Bienvenue

Bienvenue à toi, aventureux surfeur, qui vient s'échouer en quête de sens gustatif. Ici tu trouveras des récits d'agapes, des notes de dégustations bacchiques et des adresses prometteuses compilées avec amour.

vendredi 10 juillet 2026

Le Pré (Clermont-Ferrand)


Après quelques jours passés en compagnie de nos amis du Domaine Guillemot-Michel, je dois reprendre la route en direction du Broc. Cependant, je me vois investi d'une mission de coursier pour déposer des bouteilles chez Le Pré à Durtol, en banlieue de Clermont-Ferrand, la table doublement étoilée de Xavier Beaudiment, qu'à ma grande honte, je ne connais pas. Ni, une, ni deux, réservation est faite pour le déjeuner.

Comme je le disais, nous sommes dans une banlieue pavillonnaire de Clermont-Ferrand. Au détour d'un virage d'une route très fréquentée, se dresse un bâtiment moderne, un peu incongru car inattendu. Une fois la livraison faite, je m'attable dans un des petits salons pour déguster un menu dégustation intitulé "Été dans nos montagnes" dont les étapes portent des noms mystérieux et poétiques...
Ver...veine

Une entrée glacée bienvenue en cette période de canicule. Un sorbet concombre et verveine, accompagné d'une brunoise de concombre et de pétales de fleurs.
Caviar du pauvre

Lentilles du Puy et noix / Huitre Gillardeau. Très bon.
Pain d'enfance

Comme un pain perdu, crème au vieux Cantal et truffes. Extraordinairement régressif et gourmand.

Monsieur




Une déclinaison sur le pied de cochon : en haut, en beignet. En bas, soufflé avec une crème de cabillaud fumé. Gourmand (encore...).

Pour accompagner ce menu, une bouteille d'exception (d'autant que c'est la dernière de la cave...) : le Languedoc blanc 2014 du Domaine de Montcalmès. Un vin rare, 50% Marsanne, 50% Roussanne, à la robe or clair. Le 1er nez est discrètement camphré. Puis le nez se développe sur la poudre de riz. La bouche est extrêmement élégante, racée, droite. Un caractère de grand cru plus que de 1er cru. Une aromatique de camphre et de fruits jaunes. Excellent/Exceptionnel
Glane, les limaçons

Silure, escargots, persillade et sarriette. On reste dans le registre régressif et ultra-gourmand. Bel accord avec Montcalmès.
A fleur de lac

Courgette et capucine, feuilles et fleurs. La fleur de courgette est farcie de brochet, accompagnée d'une déclinaison en spaghettis et brunoise de courgette jaune et d'une bisque à la capucine ex-ce-ptio-nelle !! Les amertumes de la capucine et de la courgette s'accordent parfaitement. La plat fait ressortir le "sucre" de Montcalmès avec une finale très Roussanne.
Trinité de la forêt

Morilles, sabayon au vin jaune et noix. C'est très, très, très gourmand. Superbe accord de sous-bois avec le verre de vin jaune gentiment proposé par la charmante sommelière.
Silence des eaux douces, éclats des sous-bois

Cristivomer, petits pois, girolles, pêche rôtie, thym citron et citron caviar. Je devine, fidèles lecteurs, votre incertitude. Le cristivomer est un poisson américain de la famille de l'omble chevalier. Le plat est un mélange terre-mer improbable mais qui fonctionne bien, pas exubérant, tout en délicatesse. L'accord Montcalmès et pêche est superbe.
Sous le jus, la saison






Lapin, praliné noisette, salade d'herbes, pamplemousse et jus corsé. Belle cuisson de la viande qui est bien moelleuse.


Pour ce plat, les sommeliers se succèdent pour me faire découvrir des accords locaux.
D'abord un rouge, l'IGP Val de Loire Allier "La Chabanne" 2022 du Domaine des Bérioles, un "faux" Saint-Pourçain 100% Pinot Noir, fin, qui réalise un accord surprenant avec les herbes.






Puis un blanc, le Saint-Pourçain 2024 du Clos de Breuilly. 50% Chardonnay et 50% Tressallier très fruité.

Soudain, un bruit d'enfer, comme un char d'assaut ou un train de marchandises en approche...
Chants de lait et de cave

Rassurez-vous, fidèles lecteurs, il ne s'agit que du (massif) plateau de fromages d'Auvergne. Une très belle sélection que je me dois d'honorer.
Saint-Nectaire, Lavort fumé, Salers tradition, Crottin, Fourme de Vassivières


Concernant les desserts, je fais l'impasse sur "Ecarlate des champs", "Terre sombre, senteur des pins" et "Douceurs sans remords" pour me contenter de quelques fraises.


Je devine, fidèles lecteurs, votre déception de ne pas savoir à quoi ressemblent ces desserts. C'est pour mieux vous inciter à rejoindre le Puy-de-Dôme pour, vous aussi, découvrir la cuisine brute, locale et ultra-gourmande de Xavier Beaudiment. Les deux macarons pneumatiques ne sont pas usurpés et on sent l'envie d'atteindre le graal du troisième. Profitez-en...


François

dimanche 5 juillet 2026

Les Hauts de Sancerre


Arrive le temps des vacances et, une fois de plus, ma Comtesse et moi devons partir séparément. N'ayant pas pu tout annuler, je dois donc me dévouer pour honorer seul nos réservations.
Première étape : Les Hauts de Sancerre. Le château domine la ville et offre un panorama à 360° sur les vignes... et la centrale nucléaire (on ne peut pas tout avoir...).

Jusqu'à la fin juillet, le lieu sert de restaurant éphémère à Arnaud Munster, ex-candidat de la saison 15 de Top Chef, et jeune chef belge bourré de talent. Jugez plutôt...
Tuile de foie de volaille
Tartare de pagre, mayonnaise iodée

Langoustine
Tomate, fenouil, estragon


Un sorbet fenouil/tomate surmonte la langoustine cuite au chalumeau. L'émulsion sardine/fenouil/ anis vert est une tuerie. Une entrée toute en finesse et subtilité. L'équilibre de l'assaisonnement est chirurgical.

Avec ce menu, je fais local. Le Sancerre "Tournebride" 2023 de Vincent Gaudry a une robe or blanc limpide. Le nez est frais , peu expressif. La bouche est droite, pure, avec un bel équilibre acide/gras et de beaux amers en finale. En se réchauffant, le côté variétal ressort (cassis feuille et fruit, végétal). Il prend des notes grillées et de fruit frais (melon d'eau, kiwi). Très Bien
Avec la langoustine, il prend de l'ampleur.
Cabillaud
Beurre noisette, citron salé

Des pickles de chou-rave croquants et gourmands, une brunoise de kombu et citron, une émulsion de beurre noisette et jus de céleri et un gel de citron. Le poisson est ultra nacré et le jus fantastique. Bel accord avec le Sancerre sur les notes citronnées.
Pigeon
Cerise, betterave

Un pigeon du Gâtinais parfaitement cuit rosé au bichotan, du radicchio, du shiso rouge, de la betterave en purée et en mousse à la Kriek Lindeman, et des pétales de dahlia. En bref, un plat très réussi. Le pigeon est moelleux et l'assaisonnement sucré-salé extrêmement précis.
Pêche
Romarin, framboise

Une pêche infusée au romarin, un voile vanille et romarin, des framboises fraiches et en coulis. Le tout est très peu sucré, frais et léger. Parfait point final.



Comme je vous le disais, Arnaud Munster est bourré de talent. Ses assiettes sont gourmandes, lisibles et assaisonnées avec une grande précision. Et comme je vous le disais, il s'agit d'une table éphémère. Mais rassurez-vous, fidèles lecteurs. La Table d'Arnaud reviendra très vite dans un nouveau bâtiment avec cuisine ouverte et plus de couverts, menée par Arnaud et son père. Le château conservera ses chambres et une piscine intérieure viendra compléter l'extérieure déjà existante.

Nul doute que j'y retournerai... en compagnie de ma Comtesse bien sûr.


François

lundi 11 mai 2026

Le Domaine Ponsot au Bristol


Serait-ce la saison, nous enchainons les dégustations. Mais cette fois, il s'agit d'une dégustation de prestige : le Domaine Ponsot au Bristol.
Le Domaine Ponsot, au cas où vous l'ignoreriez, fidèles lecteurs, est un des domaines viticoles phares de Morey-Saint-Denis. Nos espérances sont au plus haut...

Nous commençons la soirée par un apéritif au Saint-Romain "Cuvée de la Mésange" blanc 2023. Un nez floral discret, une bouche bien équilibrée. Encore un peu d'élevage mais une finale élégante. Bien+

Morey-Saint-Denis "Cuvée des Grives" rouge 2023. Un nez très profond de fruits noirs. Une bouche de Morey, entre cistercien et velouté élégant. Un vin terreux/terrien, mousse de chêne, musc, fruits noirs et violette. Longueur moyenne. Bien/Très Bien
Daurade marinée façon gravelax aux baies de Timut
vinaigrette à la carotte et fruit de la passion

Avec cette entrée tout en fraicheur, nous dégustons le Morey-Saint-Denis 1er Cru Clos des Monts-Luisants blanc 2022. Un de mes vins blancs préférés. Un nez élégant de fleurs blanches, jasmin poudré, fleur d'oranger. Un léger boisé toasté. La bouche est évidemment sur l'acidité de l'Aligoté (Eh oui, fidèles lecteurs, il s'agit du seul 1er Cru bourguignon blanc issu d'Aligoté et non de Chardonnay) avec une belle profondeur et une belle longueur. Excellent
Médaillon de lotte rôti
Fricassée de morilles et haricots verts
Bouillon crémeux de champignons

Nous passons aux vins rouges avec le Morey-Saint-Denis 1er Cru "Cuvée des Alouettes" rouge 2009 servi en magnum. Issu du Clos des Monts-Luisants, il est très proche du Clos de la Roche et cela se sent. Un premier nez animal (lièvre). Le fruit ressort tout en délicatesse à l'aération. La structure est légèrement Gevrey mais l'élégance est Chambollienne, soit une longueur de Morey. Une grande profondeur. Très Bien
Paleron de boeuf confit au von rouge, moelle et foie gras
Mousseline de pomme de terre

Clos de la Roche Vieilles Vignes 2010. Le nez est fermé. Il s'ouvre sur une note animale avec un léger côté floral, très rose de mai. "Ce n'est pas un nez de punching-ball", dixit ma Comtesse qui ajoute "Chambolle au nez, Chambertin en bouche". Pour moi, la trame en bouche est incontestablement celle du Clos de la Roche car il me fait irrésistiblement penser à celui d'Armand Rousseau.Un vin long et racé. Exceptionnel
Parfait glacé au miel, pollen et citron

Nous terminons la soirée avec le Morey-Saint-Denis 1er Cru Clos des Monts-Luisants blanc 1998. Un nez de vieux champagne, fruits jaunes et térébenthine que l'on retrouve en bouche. Une bouche pleine, à la trame acide, peu aromatique mais très longue. Atypique mais Très Bien


Nous attendions beaucoup de cette dégustation, nous n'avons pas été déçus. Les vins du Domaine Ponsot sont, à juste titre, fort bien cotés et nécessitent une bourse bien garnie pour les aborder. Mais si l'occasion se présente de les déguster, n'hésitez pas !

François

mercredi 29 avril 2026

Matsuhisa au Royal Monceau


Après la dégustation Raveneau, il est temps de nous restaurer.Les 110 de Taillevent étant privatisés, la solution de facilité nous est inaccessible. Le plan B se trouve au coin de la rue : Le Royal Monceau.
Depuis longtemps, ma Comtesse rêve de tester le restaurant fusion nippo-péruvien, Matsuhisa.
L'ambiance est décontractée mais toujours dans l'esprit palace. Quand à la carte, elle regorge de propositions toutes plus alléchantes les unes que les autres. Jugez plutôt...
Carpaccio de poulpe et miso croustillant

Un poulpe moelleux à souhaits, très bien assaisonné.
Sashimi de Chu-Toro au miso croustillant

Là encore, un assaisonnement parfait qui tire plus vers le péruvien que le japonais. Petit plus, le miso croustillant, spécialité de la maison, non seulement apporte de la texture mais sert aussi d'exhausteur de gout.
Tataki de Toro, sauce jalapeño

Le thon est ultra-fondant. Un plat bien relevé par la sauce onctueuse et légèrement pimentée.
Bar chilien cuit à la vapeur de saké, miso croustillant

Un plat tout en douceur. Très belle cuisson du bar, subtilement parfumé.
Tobanyaki de boeuf Angus

Une belle cocotte qui exhale des parfums de viande rôtie et de sous-bois. Un plat très gourmand.


Palace oblige, l'addition est rapidement salée mais c'est le prix de produits d'exception aux saveurs originales. Une cantine à tester au moins une fois.

François

Raveneau 2012


Occasion à ne pas manquer, une dégustation de Chablis millésimés 2012 du Domaine Raveneau.
Nous nous rendons donc aux Caves de Taillevent pour cet évènement en petit comité. Au programme, les 1ers Crus "Monts Mains", Butteaux, Montée de Tonnerre et les Grands Crus Valmur et Blanchot.

1er Cru "Monts Mains"
Un nez de fleurs blanches (acacia, aubépine) et miel. La bouche est vive, toujours sur l'aubépine, légèrement boisée (élevage) et crayeuse. Petite acidité saline. Une finale lactée. Très Bien +

1er Cru "Butteaux"

Un nez de craie, huitre, citron et limette. La bouche est plus gourmande, très salivante et plus miellée. Accord possible avec des oursins. Très Bien

1er Cru "Montée de Tonnerre"
Le nez est plutôt fermé, huitre grasse, orange douce, champignons. La bouche est racée et prend de l'ampleur. Finale très longue. Il appelle la homard. Excellent

Grand Cru "Valmur"
Le nez est plus animal que marin. Plus vif que le Montée de Tonnerre mais moins élégant, mais néanmoins avec un caractère de grand cru. Très Bien

Grand Cru "Blanchot"
Le nez est plus ouvert que le précédent, légèrement animal, bigarade, bergamote et floral (gardénia). La bouche est très ample et très longue, beurrée et bâton de réglisse. A côté, le Montée de Tonnerre parait monocorde. A accorder avec du caviar Béluga peut-être... Excellent +


Pas de doute, les vins du Domaine Raveneau sont à la hauteur de leur réputation, particulièrement dans un excellent millésime. Beaucoup de plaisir à la dégustation même si les prix sont aussi à la hauteur...



François

mercredi 22 avril 2026

Benjamin Schmitt


Je dois vous avouer, fidèles lecteurs, que j'ai eu la flemme de vous parler de Benjamin Schmitt à l'occasion de notre première visite dans son établissement du 9ème arrondissement en janvier dernier. Il s'agissait d'échanger des vœux de nouvelle année en compagnie d'amis très chers et l'ambiance était à la convivialité et non à la critique gastronomique. D'autant plus dommage que cette expérience, tant au niveau des assiettes que des verres, fut mémorable.
C'est pourquoi je me dois de me faire pardonner. Et c'est en compagnie d'un autre couple d'amis, tout aussi chers, que nous y sommes retournés, afin de vous parler de cette adresse qui mérite de figurer parmi nos repaires. Jugez plutôt...
Nous sommes en plein SoPi (South Pigalle), quartier hype s'il en est, où l'on trouve des pépites à chaque coin de rue. Parmi elles, Benjamin Schmitt a posé ses poêles. Ce cuisinier fort sympathique a un CV irréprochable (Meurice, Taillevent, Oiseau Blanc) et une équipe qui l'est tout autant, prête à se mettre en huit (en quatre mais deux fois plus) pour vous rendre la visite encore plus agréable.
La salle, très brute, peut paraître un peu froide mais (je le répète) tout est là pour vous réchauffer le cœur et l'estomac.






Nous commençons par un apéritif avec le Vin de France "Arnet" 2021 du Prieuré Saint Jean de Bébian. Un 100% Roussanne qui tire vers une petite oxydation nature.
Sardines bretonnes farcies de ricotta, amandes et raisins, vinaigrette herbacée, fenouil confit, jus d’arêtes réduit

Une entrée fraiche et printanière. La vinaigrette avec sa pointe vinaigrée fait penser à une sauce chimichuri que prolonge un kick de piment léger. Waow...
Morilles farcies de ris de veau et foie gras cuisinées aux échalotes et au porto, crémées à la minute, petits pois, ail des ours
La gourmandise de saison. De belles morilles très bien garnies. Texture encore légèrement ferme qui devient fondante et moelleuse avec la farce. un vrai délice.
Aile de raie meunière, fleur de choux sauvage cuisinée à l’anchois et piment, pressé de pomme de terre à l’olive, sauce pil-pil

Un grand classique twisté mais un ton en dessous des viandes.
Agneau des Pyrénées en deux cuissons, filet rosé, poitrine confite, artichauts poivrade, huile de bergamote et ail noir

Je fonds... Le filet est ultra tendre, la poitrine est à la fois confi-fondante et bien croustillante. l'accord avec le condiment ail noir est parfait.
Pavlova de fraise et rhubarbe, zéphyr de fraises compotées, tagette acidulée, yaourt givré

Très beau dessert, très peu sucré mais gourmand. Le repas se termine sur une note légère.
La vanille de Bourbon de Madagascar, fine gavotte croustillante, crème légère, glace à la noix de pécan caramélisée

Là aussi, un dessert très léger, tout en finesse.


Pour la seconde fois, Benjamin Schmitt nous régale. Le classique est modernisé avec gout et précision pour un seul leitmotiv : gourmandise. Je le répète, c'est certainement notre nouveau repaire parisien. Rendez-vous est pris à l'automne (si ce n'est avant) pour le lièvre à la Royale (Macaron pneumatique amplement justifié).

François

jeudi 5 mars 2026

Un anniversaire chez Omar Dhiab


Revoici mars et avec lui le rendez-vous surprise que je prépare tous les ans à ma Comtesse à l'occasion de son anniversaire. Cette année, je suis les toujours excellents conseils d'un très très bon ami, ci-devant vigneron avec sa très très bonne épouse. Ne me traitez pas de misogyne, fidèles lecteurs, je mets ici l'accent sur les qualités exceptionnelles de cette très très bonne amie.
Cette année, je conduis donc ma Comtesse chez Omar Dhiab, qui nous est donc fortement recommandé. Pour ceux d'entre vous, fidèles lecteurs, qui ne seraient pas familiers d'Omar Dhiab, disons simplement que ce jeune homme (la trentaine) dispose d'un CV fort bien fourni en termes de tables étoilées : Le Pavillon Ledoyen***, Lasserre**, L’Abeille**, puis Loiseau Rive Gauche* (avant sa transformation en Hémicycle).
Dans une petite rue proche de la Place des Victoires, le restaurant parait fort minimaliste et intimiste : cuisine ouverte dès l'entrée, petit couloir étroit et salle d'une vingtaine de couverts. Cependant, l'équipe de salle est très accueillante et nous met immédiatement à l'aise. Un menu du déjeuner en 3 ou 4 services et deux menus dégustation en 5 ou 7 services. Anniversaire oblige et pour avoir un aperçu le plus large possible de la cuisine du chef, nous choisissons le grand menu intitulé Plaisir de la Table.

Mais d'abord, apéro !
Chou / Langue de bœuf / Poulpe


Le premier amuse-bouche est un mélange de légumes de saison dans une feuille de chou croquante. Le second est un morceau de langue de bœuf mijotée dans une galette de sarrasin. Le troisième, sublime, est une carbonara de poulpe surmontée d'une mousse cacio e pepe.


Nous les accompagnons avec les champagnes du moment :
Le Prestige de Gilbert Leseurre, 50% chardonnay, 50% Pinot Noir. Dosé en brut, c'est un vin gourmand, très plaisant.





Et le Grand Cru "Les 2 Terroirs" d'Adrien Renoir, un rosé d'assemblage 100% Pinot Noir. Un rosé sérieux, structuré, clairement taillé pour la table. Ma Comtesse apprécie.
Arrive le superbe pain, très aéré, comparable, d'après ma Comtesse, au pain égyptien, accompagné de beurre de Froment du Léon.
Maquereau à la flamme, condiment orange, basilic

Le poisson est cru, juste passé à la flamme. Il est accompagné d'un sabayon citronné aérien, d'une sauce à l'orange, d'amande fraiche et de feuilles de basilic. C'est très bon, très juste, entre douceur et acidité.

Le second plat est présenté en deux services.






D'abord un bouillon, servi à la pipette dans des verres à liqueur, mi-dashi, mi-bouillon de champignons, doux et bien équilibré. Bouillon dans lequel on trouve...
Foie gras poché, bouillon au parfum de sous-bois,
anguille fumée

Le foie gras est quasi cru. L'assiette contient également une écume d'anguille fumée, du champignon de paris mariné, de l'algue et un condiment caramel de champignon et algue. Ce dernier, très puissant et iodé, contraste avec la douceur de l'anguille. Clairement la meilleure que nous ayons goutée. Très beau plat.

Le premier vin, servi à l'aveugle en guise de (gentille) revanche de mon propre anniversaire, déroute ma Comtesse. Je lui concède le vin sudiste et un côté Roussanne qui lui fait penser à un Rhône sud. Mais elle néglige la couleur légèrement or rose de la robe qui pourrait l'aiguiller. C'est le moment de dévoiler la bouteille. Il s'agit du Vin de France "BdN" 2023 du Domaine Giudicelli, un Blanc de Noirs à majorité de Grenache Noir, complété de Vermentino et Sciaccarellu. Une belle profondeur et de beaux amers.
Croq’ ris de veau, condiment grenobloise

Un ris de veau pris en sandwich, laqué de jus de veau et condimenté à la grenobloise, câpres et citron. Tout y est : moelleux, croustillant, acidité. Encore un plat très juste.
Homard bleu “à la Dhiab”

Comme son nom l'indique, un plat signature du chef. Là encore, une presque non-cuisson, le homard est juste passé au charbon de bois. il est encore meilleur que notre (jusqu'à présent) étalon, celui d'Olivier Bellin. Il est accompagné de trois sauces : homardine, livèche et sabayon beurre blanc (on sent bien l'échalote). C'est avec ce genre de plat qu'on comprend que le guide du pneu ait accordé un macaron à Omar Dhiab. Les trois sauces sont au cordeau et s'accordent parfaitement sans dénaturer le homard. Un grand plat.

Quand y'en a plus, y'en a encore! Second service du homard. Les coudes et les pinces sont condimentés avec une mayonnaise et à déposer sur la feuille de salade, façon nem. C'est exquis et extrêmement régressif.

Il est temps de dévoiler la seconde bouteille, elle aussi servie à l'aveugle. Ma Comtesse est plus catégorique et plus précise dans son jugement : Chenin, Vouvray, Montlouis, Chidaine... ? Pas loin. Il s'agit du Vouvray Clos du Bourg sec 2008 du Domaine Huet. Une belle robe dorée, un nez de mangue/ananas et une bouche exotique, sur le fruit de la passion, avec une forte acidité très bien équilibrée par une structure ample. Excellent.
Pintade de chez Pierre Duplantier, céleri-rave cuisiné à la livèche

La cuisson de la pintade est magnifique, peau croustillante et chair moelleuse. Le jus de pintade, peu corsé, est pimpé par les amertumes de la livèche et des bonbons céleri farcis de céleri. Un plat réconfortant, apaisant... je suis quiet.





En général, nous faisons l'impasse sur le fromage quand il s'agit d'un menu dégustation, mais là, le Comté « Grande garde » (42 mois) affiné par Bernard Antony me fait trop de l’œil pour que j'y renonce. Désolé, pas de photo. Aussi, veuillez me croire quand je vous dit qu'il est d'une grande douceur. De plus, l'Arbois Vin Jaune du Domaine Dugois le sublime comme il faut.
Crémeux de pomme de terre, vanille de Madagascar,
vinaigre de Xérès

Je vous devine, fidèles lecteurs, essayant de deviner ce qui se cache derrière cet étrange intitulé. Eh bien, un crémeux de pomme de terre, surmonté d'une quenelle de glace à la vanille de Madagascar et un gel de vinaigre balsamique. Plus quelques chips de pomme de terre non salés. C'est en effet un peu surprenant mais étrangement bon. Ni trop salé, ni trop sucré. Il faut additionner les trois éléments pour se refaire le palais.
Agrumes de Provence
confits et marinés aux saveurs marines, sorbet Kalamansi

Un équilibre diabolique entre acidité et sucre qui laisse un gout de revenez-y. De plus, la brioche feuilletée aux algues qui l'accompagne, afin de saucer le jus d'agrumes, est une pure tuerie.
Chocolat, piment de Cayenne, sorbet cacao, bergamote





Le dessert de ma Comtesse n'est pas en reste. La sauce chocolat du moelleux est boostée par le piment, juste ce qu'il faut pour chauffer le palais. Le sorbet est peu sucré, surmonté d'une tuile cacao et bergamote. Un dessert gourmand à l’extrême.

N'oublions par la Chartreuse verte VEP pour une bonne digestion...







Comme je le disais plus haut, la façade du restaurant d'Omar Dhiab arbore un macaron pneumatique. Cependant, à notre humble avis, la cuisine en mérite allègrement deux. Une grande maîtrise des sauces, des cuissons parfaites, des gouts très équilibrés... Que demander de plus ? Eh bien, un rapport qualité-prix tout bonnement incroyable (Menu déjeuner à 62 ou 88€, menu dégustation à 158€). Ne passez pas à côté d'Omar Dhiab ! (Merci Gautier).

François


Bon Anniversaire mon Amour