mars 2013

Ledoyen, on y revient !


Il est des plats, des vins, qui, une fois goûtés, marquent à jamais vos souvenirs et votre palais tels une madeleine de Proust : la soupe d'artichaut de Guy Savoy, le millefeuille de champignon et foie gras de Pascal Barbot, le Saint-Pierre Retour des Indes d'Olivier Roellinger, le gargouillou de Michel Bras...

Souvenez-vous, fidèles lecteurs...
Septembre 2009, ma Comtesse me faisait l'immense plaisir de m'inviter chez Ledoyen. Depuis, le souvenir du toast d'anguille n'a cessé de me hanter. Quatre années plus tard, je prends prétexte de son anniversaire pour lui rendre la pareille et succomber à un désir égoïste...

J'avoue également qu'il n'est rien de mieux pour brouiller les pistes que de retourner par surprise dans un restaurant déjà visité par le passé. Et c'est donc surprise que ma Comtesse découvre l'endroit choisi par mes soins pour l'emmener déjeuner.

De nuit, la salle du Pavillon Ledoyen est un salon confortable, chaleureux, à l'ambiance relaxante. De jour, elle prend l'aspect d'une verrière qui offre aux regards les Champs-Elysées et le Petit Palais.

Nous entamons les agréables hostilités avec deux beaux champagnes, rarement proposés au verre : la Cuvée Louis de Benoit Tarlant (assemblage 1996/97/98) et le Clos des Goisses 2003 de Philipponnat. Ils jouent sur deux registres opposés, la vivacité pour le premier et la complexité pour le second.
Pour les accompagner pendant la (longue !) sélection du menu et du(des) vin(s), nous avons droit à quelques bouchées apéritives :


Pains à la chapelure de truffe et eau de truffe, Câpres frites à l'orange, Bulles eau de gingembre et Campari, Croustillants végétaux, Tuiles au raifort, Tuiles à l'encre et crevette

Chacune est un petit miracle de gout, éveille nos papilles et les met en joie.

Mise en bouche : Purée de céleri et cacao

Oursins de roche au goût Iodé/Végétal

L'entrée de la Comtesse est de toute beauté et le goût -les goûts- ne sont pas en reste. D'un côté (à gauche), la coque (naturelle) renferme, outre des langues d'oursins, un guacamole très doux relevé par une gelée de corail. De l'autre (à droite), une coque en porcelaine sert d'écrin à d'autres langues d'oursins dans un bouillon chaud surmontée d'une écume iodée.
Les saveurs sont franches et bien marquées.






Mon entrée se découvre en avant/après : une fois la mousse de blanc ouverte, le Soufflé d'oeuf fermier truffé laisse couler le jaune sur la sauce truffée. L'écume truffée dissimule un morceau de pain truffé identique à la mouillette qui se cache au second plan du plat. Une fois de plus, l'accord oeuf/truffe fonctionne parfaitement et le blanc soufflé lui apporte une légèreté bienvenue.

Mais quel est donc le vin qui va nous permettre de concilier saveurs iodées, terriennes et marines, soit les différents composants de notre menu ? La cave de Ledoyen regorge de belles bouteilles plutôt raisonnablement tarifées . Mais, anniversaire oblige, l'heure n'est pas à la rigueur budgétaire. Aussi, nous nous faisons plaisir avec Le Châteauneuf-du-Pape blanc Vieilles Vignes 2010 du Château de Beaucastel. Un nez d'abricot/fleur de pêcher. La bouche est magnifique, à la fois cristalline et enveloppante. Une grande pureté et une grande longueur avec un soupçon d'amertume en finale qui fait penser à la verdeur d'une huile d'olive. La Roussanne en majesté...

Saveurs marines disais-je. Mais pas seulement...

Gratin de sole rehaussé de câpres/citron

Ou comment moderniser/transcender un classique de la cuisine française. A la vue d'abord. Les morceaux du poisson (qu'on imagine d'un fort beau gabarit) sont surmontés d'un assemblage qui passerait inaperçu s'il n'était d'une justesse de goût qui frise le perfectionnisme : croquant du toast à l'encre, acidité du pamplemousse, sel de la câpre et arôme du thym citron. Au centre de l'assiette, les grains de citron caviar et les artichauts poivrade dissimulent des coques. Et que dire de la sauce, entre beurre blanc et fumet de coquillages...

Et notre caprice, me direz-vous ? Fort de ses saveurs puissantes, il occupe la dernière place du menu. Mais peut-être s'agit-il de la première marche du podium...


Le Toast brûlé d'anguille, réduction de jus de raisin
est toujours d'une beauté et d'une sobriété saisissantes. En bouche, le grillé/brûlé du toast, le moelleux de l'anguille et l'amertume de la sauce au vin se mélangent pour composer un accord puissant. Toutes aussi puissantes sont les réactions : on n'aime pas ou on adore. Et nous adorons ! Et comme s'il fallait encore accentuer les saveurs, le cube de pomme de terre renferme une sauce au raifort.


Malgré toutes ses qualités, le Châteauneuf n'est pas de taille à rivaliser avec l'anguille. C'est pourquoi Vincent Javaux, le Chef Sommelier, nous propose un verre de Collioure Quadratur 2008 du Domaine Coume Del Mas. Un nez profond, légèrement animal. Une très belle bouche harmonieuse et homogène. Un très bel assemblage de grenache, mourvèdre et carignan.

Les amateurs de fromages ne seront pas en reste car le chariot, sans être pléthorique, est fort bien pourvu et toute résistance est inutile : Comté, Beaufort, Mimolette, Brie de Meaux, Epoisses, Mont d'Or, Rigotte de Condrieu... N'en jetez plus, l'assiette est pleine !






Quelques pré-desserts, histoire de préparer le palais au sucre ? (De bas en haut) Billes pomme/marjolaine, Ananas rôti/mousse pina colada, Macarons pistache, Mousse passion/sablé breton







Ma Comtesse, toujours aventureuse, choisit un dessert au nom mystérieux : Glaces aux trois parfums : Marin, Végétal et Laitier.


La glace marine est à la dulce confite, l'ensemble a une saveur très japonisante. la glace laitière est au... lait! Quant à la glace végétale... une soudaine et mystérieuse perte de mémoire semble nous affecter et nous empêche de vous en dire plus à son sujet.


Le Crumble acidulé en fouetté de chocolat blanc est très plaisant car tout en légèreté et peu sucré.

Nous pensions en avoir terminé mais... surgissent les surprises.


La première, le Croustillant de pamplemousse cuit et cru, aimablement offert par Frédéric Pedrono, le Maître d'Hotel. Sucre croustillant au basilic, sorbet pamplemousse, pamplemousse cru et pamplemousse confit. Rien que du très très bon.

La seconde nous est proposée par Vincent Javaux : un Pineau des Charentes 1995 du Château de Beaulon. Une robe dorée/ambrée. Un nez de vieux cognac et cire d'abeille. Une belle liqueur en bouche qui m'évoque les vieux layons et les vieux cognacs. J'ai du mal à qualifier cet extra-terrestre car il ne ressemble à aucun Pineau que nous avons pu goûter jusqu'alors. Seuls les mots excellent et exceptionnel me viennent à l'esprit.

La fête ne serait pas complète sans la touche bretonne du Chef Le Squer, un Kouign-Aman au feuilleté léger et terriblement addictif...

Aurais-je besoin d'ajouter quelque chose pour vous convaincre de rendre visite à Ledoyen ?


François

mardi 5 février 2013

Parce que je le Delesvaux bien...


Après une bonne journée de dégustation à Angers, nous traversons la Loire, direction Saint-Aubin-de-Luigné, pour nous rendre chez Philippe Delesvaux, le roi des grands Layons.

Je suis bien grandiloquent, me direz-vous... Lisez plutôt ce compte-rendu, dégustez et faites-vous votre idée.

Anjou blanc Feuille d'Or 2011
Un nez très expressif de miel. Une bouche élégante, très aromatique (pomme, poire), avec un équilibre de presque demi-sec.

Anjou blanc Authentique 2010
Un nez de poire, poivré, peau de pêche. La bouche est aromatique, plus confite que Feuille d'Or, avec de la longueur. On est toujours plus près d'un demi-sec que d'un sec, et pour cause : 25g de sucre résiduel, qu'on ne sent pas gràce à une grosse acidité. Mais tout cela est parfaitement homogène.

Coteaux du Layon Saint-Aubin 2011
100% passerillé, 80g de SR. Un nez de fleurs de pommier, pêche. La bouche est minérale, grillée et très longue.

Coteaux du Layon Saint-Aubin Les Clos 2011
50% passerillé, 50% botrytisé, 130g de SR. Un nez de truffe/propre. Une bouche riche et élégante. Bel équilibre et grande longueur avec de la minéralité en finale.

Coteaux du Layon Saint-Aubin Grains Nobles 2010
100% botrytis. Une attaque souple, puis un épanouissement sur la liqueur. La bouche est plus aromatique que structurée. Grosse acidité, très grande longueur et une amertume grillée en finale.

Coteaux du Layon Saint-Aubin Grains Nobles 1995
Un nez très pur, très propre, miel d'arbousier. La bouche est réglissée/caramel, rhum vanillé, café, ananas, rhum-raisin. Très très grande longueur. On garde une bouche fraîche.

Coteaux du Layon Saint-Aubin Grains Nobles 1996
Un nez plus discret que le 95 mais assez pur. La bouche est réglissée (bois/zan) avec un épanouissement lent en bouche. Plus discret que le 95 mais l'épanouissement en finale est très long sur une minéralité tourbée.

Coteaux du Layon Saint-Aubin Grains Nobles 1997
Un nez de caramel au beurre salé. La bouche est abricotée, puissante, avec une grosse concentration (212g de SR) mais aussi beaucoup d'acidité. Finale sur l'"alcool".

Coteaux du Layon Saint-Aubin Anthologie 2010
100% botrytis, 360g de SR. Un nez d'alcool de pomme/poire. La bouche, toute en concentration, est nappante, presque tannique. Pomme au four, miel, miel de raisin.

Coteaux du Layon Saint-Aubin Carbonifera 1997
380g de SR. Un nez d'agrume tourbé. En bouche, mèche de bougie, marmelade d'orange très confite, iode. Bouche très enveloppante. Longueur sur la mandarine, puis le champignon.

Coteaux du Layon Saint-Aubin Anthologie 1995
400g de SR. Un nez de caramel. Bouche très nappante d'ananas, rhum, vanille, orange, avec plus d'acidité et plus d'équilibre que le SGN.

Coteaux du Layon Saint-Aubin Anthologie 1996
Bouche concentrée sur la la longueur. Sur la retenue, encore en devenir. Acidité en finale.

Coteaux du Layon Saint-Aubin Anthologie 1997
Nez de miel de chataignier. Bouche très nappante, très tourbée, minérale, caramel salé.

Aucune note car le plafond de l'échelle de notation est largement dépassé. Si chaque vin apporte sa propre expression, le plaisir est toujours présent. Je vous souhaite de faire la même dégustation.



François

lundi 4 février 2013

Au Salon des Vins de Loire (2/2)


Suite et fin de notre visite au Salon des Vins de Loire d'Angers.

Après les Chenin, Sauvignon et Romorantin, place au Cabernet Franc.

Domaine Pierre Sourdais (Cravant-les-Coteaux) :

Chinon Tradition 2012
Un nez expressif de fruits, légèrement cuir. La bouche est fraîche et sapide avec des tannins présents en finale. Long sur la fraise.

Chinon Réserve Stanislas 2012
Nez fermé et profond. Bouche pleine et tannique. Sapide.

Chinon Les Rosiers 2011
Petite réduction au nez, le fruit apparaît à l'aération. La bouche est légère mais tannique. Joli vin de soif.

Chinon Tradition 2011
Un nez de fruits mûrs. La bouche est puissante avec des tannins très présents, bien en place.

Chinon Réserve Stanislas 2011
Le nez poivronne (piment) doucement. La bouche est riche, fortement tannique. Beau fruit et belle maturité.

Chinon Les Boulais 2011
Nez élégant. Attaque souple, la masse tannique arrive ensuite. La bouche est très fuitée, avec encore une grosse maturité.

Chinon Réserve Stanislas 2010
Tannins puissants mais avec du fruit et de l'élégance.

Chinon Les Boulais 2010
Un nez de fruit. Bouche puissante mais plus homogène que 2011. Tannins mûrs.

Chinon Les Boulais 2009
Tannins un peu plus secs que ceux de 2010. La bouche est également plus en retrait.

Les amateurs de vins puissants seront comblés par cette belle gamme de Chinons. Les autres patienteront en attendant que les tannins s'assagissent...


Autre région, autre cépage. Petite visite au Domaine de la Charrière, chez Joël Gigou à la Chartre-sur-le-Loir :


Coteaux du Loir Pineau d'Aunis 2010
Un nez typique : épice, poivre, chien mouillé (sic). La bouche est légère, poivrée, terre et fumée en fin de bouche.

Coteaux du Loir Pineau d'Aunis 2011
Un nez de fruits rouges. La bouche est légère, légèrement plus tannique que 2010. Toujours ce coté aromatique poivre et terre.

Coteaux du Loir L'Ancètre 2011
Bouche fruitée, un peu perlante. Plus structurée que le précédent, plus de profondeur et de longueur.

Coteaux du Loir Cuvée Gigou't (gamay) 2008
Un nez peu expressif. La bouche est fluide, avec peu de caractère. Bof...

Vin de Pays de la Loire La Bulle Sarthoise
Une bouche aromatique de fruits rouges. La bulle est un peu grossière mais plaisante.

Toujours beaucoup de plaisir à déguster du Pineau d'Aunis de cette qualité


Domaine de la Lande (Bourgueil) :

Bourgueil Cuvée Domaine 2011
Un nez de fruits rouges très mûrs. La bouche est gouleyante, gourmande, avec des tannins présents. Une belle maturité de raisins.

Bourgueil Cuvée Les Graviers 2011
La bouche a plus de profondeur que la Cuvée Domaine, avec des tannins policés.

Bourgueil Cuvée des Pins 2010
Un nez chaud. La bouche est puissante, aux tannins présents, mais elle manque un peu d'élégance.

Bourgueil Cuvée Prestige 2010
Plus de tannins que la cuvée précédente, mais plus de souplesse, plus de fruits et de velouté. Plus d'harmonie et d'équilibre.

Bourgueil Cuvée Prestige 2009
Un nez complexe. La bouche est veloutée malgré des tannins très présents. Un léger manque d'équilibre ?

Bourgueil Clos Barrot 2005
Un très bel équilibre. De la maturité et des tannins présents. Belle longueur, légèrement cacaotée.

Des vins plaisants, belle découverte.


Après tous ces tannins, une petite dose de sucre est la bienvenue...

Petite visite obligée au Domaine Cady (Saint-Aubin-de-Luigné) :

Cabernet d'Anjou 2012
Une petite gourmandise de fruits. Très belle longueur avec un petit côté carbonifère en finale.

Coteaux du Layon 2012
Petite structure un peu diluée.

Coteaux du Layon Saint Aubin 2012
Belle bouche aromatique (poire) mais peu de structure.

Disons-le tout de suite, 2012 est une année sinistrée. Pas de Varennes, pas de Chaume.

Coteaux du Layon Saint Aubin Les Varennes 2011
Une bouche riche, ananas confit, et le côté minéral des Varennes.


Coteaux du Layon Chaume 2011
Bouche très confite : abricot, pêche, confiture d'abricot. Bouche enveloppante avec la finale "rêche" du Chenin.

De beaux vins. Certains diront que je suis partial...


Château de Brézé (Brézé) :

Coteaux de Saumur Clos Bonnenouvelle 2011
Un nez fin et élégant. La bouche est minérale et fraîche. Équilibre de demi-sec.

Coteaux de Saumur Or de Brézé 2009
Un nez de dragée. Une bouche encore marquée par l'élevage , avec un équilibre de 3/4 doux. Très amande en bouche.

Coteaux de Saumur Valboisière 2009 (Domaine de Saint-Just)
Un nez fin de botrytis. La bouche est riche mais qui garde de l'acidité en finale.

Courte mais très belle dégustation. Que dire à part "waow"...


Pour finir en beauté, nous passons par le stand de Moulin Touchais, à Doué-la-Fontaine, pour goûter quelques vieux millésimes :

Coteaux du Layon 2003
Une bouche d'amande/praline. Bel équilibre acide/sucre.

Coteaux du Layon 2002
La bouche est moins riche que 2003, avec plus d'amertume et de vivacité. Dragée en finale.

Coteaux du Layon 1994
Un nez de vieux Chenin, brûlé. Une bouche vive, de Chenin terrien.

Coteaux du Layon 1983
Une bouche harmonieuse, équilibrée, longue... Superbe !

De très beaux vins. Quel plaisir de pouvoir goûter des vieux Chenins de cette qualité.


François

Au Salon des Vins de Loire (1/2)


Tous les ans, le Salon des Vins de Loire d'Angers réunit toutes les appellations ligériennes, du Muscadet aux Côtes Roannaises.
Les plus aguerris profiteront des trois jours de salon. Pour notre part, une journée suffit à faire quelques découvertes.

Domaine du Carrou (Bué) :

Sancerre 2012 tiré sur fût
Une robe violacée. Au nez, une explosion de fruit. Une bouche de fin pinot, plutôt gourmande.

Sancerre 2011
Une robe éclaircie, cerise. Un nez joliment fruité, caillouté. La bouche est fraîche, fine, élégante.

Sancerre 2010
Une robe claire mais plus profonde que celle du 2011. Le nez est plus fermé (pamplemousse rose). La bouche est complète, acidité, rondeur, tannins.

Sancerre 2009
La robe commence à évoluer. Un nez léger de gibier à poil. La bouche est plus tannique que celle du 2010 mais elle manque un peu de structure. Finale en amertume.

Sancerre La Jouline 2012
Une robe violette. Un nez beurré, fruité (mûre), profond. La bouche est réglissée, ample et riche, tannique. Belle acidité en finale. Y'a tout, reste à équilibrer.

Sancerre La Jouline 2011
Très beau nez fruité. Bouche fraiche et gourmande, longue.

Sancerre La Jouline 2010
Un nez fin, discret. Une attaque acide, une bouche élégante sur une structure fine.

Sancerre 2012
Un nez très expressif de sauvignon mûr : agrumes exotiques, mangue, goyave. Une attaque souple, une grosse acidité en s'épanouissant. La bouche a besoin de s'harmoniser.

Sancerre Chêne Marchand 2012
Un nez de sauvignon mais moins exotique (pamplemousse chinois). Attaque acide plus acidité mais bien modérée. Citron/pamplemousse, bourgeon de cyprès.

Sancerre La Jouline 2012
Un nez exotique, melon. L'attaque est souple, plus de rondeur mais bien soutenue en acidité.

Sancerre 2011
Un nez de sauvignon/grillé noisette. La bouche est plutôt équilibrée.

Sancerre Chêne Marchand 2011
Le nez est fermé. La bouche est très ronde avec une finale amère/truffe. Notre ami Bobosse, familier de cette cuvée, ne la reconnait pas vraiment. Aussitôt dit, une autre bouteille est ouverte. Et là, ça va mieux, le bouche est plus nette, plus droite.

Une très jolie gamme, homogène, loin des pinots dilués et des jus de buis.


Ma comtesse, grande amatrice de cépages originaux, nous conduit au Domaine de la Plante d'Or à Cheverny pour goûter quelques cuvées de Romorantin.


Cour-Cheverny Fleur de Lis 2007
Un nez floral et expressif. Une bouche d'oxydation légère, plutôt longue.

Cour-Cheverny Fleur de Lis 2010
Un nez de graine de pollen. La bouche est fraîche, florale, avec une trame crayeuse. Très vin de soif.

Cour-Cheverny Salamandre 2010
Un nez plus minéral, grillé. La bouche est plus vive, plus minérale, plus fraîche et plus nette.

Cour-Cheverny Salamandre 2007
La bouche est plus pollen, lactée, avec une note d'oxydation.

Cour-Cheverny Salamandre 2009
Un nez minéral. La bouche est verrouillée, avec une belle matière. Alcool de poire en nez et en bouche. Très bien mais à attendre.


Retour chez Vincent Ricard, le sympathique producteur de Thésée-La-Romaine.

Touraine Le Petiot 2012
Un sauvignon fin et exotique, petit vin de soif.

Touraine Les Trois Chênes 2011
Un nez de poire William, beurré, explosif. La bouche est très mûre, très aromatique, très longue.

Touraine Les Trois Chênes 2012
Le nez est fermé. La bouche est très mûre, riche et plus vive que celle de 2011. Poire et mangue. Longue.

Vin de France Muscat à petits grains 2012
Issu d'une ancienne parcelle d'essai de l'INAO. Le nez est fermé. La bouche a un équilibre de demi-sec (7g de sucre résiduel), acide avec une pointe sucrée. Le muscat se dévoile en finale sur une grande longueur. Plutôt exotique pour la région et très gourmand.

Touraine ? 2011
Mis en bouteille trois semaines auparavant, le vin reste à s'homogénéiser. La bouche est grillée et végétale. A revoir dans quelque temps.

Vin de France Gamay moelleux 2011
Vinifié en blanc, le vin arbore une légère teinte rosée. On croirait croquer le raisin frais pendant les vendanges. 25g de sucre résiduel.

Touraine cuvée Armand 2011
Trois semaines de mise en bouteille. Sublime nez exotique (mangue, goyave et frangipane). La bouche est presqu'équilibrée et élégante. Poire et amande. La bouche est longue.

Comme d'habitude, du très beau sauvignon de Touraine. Un incontournable de la région.


Michel Redde et Fils :

Pouilly-sur-Loire Gustave Daudin 2008
Bouche vive et minérale, un peu végétale.

Pouilly-Fumé Petit Fumé 2012
Un nez expressif, acidulé. La bouche est fraîche, acidulée. Un vin gourmand.

Pouilly-Fumé La Moynerie 2011
Un nez de pêche. La bouche est complexe. Y'a de tout : acidité, minéralité, amertume. Très long. Beau vin.

On aborde les cuvées de terroirs sur le millésime 2009 :

Pouilly-Fumé Les Cornets, sur marnes kimméridgiennes de Pouilly
Un nez fin de poire. La bouche est équilibrée, plutôt en rondeur.

Pouilly-Fumé Les Champs des Billons, sur calcaires portlandiens de Tracy
Un nez légèrement fromager. La bouche est vive et puissante, avec une finale exotique.

Pouilly-Fumé Les Bois de Saint-Andelin, sur silex rouges albiens
Le nez est fermé, floral(fleur de pêcher). La bouche est puissante. A attendre.

Pouilly-Fumé Majorum 2009
Un nez expressif et fin. La bouche est élégante malgré la puissance. Rondeur et minéralité.

Une valeur sûre de l'appellation. J'ai beaucoup apprécié leurs cuvées de terroirs.


Visite obligatoire chez nos amies du Domaine aux Moines (Savennières) :

Savennières-Roche-Aux-Moines 2011
Il sera mis en bouteille le 15 mars prochain. Le nez est miellé, fleur d'acacia. La bouche est riche, avec une belle minéralité et de l'ampleur. Tout est là. Très Bien.

Savennières-Roche-Aux-Moines Les Moines 2010
24 mois d'élevage. Un nez d'alcool de poire. La bouche est riche, grillée, harmonieuse et élégante. C'est un très beau vin. La question est de savoir l'attendre...

Bien que nous le fréquentions et l'apprécions depuis plusieurs années, le Domaine arrive encore à nous surprendre.


A suivre...

François


mardi 1 janvier 2013

2013, année de la...


2012 s'achève, 2013 s'éveille...

Livrons-nous, à l'instar d'un de nos amis picologues, à un petit jeu spéculatif :

2013, année de la Fraise : espérons que nous nous régalerons de ces fruits délicieux...

2013, année de la Braise : barbecues festifs ou soirées au coin du feu...

2013, année de la Chaise : y'a peut-être une idée à creuser...

2013, année de la Crème Anglaise...

Et puis rendons à César... :
2013, année de la Bèze : vive la Bourgogne !!

Gwenola et moi vous souhaitons, fidèles lecteurs, une très bonne et heureuse année 2013.

Gwenola & François

vendredi 21 décembre 2012

Ar Men Du


Si vos pas vous mènent jusqu’à Pont-Aven, continuez jusqu’à la côte par le bourg de Nevez. Sur la pointe, au bout de la plage de Raguenez, à laquelle on accède par la rue des Iles, se trouve l’Ar Men Du. Ce « rocher noir » offre aux visiteurs une vue à 270° sur la mer et les côtes qui s’étendent de part et d’autre. Il abrite également un hôtel-restaurant des plus agréables pour qui cherche la solitude en cette période hivernale.

La tempête qui sévit, annonciatrice de la fin du monde, nous empêche de faire une promenade vespérale. Qu’à cela ne tienne, nous nous consolerons avec le menu de notre dernier repas intitulé « Au détour du Chemin des Douaniers ».


En accompagnement de notre apéritif, des Allumettes au pavot, des Tartelettes aux échalotes confites et des Croques thon-tapenade.

A suivre, Deux Mises en bouche surprise, selon le marché de Patrick Le Guen :


Croquette de brandade de cabillaud, Crème d’Asperge, écume potiron et Gelée de betterave/orange, pointe de wasabi.

Oui, il y en a y trois mais qui ne constituent que la première mise en bouche.


Bouillon de coquillages à la citronnelle. Crevette, Saint-Jacques, moule, coque, huître et un fantastique bouillon parfumé. Dommage qu’il y en ait si peu, j’en prendrais des litres !


Pour ce menu très marin, nous faisons aussi local que possible dans le choix des vins. Tout d'abord, le Chinon blanc "Les Chanteaux" 2011 de Couly-Dutheil. Je le trouve plus vif qu'à l'ordinaire.


Tartare de Bar de ligne minute et ses 5 saveurs. Les 5 saveurs en question sont la crème aux huîtres Gillardeau, le tartare de langoustine, les œufs de hareng, les œufs de saumon et le zeste de citron vert. Un plat très ludique où le jeu consiste à associer deux, trois ou quatre saveurs pour découvrir les accords plus ou moins réussis. Dans l’ensemble, ça marche. Le bar est d’une grande fraîcheur et offre un support idéal à l’iode, au sel et à l’acidité des autres éléments.


Le Mi cuit de langoustines en feuille de laitue de mer et son jus crémé, parfait de Foie Gras joue dans un autre registre. Les goûts sont puissants, un peu trop peut-être...



Mes beaux-parents ayant une préférence pour le vin rouge, le choix s'est porté sur le Saumur-Champigny 2009 du Château de Targé. C'est un cabernet tout en fruit qui se montre frais et léger. Une belle surprise.


Barbue de petit bateau dorée au sautoir, croustillant blé noir, jambon de pays et comté "extra vieux". Poisson et galette jambon/fromage, les deux mamelles de la bretonitude...
L'extrême fraîcheur de la barbue adoucit la puissance terrienne du croustillant. C'est un régal.











Le plateau de fromages est plutôt appétissant mais nous préférons faire l'impasse.


Tarte caramel et morille, crème glacée à la truffe. Pour mon gout, c'est le point faible du menu malgré son intitulé intéressant. La tarte caramel est bonne, ainsi que la glace à la truffe. En revanche, la crème de morille n'a pas le gout attendu.


Crêpe dentelle au chocolat, crémeux chocolat et mousse basilic, coulis de mangue. Superbe association de textures et de saveurs : le croustillant du tube, le moelleux de la gelée mangue/basilic, le sucre de la mangue rôtie et du coulis équilibré par l'acidité du basilic.

Vous l'aurez peut-être compris, tous les ingrédients sont réunis dans cette pointe rocheuse du Sud-Finistère pour passer d'excellents moments : une situation exceptionnelle, un calme rare, une table goûteuse, inventive sans être extravagante et une cave bien constituée.

François