Bienvenue

Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.

vendredi 3 juillet 2009

Le Cinq, encore et toujours...


...ou comment une grignote d'après-soldes se termine en apothéose gastronomique.

19h, avenue Pierre Premier de Serbie. La boutique Léonard ferme. Sur le trottoir, nous nous interrogeons. Rentrer ? Grignoter quelque chose ?

Pourquoi se poser la question, nous direz-vous ? Vous n’avez pas tort. Comment résister à l’appel de l’estomac quand, à deux pas, se trouve notre cantine de luxe ?

Comme souvent, nos plans de départ, toujours raisonnables, se retrouvent contrariés et déformés pour notre plus grand plaisir. Nous entrons au George V pour un plat sur le pouce dans le patio. Las, celui-ci étant complet, nous nous rabattons sur la Galerie. Pas de table disponible dans l’immédiat mais deux places au bar pour patienter nous tendent les bras. Mais alors que nous nous y dirigeons, ma Comtesse lance ingénument (goûtez l’ironie de la formule) « Et au Cinq ? ». Voici donc comment, un coup de fil plus tard, nous entrons dans le restaurant gastronomique de l’hôtel.

Eté oblige, la carte s’accompagne de deux menus de saison : le premier orienté vers les fruits de mer et le second qui fait la part belle aux produits du moment. Ce dernier, très alléchant, emporte la décision.

Le sommelier arrive et nous entamons une discussion animée sur le thème « bouteille ou sélection au verre ». La dite sélection s’impose lorsque Eric Beaumard, directeur du restaurant et vice-meilleur sommelier du monde décide de s’occuper de nous (à notre grand plaisir).

Avant d’énumérer les plats, je prie nos fidèles lecteurs de bien vouloir nous excuser à l’avance de l’absence d’illustrations photographiques de ce dîner mémorable. L’impromptu de la situation vous prive d’un précieux compte-rendu visuel. Sachez cependant que ce n’est que partie remise et que nous ferons amende honorable de la meilleure des façons, c’est-à-dire en retournant sur les lieux de notre forfait gastronomique.

Nous entamons donc le menu par les Tomates de Provence en millefeuille aux crevettes Obsiblue, sorbet tomate, brioche feuilletée citron/romarin. Le plat se présente sous la forme d’un cube composé d’une alternance de chair de tomate ferme et de crevette crue moelleuse. Le sorbet tomate est relevé au vinaigre balsamique. La brioche, servie à part encore tiède, est une petite merveille de légèreté et de finesse de saveur.
Accompagné par un Savennières Roche aux Moines 2006 étonnant du Domaine F.L.

Nous continuons par le Foie gras de canard des Landes rôti au poivre noir Sarawak, rhubarbe étuvée, fraises Mara des Bois au jus de sureau. Cuisson parfaite, un accord sucré/acide/salé qui fonctionne parfaitement et donne une impression de fraicheur onctueuse. Un très beau plat que nous n’attaquons pas immédiatement car, à notre surprise et celle des convives attablés alentours, le sommelier apporte des verres noirs… Au nez, le vin mystère me fait penser à un cépage rouge cueilli en surmaturité pour obtenir un vin naturellement doux, à l’image du grenache du Château Les Fenals. L’idée est bonne mais pas la provenance puisqu’il s’agit d’un Aleatico del Salento 2007 de la Tenuta di San Marzano. C’est doux sans être sucré et le compagnon idéal des fruits rouges.

Nouvelle surprise : alors que nous attendons nos plats principaux, nous voyons se poser une petite réglette au contenu familier : tartare d’ormeaux et coques d’un coté, bouillon de poule à la citronnelle de l’autre. L’explication arrive avec l’assiette qui l’accompagne. Eric Briffard, le chef des cuisines que l’on voit souvent posté au seuil de la salle, a remarqué nos yeux levés au ciel en signe d’extase et à décidé de nous offrir un de ses plats signatures. De son propre aveu, il aime les gens qui apprécient sa cuisine. Et nous sommes bon public !
Nous avons déjà évoqué ces ormeaux dans une publication antérieure. Rappelons seulement qu’ils sont toujours aussi fins et délicieux.
Seule ombre au tableau, Eric Beaumard dont la mise en place des vins est totalement chamboulée par cet extra imprévu, râle pour la forme en nous apportant un verre de Puligny-Montrachet du Domaine Carillon.

Ma Comtesse poursuit par un Omble Chevalier de source « des Plans », meunière aux herbes potagères, étuvée aux girolles/bigorneaux/bergamote. Une très belle préparation, dénuée d’arêtes ce qui la rend encore plus appréciable.
Pour ma part, il s’agit d’un Lapereau du Poitou accompagné de ratatouille et tapenade.
Coté vins, ma Comtesse hérite d’un autre verre de vin blanc. Nous sommes toujours aussi perplexes qu’auparavant. Plantage total puisqu’il s’agit du même Puligny. Honte à nous…
Double honte car je suis incapable de reconnaitre le pinot noir du Savigny les Beaune du Domaine Marconnet. Il faut revoir nos gammes de toute urgence !

Il en faut néanmoins plus pour nous empêcher d’apprécier le dessert, un Fraisier minute façon GV et crème glacée à la pistache. Ce dessert allie fraicheur et légèreté, bienvenues après de telles agapes, terminées en beauté avec le Jurançon Marie Kattalin 2005 du Domaine de Souch.

Que dire de plus ? Que les deux Eric, Beaumard et Briffard, font un travail remarquable que nous espérons voir couronner en février prochain (Monsieur Narret, si vous nous lisez…) et qu’il nous tarde de les rencontrer à nouveau pour d’autres expériences gastronomiques.

François

mercredi 1 juillet 2009

Une soirée très hot !


Toutes les raisons sont bonnes pour nous retrouver autour de quelques bouteilles, y compris lorsqu’il fait 40° au resto. Autant dire que, dans ces conditions, les vins ne se goûtaient pas très bien. Néanmoins nous avons bien rigolé et j’espère que notre star du jour (Camille) s’est bien amusée.

Les vins blancs :
Pouilly Vinzelles, "Les Quarts" 2004, Domaine de la Soufrandière :
Nez d’agrumes un peu poussiéreux et toasté.
En bouche, il est assez court. Assez bien.

Puligny-Montrachet Premier Cru les Folatières 2004, Domaine René Monnier :
Nez de citron et d’acacia. Il est minéral avec des notes d’amande grillée, mais il manque de profondeur pour un premier cru. Assez bien.

Arbois-Pupillin 1985, Domaine de la Pinte (100 % chardonnay) :
Rien qu’au nez, il est typé vin jaune avec sa note oxydative sur la noix. Ce n’est pas mon « truc ». Mais comme c'est l'année de naissance de notre star du jour, il fallait marquer le coup !

Riesling Grand Cru Ollwiller 2000, Château d'Ollwiller :
Vin sponsorisé par Shell, Total, Fina & Co. En bouche il développe un beau fruité et la note de pétrole est moins imposante qu’au nez. Bien-.

Les vins rouges :
Saumur Champigny, Le Grand Clos 2003, Château de Villeneuve :
Il développe des notes fruitées (cassis, groseille), animales et épicées (muscade). En bouche, il est assez confituré et poivron cuit.

Fixin Premier Cru Clos Napoléon Monopole 2003, Domaine Pierre Gelin :
Un nez assez flatteur de pinot noir avec du cassis, un peu animal et un fin épicé de graine de moutarde. En bouche, il est plus austère avec une finale sur la confiture de groseille et la fleur de sureau. Très Bien.

Coteaux du Languedoc, Domaine de Montcalmes rouge 2005 (60 % syrah, 20 % grenache, 20 % mourvèdre) :
Un nez très fruité avec du cassis, de la fraise et de la framboise. En bouche des notes sudistes, olive et figue, apparaissent. Très Bien.

Coteaux du Languedoc, Mas Jullien 1999 (40 % syrah, 30 % mourvèdre, 20 % carignan, 20 % grenache) :
Un nez bordelais avec quelques notes de fauves. Assez austère à l’attaque, il s’assouplit à l’évolution. En fin de bouche, j’ai une sensation d’un vin un peu passé.

Vin de Pays des Bouches du Rhône, Domaine de Trevallon rouge 1999 :
Un nez de truffe, un peu anisé avec des notes de fruits noirs (cassis, figue).
Son côté sudiste est accentué en bouche par des arômes de tapenade. Ses tanins sont veloutés et élégants. Bien +.

Chambolle-Musigny Premier Cru les Fuées 1995, Domaine J-F Mugnier :
Un nez de framboise quasi-chimique (frambinone). En bouche, il a des notes évoluées de viande avec un beau fruité. Il est à la fois élégant et puissant. Très Bien –.

Clos des Lambrays Grand Cru 1999, domaine Taupenot-Merme :
A ne pas confondre avec le Clos des Lambrays du domaine du même nom. Au nez il est animal, limite eau croupie. En bouche, il est assez acide avec une finale brûlante (chaptalisation excessive ?!?). Bof !

Deux douceurs pour terminer :
Jurançon moelleux, Clos Uroulat 2000, Charles Hours :
Un nez de vin botrytisé avec des notes d’abricots et de poires séchées, d’ananas et d’angélique confite. En bouche, il présente un très bel équilibre entre le sucre, l’alcool et amertume. Très Bien.

Vouvray moelleux, Le Mont Première Trie 1996, Domaine Huet :
Un nez poussiéreux. En bouche, il ne lui reste déjà plus de sucre. Il est donc assez acide et alcooleux. Déception pour ce vin.

Quelques photos sur le blog de Zeff : http://zeff-vins.over-blog.fr/article-33395569.html

Juste une petite remarque sur les photos : outre la bouteille et le biiiiip, la demoiselle a également eu droit à un forfait zen en institut de beauté (nettement moins photogénique selon l’ami Zeff !?!)

Gwenola

vendredi 26 juin 2009

Victor



Une rue calme dans Paris, un restaurant sympathique qui propose de bons petits plats et des grands crus au verre.

Victor, rue de Lauriston (Paris 16) est rapidement devenu un repère/repaire des amateurs de vins. Une belle carte, des grands crus servis au verre et, le premier lundi du mois, des bouteilles à prix coûtant.




En cette fin de juin, il fait chaud à Paris. Nous misons donc sur la fraîcheur d’un Mâcon Village 2007 des Héritiers du Comte Lafon pour nous désaltérer.
Un vin avec des notes de fruits mûrs (coing), d’immortelle et de brioche toastée.
En bouche il développe des notes d’agrumes avec un équilibre sur la richesse et l’acidité.

















Pour accompagner le Mâcon, mon Astre choisit la roquette comme fil conducteur en commençant par une salade de pointes d’asperges blanches, petits pois et roquette en entrée et un picata de veau au citron avec sa roquette au parmesan comme plat.















Je préfère choisir les océans avec une crème d’avocat au crabe et gaspacho puis de l’espadon au citron et son riz Arlequin.
Les plats sont simples, frais, gouteux avec une pointe d’originalité qui les rend attrayants.

Côté sucré, le restaurant s’est associé avec le chocolatier Jean-Paul Hévin pour nous proposer quelques pâtisseries chocolatées. Ne pouvant résister à l’appel du chocolat et de la meringue je craque pour un rocher au chocolat au lait.




Mon Astre, favorisant toujours les produits de saison, prend une assiette de framboises blanches et rouges avec une crème fouettée.

Moment rêvé pour effectuer une analyse organoleptique des dites framboises.
Pas de surprise pour la framboise rouge, elle est acidulée avec un arôme bien typé frambinone.
Par contre la framboise blanche est plus fine et complexe. Outre la note de frambinone, elle révèle des arômes de muscat, de pêche blanche et de litchi. Elle est également moins acidulée sans donner une sensation plus sucrée.


Gwenola

Champagne Roger Coulon


C’est vendredi et après une semaine de boulot une petite dégustation de champagne au Dokhan’s s’impose.
Ce soir, Mikael nous fait découvrir les vins de Roger Coulon.

Quelques mots sur cette maison champenoise …
Récoltants-manipulants à Vrigny, dans la Montagne de Reims à 10 km de Reims, Eric et Isabelle Coulon perpétuent la tradition de cette maison qui existe depuis 1806.
Le domaine produit 90 000 bouteilles par an et les ventes se répartissent entre la France, l'Angleterre, l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, la Suisse, le Japon et les USA.
Le vignoble familial de 10 hectares, réparti sur 5 villages et 70 parcelles classées en Premier Cru, bénéficie d'une situation privilégiée à mi-coteaux exposés au Sud-Est et sur un sous-sol composé de calcaire tendre et d'argile du sparnacien.
L'encépagement est de 40% Pinot Meunier, 30% Pinot Noir et 30% Chardonnay et l'âge moyen des vignes est de 38 ans.
Les rendements sont volontairement limités au moment de la taille : 10 bourgeons fructifères seulement sont conservés (au lieu des 15 à 20 habituels en Champagne). Si l'année le nécessite, l'ébourgeonnage est pratiqué, le recours à la vendange verte n'est donc pas justifié.
Les vignes en forte pente sont enherbées pour limiter les phénomènes d'érosion et préserver l'écosystème.
D'autres parcelles sont labourées pour éviter l'utilisation de désherbants.
Pour protéger le vignoble contre les parasites, la technique de la confusion sexuelle (contre le ver de la grappe) a été mise en place depuis plusieurs années.

Les vins …
Brut Tradition Premier Cru
Assemblage de 50 % de Pinot Meunier, de 25 % de Pinot Noir et de 25 % de Chardonnay. Le dosage est de 7g par litre. La cuvée Brut Tradition a bénéficié d'un vieillissement en caves jusqu'à 3 ans.
Un nez de pomme reinette, de pêche blanche, de ramboutan et de brioche avec de la profondeur. En bouche, il fait plus fruits rouges (fraise et fraise des bois) avec de la pêche de vigne sur la longueur pour se terminer sur la fraise des bois tout en fraicheur. Très beau vin fin, profond, vineux et complexe.



Brut ROSE
Rosé de saignée issu d’un assemblage de 80 % de Pinot Meunier et de 20 % de Pinot Noir provenant de Vrigny et Coulommes la Montagne (villages classés en Premier Cru). Le dosage est de 6g par litre. La cuvée Brut rosé a bénéficié d'un vieillissement en caves de 3 ans.
Un nez pâtissier de charlotte aux fraises.
Vineux, relativement tannique pour un Champagne, en bouche, il a des arômes de fraise avec une finale légèrement amère. C’est un vin à déguster à table.

Brut Nature "Esprit de Vrigny"
Assemblage à part égale de Chardonnay, Pinot noir et Pinot meunier provenant de Vrigny.
Cuvée sans dosage qui a bénéficié d'un vieillissement en caves de 6 ans.
Un nez d’agrumes (cédrat, bergamote) et de cidre.
En bouche, il explose. Vineux, complexe, long avec des notes d’agrumes, de pomme reinette et de noisette. Très Bien +

Gwenola

dimanche 21 juin 2009

Wagyu !

Non, il ne s’agit pas d’un nouveau manga, mais d’une race bovine. Très connue au Japon, principalement à Kobe, ce bœuf est célèbre pour son marbré intramusculaire.
Elevé à la bière ou au saké le bœuf Wagyu a une vie paisible et zen rythmée par des massages.

Vendredi 20h, notre informateur asniérois nous glisse à l’oreille que depuis peu on trouve du wagyu chez son boucher.
Le lendemain, 17h, alors que nous passions par un heureux hasard à Asnières-sur-Seine, nous décidons de nous infiltrer dans la boucherie d’Yves-Marie Le Bourdonnec.
Nous voilà dans le temple de la côte de bœuf. Limousine, Simmental, Black Angus… se présentent devant nos yeux ébahis.
Mais revenons à notre bovin japonais, aiguillettes ou filet ? Sur les conseils du gourou des lieux, nous repartons avec des aiguillettes.


Dimanche, 12h30
Le Vosne-Romanée 2004 de Michel Gros est dans les verres, la grenaille de ratte aux oignons de Roscoff est fin prête, les assiettes sont chaudes et la poêle est brulante. Pchiiiitt, un rapide aller-retour, dressage des assiettes et nous voilà face au Nirvana.

Une fine odeur de beurre noisette se dégage de l’assiette (alors que je n’avais pas utilisé de matière grasse). La viande se découpe à la fourchette, sa texture se rapproche de l’entrecôte, avec plus de fondant. En mordant dedans, elle est juteuse sans être sanguine (cuisson bleue).
C’est un vrai régal pour la carnivore que je suis.
Côté vin, le Vosne est élégant avec de beaux arômes typiques du pinot noir (groseille et fleur de sureau) et une petite note sanguine. Ses tanins sont fins et soyeux. C’est un très beau village.


Gwenola

Boucherie Le Couteau d’Argent, 4 rue Maurice Bokanowski à Asnières-sur-Seine (92)

vendredi 19 juin 2009

Soirée de fin d’année

Avant de s’envoler vers divers lieux de villégiature, le groupe de dégustateurs de LPV-Paris2 a tenu une dernière session.
Petit comité, avec de belles bouteilles et comme toujours de bonnes rigolades.

L’apéro
Crémant de Loire, Domaine Cady (Chenin et Chardonnay à part égale)
Un nez frais et aérien avec des notes levurées, de pomme verte et de brioche.
En bouche, il a des arômes de tilleul et d’amande fraîche. Un crémant frais et agréable pour bien débuter un repas.

Terrine de foie gras maison
VdP des Collines Rhodaniennes, Cuvée Roche-Colombe, viognier 2003, Domaine Lattard
Au nez, il présente des notes de pomme cuite, d’amande et d’abricot.
En bouche, pas de doute sur le cépage avec ses arômes d’abricot et de beurre frais. Bel accord de texture avec le foie gras

Vieilles Vignes Eparses 2004, domaine de la Bellivière (chenin demi-sec), Coteaux du Loir
Un nez complexe qui part un peu dans tous les sens : beurre frais, abricot sec, gentiane, rose…
En bouche, il est élégant et minéral avec un peu d’ampleur. Un vin déconcertant mais qui demande à être découvert.

Pinot gris Clos St Urbain - Rangen de thann 2004, Zind Humbrecht
Au nez, il me fait penser à un vin botrytisé avec des notes d’abricot sec et de bois de rose.
En bouche, il me rappelle plus un gewurztraminer sec qu’un pinot gris avec une pointe de sucre résiduel qui lui apporte de l’ampleur et de la longueur. Très beau vin et très bel accord.

Tartare (à assaisonner soi-même), frites et salade verte.
Saumur 2005, domaine Guiberteau
Un panier de fruits rouges dominé par des grappes de groseilles.
En bouche, il a un beau fruité. Son acidité et son fruité en ont fait un très bon compagnon pour mon tartare.

Gevrey-Chambertin 2001, Claude Dugat
Très beau nez bourguignon que je situe plus sur la commune de Morey-Saint-Denis : fraise et framboise avec une note de gibier à plume.
En bouche, il est puissant pour un village avec un beau fruité (grenadine sans le sucre) et des tanins souples et élégants.

Charmes-Chambertin VV 1997, Dominique Laurent
Très complexe avec des notes de fruits rouges et animales plus austères que le précédent.
En bouche, il est soyeux et charmeur. Très Bien.

Château Fombrauge 2003, Saint-Emilion GC
Des fruits rouges et noirs un peu confiturés (effet millésime ?). Une bouche assez exubérante, un peu « too much » pour moi.

Château Smith Haut Lafitte 1979, GCC de Graves – Pessac-Léognan
Le clou de la soirée ! Au nez, il fait « vieux bordeaux », puis viennent des notes de piment, de fraise, de baie de cassis et de cigare.
En bouche, il a une très bonne tenue et de l’élégance.
J’ai osé le regoûter avec les fromages et contre toute attente, l’accord était pas mal du tout avec le brie.

Carpaccio d’ananas frais au caramel
Coteaux du Layon Saint-Aubin 2001, Domaine Cady
Un nez botrytisé d’abricot sec et de confiture de pêche avec une touche de miel.
En bouche, il a un bel équilibre entre le sucre et l’acidité. Il laisse une bouche fraîche et propre. Très bel accord avec mon dessert.

Vivement la rentrée que l’on se retrouve !

Gwenola

jeudi 4 juin 2009

Provence et Champagne


Pour la dernière session de la saison des apéritifs œnologiques du 228, Nicolas Rebut a mis la Provence à l’honneur.
Deux vins blancs puis deux rouges nous sont proposés, chacun accompagné de sa bouchée.

Nous débutons par un Vin du Pays des Bouches du Rhône 2004 du Domaine Hauvette (Assemblage de Roussanne, Marsanne et de Clairette)
Un nez du sud avec le côté « pétillant » de la Clairette. Il présente des notes exotiques (goyave, banane) et de fleur de thym.
En bouche, l’attaque est vive, puis le vin prend de l’ampleur avec des notes de cerise kirchée, de pêche de vigne et de boisé noble. Il est long et s’éteint doucement avec de la minéralité.

Accord avec des girolles étuvées au vin jaune, Feuille de romaine farcie, jus tranché au beurre noisette.
Avec la bouchée, le vin a plus de vivacité et de fraîcheur avec une finale un peu miellée.



Le deuxième vin blanc est un Côtes de Provence « Cuvée Clarendon » 1998 du Domaine Gavoty (assemblage de Rolle et d’Ugni blanc)
Au nez, il développe des notes de zestes d’agrumes et de menthe poivrée.
Il devient beaucoup plus expressif en bouche avec des notes d’abricot, de mauve, de lavande et une finale fraîche sur la menthe poivré et la mangue. C’est un très beau vin.

Accord avec dos de saumon de l’Adour doucement confit, étuvée de chou de printemps aux écorces d’orange, consommé clair aux baies de genièvre.
Un accord ton sur ton. Le vin et la bouchée s’accompagnent, se marient, s’entrelacent… Un accord grandiose.

Nous passons au premier vin rouge : Bandol Château Pibardon 2004
Je trouve le premier nez bordelais. Après aération, il développe des notes de tapenade, de cerise noire, de cassis et de thé fumé.
En bouche, il est puissant, gourmand avec des tanins puissants mais non agressifs. C’est un très beau vin.

Accord avec le filet de bœuf lardé et mariné à la confiture d’algues, polenta fourrée d’une faisselle, copeaux crus de légumes, moutarde douce à la tomate.
Le filet de bœuf est saignant. Le sang du bœuf affine le grain des tanins et rend le vin velouté.

L’apéritif s’achève avec un Baux de Provence, Clos Milan 2001 (assemblage syrah et grenache).
Fraises des bois, limite fraise tagada, accompagnées de framboise et de cassis. Complexe, des notes de fauves, de chair de pigeon, de tapenade et de brou de noix accompagnent le panier de fruits.
En bouche, il a la puissance du grenache et l’élégance de la syrah. On perçoit l’alcool, mais sans sensation de chaleur. C’est du très grand vin.

Accord avec des aiguillettes de pigeon au foie gras de canard et aux avelines, fricots de légumes de printemps au jus.
Accord ton sur ton dans lequel la syrah s’exprime pleinement.



Nous quittons l’intimité du 228 pour le Dali. Déjà un peu grisée par les vins, j’ai des envies de fraîcheur.












Pour commencer notre dîner, nous partageons un 100% Méditerranée (salade de poulpe légèrement relevée au curry et aux graines de coriandre), suivi d’une salade César aux Gambas pour moi et d'un risotto aux morilles pour mon Astre.

Pour accompagner ces produits de la mer, rien de tel qu’un vin blanc. Mais lequel choisir ?
Un Champagne ?
Nicolas Rebut nous dirige avec un Blanc de Blancs 2000 de Jacques Lassaigne pas encore à la carte.
Long, complexe, avec une certaine ampleur, il nous livre des arômes d’agrumes et une finale sur la brioche beurrée et la groseille.
C’est un champagne classique assez vineux qui se révèle plus complexe qu’il n’y parait.

Côté douceurs sucrées, j’avais repéré, à la carte du restaurant gastronomique, le Blancs d’œufs soufflés au cœur de fraise.
Comme tout est possible dans cet établissement, je me retrouve avec une magnifique assiette imaginée par Camille Lesecq. Ce jeune chef pâtissier est un virtuose du dessert.
Des petites boules blanches avec quelques copeaux de zestes de citron vert. Dans leur cœur, un morceau de fraise juteuse et parfumée. Dessert aérien, subtil et frais.
Mon Astre fait dans le classique/rustique avec une tarte aux pêches et crumble.

Question cruciale : quels vins de desserts ?? Là encore, les sommeliers nous prennent par surprise en nous proposant des vins extraterrestres que nous sommes incapables de découvrir à l'aveugle : pour moi, un Strohwein (vin de paille) autrichien 2006 à base de cabernet-sauvignon. Pour mon Astre, un Tokaj Sarga Muskotaly 2007 du Chateau de Sarospatak, vendanges tardives de muscat.


Gwenola